Les 14 conseillers municipaux et le maire étaient réunis en personne pour la première fois depuis des mois.
Les 14 conseillers municipaux et le maire étaient réunis en personne pour la première fois depuis des mois.

Retour à l’hôtel de ville: le conseil réuni en personne pour la première fois depuis des mois

Paule Vermot-Desroches
Paule Vermot-Desroches
Le Nouvelliste
TROIS-RIVIÈRES — La scène ne s’était pas produite depuis le mois de mars, soit depuis la pandémie de coronavirus, mais le conseil municipal de Trois-Rivières était de retour à l’hôtel de ville de Trois-Rivières mardi soir, pour une première séance publique en personne plutôt qu’en vidéoconférence. Un semblant de retour à la normale qui ne s’est pas fait sans plusieurs ajustements à la salle publique et au fonctionnement des activités du conseil. Un retour également teinté des critiques qui ont été formulées à l’endroit du maire Jean Lamarche par certains conseillers municipaux au cours des derniers jours.

On se souviendra que la semaine dernière, le conseiller de Pointe-du-Lac François Bélisle a publiquement remis en question le leadership du maire Jean Lamarche. Mardi, c’était au tour du conseiller du district Châteaudun, Luc Tremblay, d’indiquer son malaise quant à la façon de procéder et à la communication, lui qui déplore que le conseil municipal soit souvent mis au fait des dossiers soit par le biais des médias ou encore une fois que les décisions ont été prises. Le leadership de Jean Lamarche a également été questionné par la conseillère Valérie Renaud-Martin, qui n’a en outre pas caché qu’elle pourrait avoir un intérêt pour la mairie en 2021.

Mardi soir, cette tension ressentie au cours des derniers jours ne se faisait toutefois pas sentir autour de la table, où la séance régulière s’est déroulée sans anicroche. Le maire Jean Lamarche n’a cependant pas mâché ses mots en marge de cette séance régulière, lors d’un point de presse.

Des panneaux séparaient les élus et les places ont été recalculées afin de respecter la distanciation physique.

«Si quelqu’un veut discuter avec moi sur mes valeurs, ma manière de faire, mon travail, mon leadership, il n’y a pas de problème, mais ils vont le faire avec moi seul. Ma porte sera toujours ouverte, mais je ne ferai pas ça dans les médias. Je n’ai aucune considération pour les gens qui voudront s’adresser à moi via les médias», a-t-il déclaré.

Pour Jean Lamarche, les sorties de ces conseillers s’apparentent à de l’opportunisme politique. Or, pour lui, ce n’est pas le temps de parler d’élection alors qu’on travaille la relance économique. «À ce moment-ci, il y a des choses qui sont tellement importantes», déclare-t-il, citant également la planification budgétaire, l’importance de maintenir la notoriété de la ville, les mesures à prendre en vue d’une crise économique à l’automne et les possibles fermetures d’entreprises en lien avec la pandémie. «Pour moi ce sont de vrais défis. Ensuite, on jasera élection, il n’y a pas de problème. J’ai déjà annoncé que je serais là, mais pour l’instant, ce n’est pas ma priorité. Cet été, on a rempli la rue des Forges, le parc portuaire. Les gens circulent, les gîtes et les hôtels affichent de bons scores. Tout le monde est dans un bel esprit. C’est là-dessus que je travaille», a-t-il lancé.

Questionné sur cette réaction à la sortie du conseil municipal, le conseiller François Bélisle s’est dit déçu que le maire n’ait pas «saisi le message». «Les fleurs vont souvent de pair avec le pot, et si tu apprécies les louanges et les compliments, tu dois aussi être capable de vivre avec la critique», a-t-il indiqué.

Tous les citoyens qui souhaitaient assister à la séance devaient se soumettre aux règles sanitaires, en plus de remplir un questionnaire de déclaration de symptômes.

Aménagements

Cette première séance publique en «présentiel» a nécessité de nombreux ajustements à la salle publique de l’hôtel de ville. La table où siègent les 15 élus municipaux n’en comptait plus que onze, afin d’assurer une distance nécessaire entre les élus. Quatre conseillers municipaux se retrouvaient aux tables installées à l’arrière et généralement réservées aux fonctionnaires qui, eux, assistaient à la séance en vidéoconférence. Selon le maire Jean Lamarche, ces places seront assignées en rotation à chaque séance publique.

Des panneaux ont également été apposés entre chaque élu, de même que du côté de la table réservée aux membres de la presse. Dans la salle, une quinzaine de sièges avaient été identifiés comme pouvant accueillir du public, alors que la distance réglementaire entre chaque siège avait été calculée. Mardi soir, moins de dix citoyens ont assisté à la séance publique, qui était par ailleurs retransmise sur le web et à la télé communautaire.

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Seulement une quinzaine de places étaient disponibles dans la salle publique de l’hôtel de ville afin de respecter la distanciation physique.