Des spectateurs attentifs à l’annonce fédérale relative au TGF, soit le maire de Trois-Rivières, Jean Lamarche, son homologue de Drummondville, Alexandre Cusson, la présidente de la CCI3R, Johanne Hinse, et le député fédéral de Trois-Rivières, Robert Aubin.

TGF: «Des sentiments partagés» – Robert Aubin

TROIS-RIVIÈRES — «Évidemment, on attendait une mise en chantier. J’ai des sentiments partagés. C’est un peu décevant et un peu encourageant». Voilà comment le député fédéral de Trois-Rivières, Robert Aubin, a réagi à l’annonce relative au TGF.

«Les gens sont vraiment déçus d’apprendre que ce n’est pas la construction du train qui est annoncée, mais qu’il s’agit encore d’une autre étape ne garantissant pas la réalisation du projet. Il semblerait plus facile pour le ministre Morneau d’investir 4,5 milliards $ dans un pipeline que pour le ministre Garneau d’investir le même 4,5 milliards $ dans un projet structurant pour les collectivités résidant dans le corridor le plus densément peuplé au Canada. On voit clairement où sont les priorités des libéraux de Justin Trudeau», a lancé celui qui est justement porte-parole du NPD en matière de Transport.

Par voie de communiqué, son chef Jagmeet Singh se dit aussi perplexe face à cette annonce. «Le TGF est un projet porteur qui stimulera les économies régionales, réduira nos émissions de gaz à effet de serre et simplifiera la vie de nombreuses personnes. Je suis fier du travail de Robert Aubin dans ce dossier. Il a depuis longtemps reconnu le potentiel du TGF et il a travaillé avec acharnement à faire pression sur le gouvernement libéral de Justin Trudeau afin que ce dernier reconnaisse la nécessité du projet. Malheureusement, ce que les libéraux nous annoncent est décevant. Après un mandat complet, ce gouvernement libéral n’a fait que des études et ce qu’il annonce encore une fois ne garantit en rien la construction du TGF», fait remarquer celui qui s’engage à aller de l’avant avec le TGF par le biais d’un financement public.

Si le maire de Trois-Rivières, Jean Lamarche, s’est dit «très heureux» par rapport à cette «étape nécessaire à la concrétisation du projet», la nouvelle présidente de la Chambre de commerce et d’industries de Trois-Rivières (CCI3R), Johanne Hinse, se montre «très positive». «Le train est en marche et c’est fort encourageant. On va finir par l’avoir notre TGF», a-t-elle affirmé.

Pour la Fédération des chambres de commerce du Québec (FCCQ), l’annonce «permet de franchir une étape importante dans l’avancement du projet». Depuis le tout début, la FCCQ insiste pour que le projet voit le jour, alors qu’un train à grande vitesse sur la rive nord du fleuve Saint-Laurent permettra de favoriser une connexion plus rapide et plus efficace sur l’ensemble de ce corridor.

«Le partage du risque entre la Banque d’infrastructure, le gouvernement et VIA Rail fait en sorte que toutes les conditions semblent réunies pour que Transport Canada donne toutes les autorisations requises à sa réalisation dans les meilleurs délais», croit le président-directeur général de la FCCQ, Stéphane Forget.

Tout en se réjouissant de l’annonce, le maire de Drummondville, Alexandre Cusson, souligne cependant que le projet de TGF fait partie d’une vision plus large du transport ferroviaire de passagers incluant le maintien et le développement des services sur la rive sud du Saint-Laurent dont la mise en place d’une plaque tournante régionale à Drummondville et l’amélioration de la desserte des régions de la Montérégie, du Centre-du-Québec et de Chaudière-Appalaches.

«Chaque jour, des dizaines de personnes profitent des services de Via Rail à partir de Drummondville. Ce pourrait être davantage si, comme le prévoit le plan de Via Rail, on en augmentait les fréquences tout en adaptant les horaires aux besoins», précise celui qui appuie sans réserve la vision mise de l’avant par Via Rail.

Ce dernier tient toutefois à rappeler que le développement du TGF «ne saurait se faire au détriment des services offerts sur la rive sud».