Le président ex-officio de la Chambre de commerce et d’industries de Trois-Rivières, Marco Champagne, estime que la venue d’un TGF pourrait inciter les jeunes à rester en région.

TGF: un moyen de garder les jeunes en région?

Trois-Rivières — En plus d’encourager diverses formes de tourisme et d’améliorer l’accessibilité aux deux grands centres de la province, le train à grande fréquence pourrait convaincre des jeunes de Trois-Rivières de demeurer en région, ce qui s’est avéré difficile dans les dernières années.

Le Nouvelliste s’est penché sur la question de l’impact qu’aurait un train à grande fréquence dans la région, advenant la concrétisation du projet. Le retour d’un TGF aurait-il des impacts sur le tourisme? Pourrait-il régler, en partie, la problématique de rareté de main-d’œuvre? Le coût de la vie augmenterait-il de façon importante en région advenant sa construction? Le dossier sur le train à grande fréquence tente de répondre aux questionnements qui entourent le sujet.

«À Trois-Rivières, on a de la difficulté à retenir les jeunes de 15-25 ans et les travailleurs 25-44 ans», explique Marco Champagne, président ex-officio de la Chambre de commerce et d’industries de Trois-Rivières (CCI3R). «Le fait qu’on ait moins de mobilité nous amène à perdre ces gens-là au profit de la métropole et de la capitale nationale», dit-il.

M. Champagne estime que le manque de mobilité et de connexion avec les deux plus grandes villes du Québec contribue à cette difficulté que constate également Frédéric Laurin, professeur d’économie à l’Université du Québec à Trois-Rivières. Ce dernier affirme que la Mauricie voit actuellement beaucoup de ces jeunes quitter la région, alors que ce sont surtout des retraités qui s’y installent.

«Dans une économie, ce n’est pas une bonne idée que d’avoir que des personnes âgées qui font augmenter la population», indique M. Laurin. «Ça prend des jeunes, notamment parce que souvent, les entrepreneurs vont être plutôt des jeunes, les processus d’innovation et de co-création, ça va venir des jeunes, parce que c’est un facteur de changement.»

Trois-Rivières, banlieue de Montréal et Québec?

Le train à grande fréquence permettrait également plus de flexibilité aux jeunes couples et aux familles, surtout considérant les derniers plans qui prévoient pas moins de 18 aller-retour Montréal-Québec par jour.

«Trois-Rivières pourrait devenir une banlieue de Montréal ou de Québec», indique M. Champagne. Cette proximité avec les grands centres permettrait, selon lui, à des citoyens de travailler ou d’étudier à Montréal ou à Québec tout en habitant Trois-Rivières. Le trajet pour se rendre dans une des deux grandes villes serait d’environ 50 minutes. «Si on est capable d’aller chercher des jeunes de 15-24 ans ou de 25-44 ans qui vont par la suite faire des bébés chez nous, s’établir, avoir des familles, qui vont venir vivre à Trois-Rivières, c’est tout le dynamisme qui va se créer autour de ça qui va pouvoir bénéficier à tout le monde», dit-il.

«Ça pourrait permettre aux gens de bénéficier des attraits de Montréal ou de Québec, tout en vivant, en investissant, en bénéficiant de la qualité de vie de Trois-Rivières», explique M. Champagne. «Si on regarde ce qui se passe en Europe, ça fait déjà très longtemps que les villes ont investi dans la mobilité, ce qui amène du développement en périphérie des grands centres.»

Même son de cloche à la Jeune Chambre

Joannie Bournival, directrice générale de la Jeune Chambre de la Mauricie, croit que l’aspect environnemental du TGF peut également contribuer à garder les jeunes en région. «Un train comme celui-là, avec le côté développement durable que les jeunes vont de plus en plus chercher, c’est sûr que ça peut être intéressant, parce qu’à ce moment-là on évite les transports individuels», commente Mme Bournival.

Elle abonde donc dans le même sens que Marco Champagne. «La durée du trajet pourrait ressembler à l’heure de pointe à Montréal, mais le coût de la vie est véritablement moins cher ici», dit-elle. «Fort probablement que ça peut faire en sorte qu’ils [les jeunes] restent en région et qu’ils utilisent ce train pour se déplacer.»