Le conseil municipal de Trois-Rivières se prononcera ce soir à savoir si le conseiller municipal Luc Tremblay doit oui ou non être remplacé à la présidence de la STTR.
Le conseil municipal de Trois-Rivières se prononcera ce soir à savoir si le conseiller municipal Luc Tremblay doit oui ou non être remplacé à la présidence de la STTR.

STTR: le sort de Luc Tremblay décidé mardi soir

Trois-Rivières — L’avenir du conseiller municipal Luc Tremblay à la présidence de la Société de Transport de Trois-Rivières (STTR) se jouera mardi soir à la séance régulière du conseil municipal. Alors que le conseil d’administration de la STTR, formé majoritairement d’élus municipaux, a demandé à quatre voix contre trois de le remplacer à la présidence, les élus municipaux se prononceront ce soir dans une décision qui s’annonce déjà divisée.

On se souviendra que toute cette histoire découle de la négociation d’une entente à l’amiable pour le départ du directeur général, Guy De Montigny. L’entente négociée par Luc Tremblay proposait un an et demi de salaire sur les trois années de contrat restantes au directeur général, en plus de la prime de départ prévue à son contrat. L’entente a eu des échos à l’hôtel de ville et le maire Jean Lamarche a questionné les membres du conseil d’administration, pour vérifier si tous les scénarios avaient été envisagés, y compris celui de garder M. De Montigny en poste pour les trois années, mais à titre de conseiller. Luc Tremblay estime que le maire a fait de l’ingérence politique en voulant «tabletter» Guy De Montigny, soulevant par ailleurs que cette solution aurait coûté beaucoup plus cher aux contribuables trifluviens.

Mais lorsqu’on parle aux conseillers municipaux membres du conseil d’administration de la STTR, on sent que le malaise est palpable et que Luc Tremblay n’a plus la confiance de plusieurs d’entre eux.

La conseillère du district des Forges, Mariannick Mercure, indique ne pas avoir été à l’aise avec la façon dont l’offre de départ de Guy De Montigny a été négociée par Luc Tremblay. «Je n’ai pas senti qu’il a défendu les intérêts de la STTR, mais les intérêts de la personne. Venant de Luc, c’est normal parce que c’est une personne qui a le cœur sur la main. Mais est-ce qu’il a agi en bon gestionnaire? À mon avis non», indique Mme Mercure.

Un avis que ne partage absolument pas la conseillère Valérie Renaud-Martin. «Nous lui avions demandé de négocier une entente qui allait satisfaire les deux parties et c’est ce qu’il a fait. Mais à partir du moment où le maire est intervenu, ça a dérapé. J’estime que Luc n’a jamais contrevenu à son rôle de président et que la négociation était à l’avantage de la STTR, de la direction, des employés et des usagers. Il a bien fait de s’opposer parce qu’à mon avis, il était inacceptable de payer trois ans de salaire pour aucun rôle défini», mentionne celle qui envisage reconsidérer son implication à la STTR si Luc Tremblay devait se faire montrer la porte. «Je n’adhère pas à ça», ajoute-t-elle.

Son collègue Pierre Montreuil est pour sa part d’avis que la négociation entourant le départ de Guy De Montigny n’a pas été faite selon les principes de saine gouvernance.

«Ces principes n’ont pas été respectés. Quand le CA donne un mandat au président le vendredi, avec une position X, et qu’on nous revient le lundi en ayant une position Y qui allait être déposée sur la table, ça ne fonctionne pas. Est-ce que cette position était positive? Négative? Ce n’est pas ça le problème, mais bien que ça va à l’encontre de la saine gestion d’une entreprise», indique M. Montreuil.

Mariannick Mercure ne partage pas l’avis de Luc Tremblay lorsque ce dernier soutient que le maire Lamarche ait pu faire de l’ingérence. «La Ville est le principal bailleur de fonds de la STTR. Ce qui s’y passe nous regarde définitivement. Et lorsqu’il a demandé à nous parler, c’est notre président qui l’a relancé quelques jours plus tard, disant qu’on attendait toujours ses propositions», soutient-elle.

Même son de cloche pour le conseiller Claude Ferron. «De dire qu’il y a eu de l’ingérence, c’est un mensonge, tout simplement. On a des écrits pour le prouver. Et j’ai eu un énorme malaise avec sa sortie publique à ce sujet. Ce n’était pas digne du poste qu’il occupe», signale Claude Ferron.

Valérie Renaud-Martin croit pour sa part que M. Tremblay a bien agi. «Luc a plusieurs forces qui ont été bien utilisées à la STTR. Il est allé au front, ne s’est jamais défilé. Il a gagné le respect des employés, du syndicat. À mon avis il n’a jamais contrevenu à son rôle de président», mentionne-t-elle.

Le principal intéressé, Luc Tremblay, se dit en paix avec le dossier et attendra la décision du conseil municipal. 


« J’assume complètement ce qui a été fait et ce que j’ai dit. J’ai agi dans l’intérêt de la STTR à tout moment. Mais je suis zen et si le conseil en décide autrement, je vais bien vivre avec ça. »
Luc Tremblay

Gouvernance

Mariannick Mercure serait maintenant d’avis que Trois-Rivières demande une modification par décret au gouvernement, comme il s’est fait dans d’autres villes au Québec, pour changer la structure du conseil d’administration afin de le dépolitiser, un avis partagé aussi par Claude Ferron. «Il faudrait d’abord que ce soit un usager qui soit nommé à la présidence. On peut penser à ramener une prime pour la présidence afin qu’on envisage une présidence à long terme de l’organisme», considère-t-elle, martelant du même souffle que ce rôle ne l’intéresse pas.

Pierre Montreuil est prêt à prendre le vote sur le remplacement de Luc Tremblay mardi soir. «Ce que je souhaite, c’est d’avoir à la tête de la STTR une personne qui est un bon communicateur, et aussi qui vit ce que c’est que le transport collectif. Est-ce qu’il faut absolument que ce soit un élu? Je pose la question», mentionne-t-il.