Les sacs de plastique seront bannis à Montréal d’ici la fin de l’année.

Sacs de plastique: la région en réflexion

TROIS-RIVIÈRES — Pendant que la mairesse de Montréal souhaite que les autres localités du Québec suivent l’exemple de sa Ville de bannir les sacs de plastique, différentes municipalités de la région poursuivent leur réflexion sur le sujet.

Montréal a annoncé mercredi matin qu’elle interdira les sacs de plastique d’ici la fin de 2020. Trois-Rivières a tenu en septembre dernier une première consultation publique sur les plastiques à usage unique. La Commission du développement durable et de l’environnement tenait à connaître l’opinion de la population à ce propos.

Guillaume Cholette-Jeanson, agent de communication, confirme que ledit comité a la volonté de travailler sur ce sujet.

«Nous n’avons pas de politique sur le bannissement des sacs de plastique. Mais c’est sur la table du comité.»

À Shawinigan, la commission de l’aménagement du territoire et du développement durable a abordé le sujet concernant les sacs de plastique, dit le directeur des communications, François St-Onge.

«Ça fait partie des discussions, mais il n’y a pas eu de recommandation faite au conseil. Des mesures de réduction font partie des objectifs et ça devrait arriver en 2020. Mais quelle forme ça va prendre? C’est le conseil qui va décider.»

La Tuque n’a pas encore de politique concernant les sacs de plastique. Mais là comme ailleurs, le dossier suscite les discussions.

«Notre plan de gestion des matières résiduelles est en refonte. Les sacs de plastique, ça fait partie de la réflexion dans le cadre de cette refonte», commente la directrice des communications de la Ville de La Tuque, Hélène Langlais.

Pendant que Bécancour et Nicolet mènent une réflexion sur ce point, les élus de Louiseville ont commencé à en parler, mais sans avoir abouti à une réglementation, selon le maire, Yvon Deshaies.

«On ne peut pas être contre l’environnement. Mais on n’est pas prêt à passer un règlement municipal. On a déjà assez de règlements dans la vie, on va laisser les commerces agir et on veut d’abord éduquer et sensibiliser les citoyens. Mais si ça ne bouge pas suffisamment, on va agir.»

Lors de l’entrevue accordée au Nouvelliste, M. Deshaies faisait référence à la décision des marchés IGA de bannir les sacs de plastique à usage unique. Cette mesure qui entrera en vigueur d’ici le 19 mars permettra d’éviter que plus de 182 millions de sacs se retrouvent chaque année dans des sites d’enfouissement.

Séléna Baril, propriétaire du marché extra IGA famille Baril de Shawinigan, voit d’un bon œil cette politique d’IGA et croit que la décision de la Ville de Montréal devrait être imitée par les autres municipalités.

«Le but est de diriger les gens vers les sacs réutilisables. On a des sacs de papier, mais on s’en sert pour dépanner. Le but est d’être écologique. On fait notre part pour l’environnement, comme entreprise. Le consommateur doit faire sa part. Bannir les sacs de plastique réglerait le problème à la base.»

À l’été 2016, la précédente administration montréalaise a réglementé l’épaisseur des sacs de plastique permis sur son territoire. Les sacs d’emplettes de plastique dont l’épaisseur est de 50 microns et moins sont interdits. Ce règlement est entré en vigueur le 1er janvier 2018. Mais selon Valérie Plante, cela ne suffit pas.

«On a essayé de changer l’épaisseur des sacs de plastique en se disant que les gens vont les réutiliser. Mais ça ne marche pas. La crise du recyclage que l’on vient de vivre est une alarme», raconte Mme Plante.

Appui d’Environnement Mauricie

Cette initiative de la Ville de Montréal plaît à Lauréanne Daneau. Selon la directrice générale d’Environnement Mauricie, cette idée devrait être appliquée régionalement.

«Une des modifications par rapport à ce qui a été établi dans le règlement de 2016 , c’est qu’à présent, Montréal vise à interdire les sacs d’emplettes de 50 microns et plus, donc pour tous les sacs de plastique. La mesure est bienvenue. Dans le cas de la Mauricie, on recommande qu’il y ait une réflexion à la Régie de gestion des matières résiduelles et que ce ne soit pas uniquement à Trois-Rivières ou dans des MRC distinctes. La Régie a annoncé qu’elle ne peut plus recycler les sacs de plastique ou les récupérer. Ce serait souhaitable qu’il y ait un règlement qui ressemble à celui de Montréal, mais à l’échelle de la région et non à l’échelle des municipalités.»

Avec La Presse canadienne

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