Près de 150 personnes étaient réunies mercredi soir à la salle J.-A.-Thompson pour la rencontre du conseil d’administration de la STTR.

STTR: la grogne des usagers persiste

Trois-Rivières — «Ça ne marche pas. Il faut l’accepter, ça ne marche pas», a lancé un des quelque 150 usagers présents mercredi soir à la rencontre du conseil d’administration de la Société de transport de Trois-Rivières (STTR). Cela résume bien la position de la totalité des usagers qui se sont exprimés au sujet des nouveaux trajets de transport en commun lors de l’assemblée tenue à la salle J.-A.-Thompson.

Cette rencontre devait avoir lieu à l’origine dans la salle du conseil à l’hôtel de ville, mais devant la grogne populaire, elle s’est tenue à la salle J.-A.-Thompson afin de permettre à davantage d’usagers d’y assister et surtout, de s’exprimer. Les témoignages d’usagers insatisfaits ont été très nombreux et plusieurs ont demandé le retour des anciens trajets. Durant plus de trois heures, le conseil d’administration a été témoin du mécontentement populaire. Plus la soirée avançait, plus il y avait de la tension dans l’air.

Camille Côté est étudiante au Collège Ellis. Elle affirme qu’elle doit maintenant prendre trois autobus afin de se rendre à ses cours et que le trajet dure 1 h 30. «Je pars du Cap-de-la-Madeleine pour me rendre au centre-ville, avant de revenir au Cap-de-la-Madeleine pour mes cours. Ce n’est pas normal. Allez-vous faire des changements?», a-t-elle lancé au micro.

Le président du conseil d’administration de la STTR, le conseiller municipal Luc Tremblay, a répondu que les changements seront envisagés, mais ils ne peuvent être implantés rapidement. «On va s’adapter au fil des mois et des ans», a-t-il mentionné.

Camille Côté est étudiante et son trajet d’autobus pour se rendre à l’école est désormais grandement allongé.

Un résident du centre-ville de Trois-Rivières doit se rendre tous les matins dans un parc industriel du secteur de Cap-de-la-Madeleine pour son travail. Il affirme qu’il risque de perdre son emploi, car son trajet est passé de 20 à 55 minutes. «Je travaille à 7 h, mais je n’arrive plus à arriver à temps. Je suis en train de perdre mon emploi. Et d’autres personnes de mon entreprise ont déjà perdu leur travail pour ces raisons», a-t-il témoigné.

Retour au centre Les Rivières demandé

Le retrait du terminus d’autobus de centre commercial Les Rivières ne fait pas l’affaire des biens des usagers du réseau, particulièrement des personnes âgées. À ce titre, Yves Bouchard, le président de la FADOQ Mauricie, soutient que les personnes âgées souhaitent le retour d’un arrêt à ce centre commercial. «Les nouveaux arrêts sont à 400 ou 500 mètres du centre. C’est trop loin pour les personnes âgées qui ont des limitations. Elles nous disent qu’elles restent désormais chez elles», a affirmé le président de l’organisme qui représente près de 12 000 personnes âgées à Trois-Rivières.

«Se rendre au centre commercial Les Rivières est une façon pour les personnes âgées de briser l’isolement et de voir leurs amis.»

Une autre usagère, Ginette Hamel, a aussi demandé le retour d’un arrêt au centre commercial Les Rivières. Elle indique de plus qu’elle doit maintenant prendre un trajet de 2 heures pour se rendre aux Galeries du Cap, alors que ce trajet prenait sept minutes avant les changements.

Paulette Dupont a demandé au conseil d’administration de la STTR si le secteur de Cap-de-la-Madeleine est «négligé».

«On a été oubliées, les personnes âgées dans le nouveau réseau», a lancé pour sa part Céline Samson, sous les applaudissements de la foule avant d’ajouter que les personnes à mobilité réduite souffrent de ces changements.

Vivant avec une déficience visuelle, Mme Samson ajoute que les changements apportés au réseau, qui rendent les trajets bien plus difficiles, les forcent à demeurer à la maison.

Le président du conseil d’administration a confirmé que la STTR envisage le retour d’un arrêt au centre commercial Les Rivières, mais il avoue que cela entraînerait des délais ailleurs dans le réseau.

Le Cap-de-la-Madeleine négligé?

Une dame de 74 ans, Paulette Dupont, a demandé au conseil d’administration «pourquoi le Cap-de-la-Madeleine est négligé». «Vous ne l’aimez par le Cap?», a-t-elle demandé. «J’ai été à Trois-Rivières pour revenir au Cap, après 1 h 30 de trajet.»

Le conseiller municipal et président de la STTR, Luc Tremblay, a répondu aux questions des usagers en plus d’écouter leurs nombreuses préoccupations. On reconnait à ses côtés Guy de Montigny, directeur général de la société de transport.

Luc Tremblay avoue qu’il existe une problématique particulière avec le secteur du Cap-de-la-Madeleine et que des corrections pourraient être apportées. Le président du conseil d’administration estime de plus que la STTR est «sous-financée» par la Ville. Il indique que les changements réalisés l’ont été en fonction du budget de l’organisme.

«Allez-vous demander au maire une augmentation du budget?», a rétorqué Paulette Dupont.

Le maire de Trois-Rivières, Jean Lamarche, n’était pas présent lors de la rencontre de mercredi soir. Le conseil d’administration de la STTR regroupe toutefois cinq conseillers municipaux. Outre le président, le conseiller Luc Tremblay, on retrouve les conseillers municipaux Claude Ferron, Valérie Renaud-Martin, Maryse Bellemare et Pierre Montreuil. «Est-ce que le réseau peut être amélioré? Oui certainement et nous sommes ici pour vous écouter», a affirmé le conseiller municipal Claude Ferron.