Le dossier du Centre intégré en pâtes et papiers devrait être réglé d'ici quelques jours selon la députée Noëlla Champagne.

Règlement imminent pour le CIPP

Selon la députée péquiste de Champlain, Noëlla Champagne, le dossier du Centre intégré en pâtes et papiers (CIPP) devrait être réglé d'ici quelques jours, soit avant que la Ville procède à la mise en vente du bâtiment de 80 millions $, le 23 janvier, pour non-paiement de taxes de 6,5 millions $.
Mme Champagne a discuté de ce cas avec le cabinet du ministre de l'Enseignement supérieur, Recherche, Science et Technologie, jeudi.
Il appert que quatre sous-ministres ont travaillé à une solution pour régler définitivement le problème.
Comme le fait valoir Mme Champagne, il ne s'agit pas seulement de payer les taxes cumulées depuis 2007 à la Ville de Trois-Rivières, mais aussi de faire en sorte que le problème des taxes ne revienne plus.
C'est qu'à la fin des années 1990, lors du montage financier du projet, le gouvernement fédéral avait accepté de financer le CIPP, mais à condition qu'il s'agisse d'une corporation à but non lucratif. De ce fait, l'édifice n'a donc jamais été reconnu comme maison d'enseignement universitaire et n'a donc jamais pu bénéficier d'exemptions de taxes.
Malgré tout, la corporation n'a jamais payé ses taxes municipales. Chaque année, elle signait un document demandant à la Ville d'attendre une année de plus. Cette année toutefois, elle ne l'a pas fait, car un plan de dissolution du CIPP a été réalisé, mais il faut d'abord régler la question des taxes avec la Ville, ce qui implique une intervention du Conseil du Trésor.
Selon la députée Champagne, le Conseil du Trésor, le ministère des Finances, le ministère des Ressources naturelles et le ministère de l'Enseignement supérieur étaient «à quelques heures», hier après-midi, «d'une solution qu'on va proposer à Mme (Nadia) Ghazzali, qui est la rectrice de l'Université», dit-elle. Des tractations ont aussi été faites auprès du Cégep de Trois-Rivières qui est partenaire au sein du CIPP.
Le Cégep et l'UQTR possèdent en effet une entente selon laquelle ils assument en cotutelle et à parts égales les frais d'opération du CIPP jusqu'à sa dissolution.
«On me dit que c'est une question d'une journée ou deux pour voir si l'entente est acceptée», ajoute Mme Champagne.
C'est une chose de payer les taxes, dit-elle, «mais est-ce qu'on va continuer chaque année à tripoter de cette façon-là?», questionne la députée, convaincue de l'importance de régler le litige une fois pour toutes.
«J'ai confiance qu'on trouve une solution avant que cette bâtisse-là se retrouve en vente pour non-paiement de taxes», dit-elle.
Rappelons que la Ville a la ferme intention de mettre sa décision à exécution dès jeudi prochain.
Quant à savoir pourquoi le gouvernement a pris autant de temps avant de s'attaquer à cette situation alors que la décision de vendre pour non-paiement de taxes a été émise clairement par la Ville au début de novembre dernier, la députée n'a pas d'explication.
Elle sait toutefois que de nombreuses fausses rumeurs ont circulé au sujet du CIPP au cours des derniers mois, notamment à l'effet que l'édifice est vide, ce qui est tout à fait faux, tient-elle à préciser.
L'édifice, situé sur le campus de l'UQTR, abrite en effet le Centre de recherche sur les matériaux lignocellulosiques et le Centre d'innovation des produits cellulosiques Innofibre. Des recherches de calibre international s'y déroulent. Le décret attendu par le CIPP permettrait la rétrocession du bâtiment à l'UQTR. Le Cégep pourrait alors y devenir locataire.