Le maire Yves Lévesques a confirmé le report du vote concernant l'emplacement du futur colisée.

Surplus électoral: le maire Lévesque fait un don à COMSEP

Preuve, s'il en est, que les deux principaux candidats à la dernière élection municipale de Trois-Rivières ne sont pas à couteaux tirés, le maire Yves Lévesque a verséla totalité de ses surplus de caisse électorale à COMSEP, un organisme fondé et dirigé par son ancienne rivale politique, Sylvie Tardif.
C'est donc un don de 450 $ qui a été enregistré dans les livres comptables de l'organisme de services, une information qui fait jour aujourd'hui mais que les deux parties avaient intentionnellement désiré garder confidentielle. Conformément à la loi électorale, tous les candidats indépendants autorisés à une élection municipale doivent remettre à la collectivité les sommes supplémentaires ou les biens acquis lors de la campagne et qui n'ont pas été utilisés.
«Au lieu de retourner cette somme dans les coffres de la ville, Yves Lévesque a décidé de faire un don à un organisme à but non lucratif. Il souhaitait aider quelqu'un qui aide les gens à Trois-Rivières, donc COMSEP», souligneLuc Bouthillier, représentant officiel d'Yves Lévesque lors des dernières élections.
«Trois-Rivières est petit, renchérit M. Bouthillier. Sylvie s'est opposée à Yves et elle a perdu. Quand je lui ai proposé ce don, elle m'a d'abord demandé un moment de réflexion car elle se doutait bien qu'un jour quelqu'un sortirait la nouvelle. Puis, le24 juin, je lui ai fait un chèque. Si on avait eu 10 000 $ de surplus, j'aurais trouvé indécent de le donner à un seul organisme, mais comme il s'agissait de 450 $...»
Dans l'équipe Lévesque, on ne voulait pas remettre cet argent à un organisme qui ne le méritait pas.
«COMSEP a besoin du soutien de tout le monde», tranche M. Bouthillier. Notons que ce don sera inscrit dans le rapport financier additionnel que le maire Lévesque doit déposer avant le31 décembre 2014.
Lorsqu'elle a appris, par M. Bouthillier, que le maire désirait participer au financement de son organisme, Mme Tardif s'est d'emblée dite étonnée.
«J'ai tellement ri que je me suis quasiment étouffée. Je me disais: ça ne se peut pas, ça ne se peut pas!» Mais tenant compte du respect qu'elle porte à l'agent officiel du maire, Mme Tardif a acquiescé au souhait du premier magistrat pour le bénéfice des gens qui fréquentent son organisme.
«Je n'ai pas pris la décision à la légère. Avant d'accepter, j'ai consulté mon conseil d'administration et l'équipe de direction, on a analysé cette demande et comme ça partait d'une bonne intention, on s'est dit que c'était un beau geste.»
Davantage qu'un «beau geste», la coordonnatrice de COMSEP y voit également une forme de légitimation. Mme Tardif ne pense pas que des arrière-pensées malveillantes étayent la volonté du maire Lévesque de prêter main-forte au budget du Centre d'organisationmauricien de services et d'éducation populaire (COMSEP), un organisme implaté dans les premiers quartiers depuis plus de 25 ans.
«Ça prouve une reconnaissance du maire face au travail qu'on fait et une reconnaissance de la bonne gestion de nos finances. On a pris ce don comme un compliment. On a souvent été en conflit avec le maire dans lesdernières années. Pour mon équipe, c'est comme si le maire nous donnait un coup de chapeau. On l'a apprécié.»
Il a été impossible de rejoindre le maire Yves Lévesque pour recueillir son opinion.