Le promoteur Alain Morrissette

Sablière à Pointe-du-Lac: vers une ouverture de registre?

Trois-Rivières — Il faudra attendre encore plusieurs semaines avant de savoir si la Ville de Trois-Rivières approuvera ou non un changement au règlement de zonage afin de permettre l’exploitation d’une nouvelle sablière dans le secteur Pointe-du-Lac, non loin du 6e Rang Ouest. Le projet du promoteur Alain Morrissette pourrait être soumis à l’ouverture d’un registre si un nombre suffisant de citoyens en font la demande.

Mardi soir, une trentaine de citoyens rassemblés à l’hôtel de ville pour une séance d’information sur ce projet de règlement ont pu poser leurs questions en regard de ce projet, qui avait fait couler beaucoup d’encre à l’été 2017.

On se souviendra que le projet nécessitait un changement au règlement de zonage pour le terrain situé aux abords de la rivière Saint-Charles, entre l’aéroport et le rang Saint-Nicolas. Or, lors de la séance de consultation publique tenue le 17 juin 2017, des dizaines de citoyens, pétition en main, s’étaient présentés afin de manifester leur opposition au projet.

Ces résidents des 6e Rang, 6e Rang Ouest, rang Saint-Charles ainsi que des utilisateurs du camping Le Corral, craignaient notamment le bruit et l’augmentation importante du trafic lourd dans le secteur, pour ne nommer que ceux-là. Le règlement avait finalement été retiré de l’ordre du jour.

Le promoteur est récemment revenu à la charge avec un projet modifié et une pétition positive signée par plusieurs résidents du secteur. Cette fois, la particularité imposée par la Ville était que l’exploitant ait l’obligation d’accéder à son site par un chemin menant vers le rang des Garceau puis vers l’autoroute, plutôt que de quitter par le 6e Rang ouest, 6e rang et le rang Saint-Charles, ce qui inquiétait les résidents au départ. Le nouveau chemin aménagé mènerait donc à cette route qui est déjà désignée pour le camionnage. La Ville a par ailleurs indiqué que cette obligation était attachée à l’activité du site, et non à son propriétaire, si bien qu’en cas de vente du site, le nouvel exploitant aurait la même obligation.

Les citoyens s’inquiétaient également des heures d’exploitation de la sablière, ce à quoi la Ville indique que l’obligation du propriétaire est d’exploiter sur les heures normales d’activités. Il n’a d’ailleurs pas le droit d’exploiter la sablière la nuit, par exemple.

Des inquiétudes persistent également quant à la qualité de l’eau potable et de la nappe phréatique. Toutefois, cette vérification relève du ministère de l’Environnement, rappelle la Ville. D’ailleurs, si le règlement est adopté en bout de processus, le promoteur devra par la suite présenter ses demandes à la Commission de protection du territoire agricole du Québec (CPTAQ) de même qu’au ministère de l’Environnement, qui s’assurera que la caractérisation environnementale répond aux normes en ce qui concerne la qualité de l’eau potable.

Les citoyens du secteur ont désormais la possibilité de demander l’ouverture d’un registre afin de s’opposer à cette modification au règlement de zonage. Ils pourront adresser leur demande au service du greffe de la Ville entre le 28 mars et le 5 avril prochain, à 16 h 30. Par la suite, si une demande est formulée, un registre pourrait être ouvert afin de bloquer ce changement de zonage. Si tel est le cas, le conseil municipal disposerait de deux options. Soit il irait en référendum auprès des résidents de la zone concernée et des zones contiguës, ou il abandonnerait tout simplement l’adoption du règlement, mettant un terme pour une seconde fois à ce projet de sablière.