Le candidat Éric Lord propose de créer une carte Accès-Sports que les non-Trifluviens pourraient acheter pour permettre à leurs jeunes de pratiquer des sports, tel que le soccer, en bénéficiant des installations trifluviennes.

Tarifs supralocaux: Lord propose la carte Accès-sports

TROIS-RIVIÈRES — À l’heure où les tarifs supralocaux font couler beaucoup d’encre, Éric Lord propose d’instaurer une carte tarifée à taux fixe pour les non-résidents de Trois-Rivières qui souhaitent utiliser les infrastructures gérées par la Ville. Selon lui, cette solution permettrait une équité fiscale pour les résidents mais contribuerait aussi à respecter la capacité de payer des jeunes familles, en plus de ne pas être un frein à la pratique du sport. La carte Accès-sports qu’il suggère coûterait 100 $ par personne ou 150 $ pour une famille, sur une base annuelle et en plus des frais d’inscription, pour avoir accès à l’ensemble des infrastructures de la Ville.

Cette idée du candidat à la mairie s’inspire, entre autres, de la carte Accès-Gatineau, qui permet aux non-résidents d’avoir accès aux infrastructures sportives municipales pour un tarif fixe de 80$ par personne ou de 135 $ par famille. «On trouvait que c’était porteur de changer l’équation qui était en branle avec les tarifs supralocaux.»  Éric Lord a établi le coût de la carte Accès-sports en tenant compte de certains paramètres. «J’ai évalué les montants qui sont demandés dans d’autres municipalités à travers le Québec et j’ai mis dans l’équation la capacité de payer des familles. Le gabarit de montants que j’ai identifié me semble raisonnable», mentionne-t-il.

Si le montant de 100 $ peut paraître très peu par rapport aux 716 $ demandés pour un joueur de hockey non résident, M. Lord affirme que la Ville ne serait pas perdante au final. «Lorsqu’on charge 700 $ supplémentaires pour le hockey, ça veut dire que tous les jeunes de l’extérieur ne viendront pas. Ce n’est pas réaliste de penser que les jeunes vont investir un montant aussi important pour venir pratiquer le hockey ici. Déjà là, je pense que, pour la Ville de Trois-Rivières, il n’y aurait pas eu de gains financiers substantiels avec la logique des tarifs supralocaux telle qu’on l’a imaginée jusqu’à maintenant.»

Dans son raisonnement Éric Lord tient aussi compte de l’apport économique engendré par les jeunes familles qui sont de passage à Trois-Rivières pour la pratique d’activités sportives. «Je veux favoriser l’accès des jeunes aux activités sportives de Trois-Rivières car on bénéficie de la présence de ces jeunes-là. On tire des bénéfices au niveau économique car les petites familles viennent consommer dans nos commerces. C’est aussi intéressant pour nos clubs sportifs. C’est des inscriptions de plus pour les clubs sportifs et ça renforce leur capacité d’action, leur viabilité économique et ça crée des clubs plus compétitifs donc plus attractifs pour les jeunes.»

Comme la négociation avec les Municipalités environnantes n’a pas été concluante jusqu’à maintenant, Éric Lord préfère se tourner vers l’application des frais directement aux utilisateurs. «La Ville a interpellé 25 Municipalités et seulement cinq ont répondu. Donc cette voie-là n’est pas une voie porteuse. C’est pour ça que c’est important de réajuster le tir.»


Éric Lord, candidat au poste de maire à Trois-Rivières.

Aubin émet des réserves

Bien que Jean-François Aubin ait quelques interrogations concernant la proposition de son rival Éric Lord, il mentionne y voir du positif. «M. Lord semblait dire dans ses prises de position antérieures qu’il n’y avait pas de problème et qu’il ne fallait pas charger de frais supralocaux. En quelque sorte, il revient sur sa position et fait marche arrière parce qu’avec cette carte, c’est comme un frais supralocal.»

Par contre, il émet quelques réserves sur la méthode qu’il propose. «Premièrement, ça exclut de l’équation les Municipalités où vivent les personnes qui utilisent les services de Trois-Rivières. Dans ce qui se fait un peu partout au Québec, quand on réfléchit aux tarifs supralocaux, on va le faire en discussion et en échange avec les Municipalités environnantes. Là, on met tout sur les individus et on évacue de l’équation les Municipalités. Deuxièmement, il y a une réflexion à faire puisque le coût fixe que propose M. Lord peut être avantageux dans certains cas et, dans d’autres cas, ne le sera pas. Il me semble que [dans ce que la Ville a suggéré] il y avait une idée intéressante d’essayer de tenir compte du coût réel sans que ce soit toujours le coût réel qui soit chargé.» Jean-François Aubin reconnaît tout de même qu’il y a un effort de fait pour tenir compte de l’équité fiscale. Bien qu’il mentionne que «ça ne me semble pas être la bonne solution».

«La carte universelle, ce n’est pas la solution idéale», tranche Jean Lamarche qui ne partage pas l’opinion d’Éric Lord en ce qui concerne les frais supralocaux. «Le succès de l’entente sur les tarifs supralocaux ça repose vraiment sur une relation gagnant-gagnant entre la municipalité régionale, Trois-Rivières, qui affirme son leadership et les Municipalités en périphérie qui vont contribuer à un juste prix. C’est là qu’il faut s’asseoir et se concerter. Ce n’est pas un coût universel qui permet d’avoir cette piste de concertation et d’analyse.» 

Il se dit également préoccupé par le faible coût relié à la carte Accès-sports. «Les coûts [adoptés par la Ville] ont été établis en fonction des coûts réels d’exploitation. Ce qui m’inquiète, c’est de savoir qui va payer la différence entre le 100 $ ou le 150 $ et les coûts qui sont à être absorbés parce que ce sont des coûts réels.» 

«La politique de la Ville de Trois-Rivières c’est une des politiques les plus chères soit, mais c’est peut-être parce que c’est la plus récente. Un peu comme le modèle de Rimouski, c’est un modèle qui est basé sur le coût réel et qui est récent. Je pense que ça peut faire école.»

Il écarte aussi l’argument selon lequel l’économie de Trois-Rivières bénéficie de la présence des jeunes sportifs non résidents. «C’est un élément mais, quant à moi, ce n’est pas un élément qui devrait peser dans la balance puisqu’on ramène ça toujours sur le dos du commerçant et du citoyen de Trois-Rivières. Il faut vraiment penser  à l’enjeu entre une capitale régionale et les Municipalités en périphérie, c’est vraiment comme ça qu’il faut le voir.»