Les nouveaux tarifs supralocaux imposés par la Ville de Trois-Rivières aux non-résidents qui pratiquent un sport sur son territoire auront sans doute un impact sur l’élite sportive, et ce, pour plusieurs disciplines.

Tarifs supralocaux: les associations sportives sont inquiètes

TROIS-RIVIÈRES — Le directeur général de Baseball Québec, Maxime Lamarche, n’est pas le seul à critiquer la Ville de Trois-Rivières dans le dossier des tarifs supralocaux, imposés aux non-résidents désireux de pratiquer un sport sur son territoire.

Plusieurs dirigeants d’associations sportives locales et régionales, directement visées par cette politique, estiment que cette grille tarifaire pourrait décourager certains parents. Ils craignent que cela nuise aux jeunes, particulièrement ceux évoluant dans la sphère de l’élite.

La nouvelle grille prévoit que la facture grimpera de 138 $ pour les sports nautiques et aquatiques, de 144 $ pour ceux en gymnase. Les sports de pelouse (+ 311 $) et de glace (+ 716 $) sont ceux qui écoperont le plus. Si Trois-Rivières ne parvient pas à s’entendre avec les autres municipalités pour l’absorption de ces frais supplémentaires, tout porte à croire que ce seront les parents qui devront payer. Et la facture s’annonce salée pour plusieurs.

Ces annonces surviennent au pire moment pour les associations de sports estivaux, comme le baseball et le soccer, puisqu’ils sont plongés dans leur période d’inscriptions. La directrice générale de l’Association de soccer de la Mauricie, Sophie Poujade, déplore les méthodes utilisées. Ses commentaires font écho aux autres responsables joints par Le Nouvelliste, que ce soit pour le patinage artistique, le hockey ou le patinage de vitesse.

«Ce n’est pas réfléchi et précipité. En fait, ça met carrément en danger nos équipes», mentionne sans détour la directrice générale.

Selon elle, la grille tarifaire touche quelque 250 joueurs de soccer au sein des deux clubs trifluviens (CSTR et Rebelles de l’Est). Ces joueurs ne vivent pas dans la capitale régionale, mais ils y jouent. Plusieurs font partie de l’une ou l’autre des équipes des calibres AA et AAA, l’élite du soccer compétitif dans la région.

«Parce que les deux clubs de Trois-Rivières sont les seuls à offrir un tel niveau de jeu. Ces équipes doivent se former rapidement pour préparer la saison. Maintenant, on se demande si certains vont se décourager en raison de la hausse des frais. On parle quand même de plus de 300 $. Et l’inscription pour le AA coûte déjà autour de 500 $. Est-ce que les parents peuvent se permettre de dépenser 1000 $ pour une saison de soccer? Ils ne le peuvent pas tous, malheureusement.»

La politique adoptée par la Ville de Trois-Rivières aura un impact direct sur les budgets d’exploitations de ces équipes d’élite. Or, dans cette histoire, ce qui est le plus frustrant, poursuit Sophie Poujade, c’est que les clubs ont été pris de court. «Il y a quelques semaines, lors d’une assemblée générale des Rebelles de l’Est, un responsable des loisirs à la Ville rassurait les parents par rapport aux tarifs supralocaux. Il disait que ce ne serait pas pour 2019. Et voilà qu’ils arrivent avec cette annonce! La plupart des gens comprennent le principe de payeur pour le non-résident, mais le montant, c’est dur à expliquer.»

En mode attente

Du côté du patinage de vitesse courte piste, les Élans de Trois-Rivières se retrouvent en mode attente. Ils sont le seul club de la région à proposer cette discipline, avec Les Étoiles Filantes de Normandie, à Saint-Tite. Ils comptent donc, en leurs rangs, quelques patineurs en provenance d’autres municipalités de la Mauricie et du Centre-du-Québec.

«On a hâte de connaître la réponse des autres municipalités», indique la présidente des Élans, Mélissa St-Jean, dont l’organisation regroupe près de 200 membres. «C’est certain qu’on se fait poser des questions.»

Même scénario au hockey, confirme le président de Hockey Mauricie, René Leclair. «Je préfère ne pas commenter les négociations en cours. Par contre, je peux dire que je ne suis pas rassuré. Ces tarifs pourraient avoir un impact sur notre structure intégrée.»

Pour le patinage artistique, un autre sport qui risque de payer la note de la hausse des tarifs supralocaux, les responsables s’interrogent sur le sort de nombreux patineurs. Le programme Sport-études des Estacades compte sept entraîneurs de niveau 3 et les patineurs en provenance de l’extérieur de Trois-Rivières bénéficient de leurs conseils, en plus des heures d’entraînement supplémentaires mises à leurs dispositions, durant la semaine ou la fin de semaine.

Le directeur général de Baseball Québec, Maxime Lamarche, veut sensibiliser Sport Québec ainsi que le gouvernement provincial. À la lumière des commentaires reçus par d’autres organismes sportifs de la Mauricie, il risque d’avoir bon nombre d’alliés.