Le train à grande fréquence est demandé par les villes de Montréal, Québec, Drummondville et Trois-Rivières pour différentes raisons.

TGF: Qu’en pensent les autres villes?

Trois-Rivières — Le train à grande fréquence fait énormément jaser à Trois-Rivières, c’est sans équivoque. Toutefois, à travers les projets de tramway, de troisième lien, de REM et de prolongements de ligne de métro, que pensent les acteurs économiques de Montréal et de Québec du TGF?

Le Nouvelliste s’est penché sur la question de l’impact qu’aurait un train à grande fréquence dans la région, advenant la concrétisation du projet. Le retour d’un TGF aurait-il des impacts sur le tourisme? Pourrait-il régler, en partie, la problématique de rareté de main-d’œuvre? Le coût de la vie augmenterait-il de façon importante en région advenant sa construction? Le dossier sur le train à grande fréquence tente de répondre aux questionnements qui entourent le sujet.

À Trois-Rivières, on parle du train notamment comme d’un outil qui attirerait de la main-d’oeuvre en pleine période de pénurie, ou encore qui ferait augmenter le nombre de touristes qui visitent la région. Alors que les raisons qui poussent la Chambre de commerce et d’industrie de Québec (CCIQ) à encourager la construction d’un TGF se rapprochent de celles de Trois-Rivières, elles sont cependant différentes pour la Chambre de commerce du Montréal métropolitain (CCMM).

Il faut noter que ces deux villes profitent déjà d’un train passager VIA Rail, mais qui est considéré comme inefficace. Actuellement, cinq trains font l’aller-retour entre Montréal et Québec les jours de semaine et le trajet est d’une durée moyenne de 3 heures 17 minutes. Par contre, comme les rails sur la Rive-Sud appartiennent à Canadien National, les trains de marchandises ont priorité, ce qui cause souvent des retards sur la ligne de train de passagers.

Attirer des gens à Québec

À Québec, l’attractivité qu’apporterait un TGF fait partie des raisons principales de la Chambre de commerce de soutenir ce projet. «Comme Trois-Rivières le soulignait, au niveau du tourisme, de la pénurie de main-d’oeuvre, pour nous, c’est une façon d’attirer des gens à Québec et aussi de s’assurer que ces gens-là restent à Québec», explique Étienne Cummings, directeur communication et relations publiques à la CCIQ.

La CCIQ se soucie également des membres de la communauté d’affaires de Québec qui doit faire plusieurs aller-retour à Montréal par semaine. «Quelqu’un qui travaille à Québec, mais qui a à voyager deux, trois, quatre jours à Montréal et qui prend le train, si l’horaire de train n’est pas efficace, certainement qu’à la longue, il va peut-être se dire qu’il va aller travailler à Montréal, ce sera beaucoup plus simple», affirme M. Cummings.

Améliorer le réseau en place

Du côté de la CCMM, c’est surtout la volonté de pouvoir profiter d’un train plus rapide et avec plus de fréquences qui explique l’engouement pour le projet de TGF. «C’est évident que si on est capable d’avoir des fréquences plus élevées, il va y avoir un rabattement naturel vers le train, qui est une façon confortable de se déplacer de centre-ville à centre-ville», indique Michel Leblanc, président et chef de la direction à la CCMM.

Ce dernier affirme également que le TGF améliorerait le service de train de Montréal, moyen de transport qui est grandement utilisé par des acteurs du milieu des affaires un peu partout à travers le monde. «Les gens d’affaires ont des références sur comment ça se passe ailleurs, voient très clairement que le train est une bonne façon de se déplacer et de faire des affaires, et compte tenu qu’on a ici un fabriquant de train, qu’on a des corridors qu’on pourrait développer, on soutient et on supporte ce projet-là».

Le train à grande fréquence fait donc partie d’une «liste de projets prioritaires», qui compte par contre des projets de transport dont l’échéance est plus immédiate que celle du TGF. On parle entre autres du REM, de prolongements de lignes de métro et d’ajout d’autobus.

Malgré cette longue liste, M. Leblanc affirme que la CCMM soutient le projet de TGF, et fera pression sur les partis fédéraux en vue des prochaines élections. «Quand on va recevoir à Montréal sur nos tribunes des représentants des partis et les chefs des partis, on va expressément leur poser des questions sur leurs priorités et sur les grands projets d’infrastructure, et ça va comprendre le train à grande fréquence», dit-il.

Un train régional sur la Rive-Sud

L’amélioration du réseau de train de passagers déjà en place fait inévitablement partie des raisons pour lesquelles Montréal et Québec soutiennent le projet de TGF. Ce train, il passe également à Drummondville, ville qui soutient la construction d’un TGF sur la Rive-Nord.

«Plutôt de se chicaner sur quel côté devrait passer le train, on a décidé de travailler ensemble et de réclamer la mise en place des différents services», explique Alexandre Cusson, maire de Drummondville et président de l’Union des municipalités du Québec. Ces différents services dont parle M. Cusson sont la mise en place d’une voie ferrée dédiée aux trains de passagers sur la Rive-Nord et un déploiement de trains régionaux sur la Rive-Sud, soit entre Drummondville et Montréal et entre Drummondville et Québec.

En tant que président de l’UMQ, M. Cusson voit également en un TGF un moyen de mieux desservir les régions du Québec au niveau du transport. «Si l’axe Montréal-Québec est bien desservi tant du côté nord que du côté sud, ça va nous permettre d’aller plus loin à l’étape suivante vers la Gaspésie, vers le Lac-Saint-Jean, éventuellement, et poursuivre la couverture du Québec».