Mgr Pierre-Olivier Tremblay, évêque auxiliaire de Trois-Rivières et recteur du Sanctuaire Notre-Dame-du-Cap, dit être «un évêque d’aujourd’hui».

Quel avenir réservé aux sanctuaires?

TROIS-RIVIÈRES — Tandis que le Sanctuaire Notre-Dame-du-Cap est toujours en attente de financement des gouvernements du Québec et du Canada pour son projet d’expansion, évalué à plus de 40 millions $, Mgr Pierre-Olivier Tremblay, évêque auxiliaire de Trois-Rivières et recteur du Sanctuaire, prononcera une conférence sur l’avenir des sanctuaires dans le monde, le 14 août prochain, dans le cadre du festival de l’Assomption. S’il se dit optimiste pour l’avenir de ces lieux dédiés à la réflexion et la contemplation, l’évêque évoque néanmoins l’équilibre à établir entre la tradition et un monde en constante mutation.

Bien qu’il déclare prendre acte de la difficulté d’avoir un dialogue paisible dans la société québécoise sur l’enjeu de la laïcité, Mgr Tremblay espère toujours pouvoir éventuellement discuter sereinement des questions entourant la place de la religion dans un monde en changement. «Comme Église, on n’est pas là pour se situer en surplomb, comme si l’on avait une vérité à enseigner», déclare-t-il, en disant vouloir faire preuve d’humilité et qu’il n’est pas question ici de faire la morale à personne.

Pierre-Olivier Tremblay se dit néanmoins fier de la contribution que l’Église, forte de sa tradition, peut apporter à la discussion. «Le défi est de se situer d’abord et avant tout comme partenaire, membre de notre société, qui a des choses à dire. Je ne suis pas sur la défensive, je ne suis pas dans un modèle où l’on doit préserver nos acquis, mais plutôt de dire “qu’est-ce qu’on va apporter à notre monde actuel? ”», fait valoir l’évêque auxiliaire.

Par ailleurs, pour le religieux, le Sanctuaire Notre-Dame-du-Cap est un espace «rare». «Où sont les endroits dans la société québécoise où l’on s’arrête pour écouter, pour réfléchir, pour être touché à la fois par la beauté, à la fois par l’inattendu des rencontres qui se font et à l’ouverture par quelque chose qui est plus grand que nous?», questionne-t-il.

Dans un monde où les valeurs de liberté individuelle et de libre choix ont gagné en importance, la religion évoque facilement la contrainte et le conformisme, concède Mgr Tremblay. Or, dit-il, ce n’est pas ce que son expérience personnelle de la foi lui évoque, même si, convient-il, «l’Église d’une autre époque», peut prêter flanc à pareille critique. «Ce que je vois moi, c’est des gens qui ont le goût d’être ensemble et des gens qui ont le goût de trouver quelque chose qui est plus grand qu’eux pour aller plus loin», fait-il valoir.

Lucide quant aux défis auxquels l’institution à laquelle il appartient est confrontée, Mgr Tremblay parle avec franchise. «L’Église telle qu’on l’a connue n’existera plus. Moi je suis un évêque d’aujourd’hui», lance-t-il sans détour. «Je ne suis pas sûr que c’est si bénéfique de n’avoir rien sur quoi se reposer, mais ce n’est pas vrai non plus que rien ne bouge et que tout est comme une éternité», philosophe-t-il en évoquant l’approche du pape François et une vérité qu’il qualifie «d’existentielle».

S’il n’est pas question pour Pierre-Olivier Tremblay de relativiser sa foi, le religieux plaide pour une contextualisation de celle-ci. «Prendre en compte le contexte, l’époque, les gens, leur morale et leur conscience, ça, ça veut dire qu’on est dans une approche qui est dynamique, qui n’est ni molle ni rigide», propose-t-il. Et d’ajouter que «l’Église est une institution faite pour la durée et non pour la vitesse», en concédant que cela demande de la patiente, mais que des changements s’opèrent malgré tout.

La conférence de Mgr Tremblay, ouverte à tous et intitulée «Quel avenir pour les sanctuaires?», sera présentée le 14 août prochain, à 17 h 30, au sous-sol de la basilique Notre-Dame-du-Cap. Aucune réservation n’est requise, contrairement aux autres conférences présentées dans le cadre du festival de l’Assomption et pour lesquelles on doit se procurer des billets.

Le festival de l’Assomption bat son plein

Le festival de l’Assomption se poursuit jusqu’au 15 août. Entre autres activités cette fin de semaine, rappelons que Céline Galipeau, chef d’antenne au Téléjournal de Radio-Canada, présentera samedi à 17 h une conférence relatant ses expériences des différents conflits mondiaux qu’elle a couverts. Toujours samedi, à compter de 21 h 15, la chanteuse Marie-Élaine Thibert revisitera le répertoire d’Édith Piaf.

La journée de dimanche sera notamment l’occasion de messes en français, en espagnol, puis en créole. Guylain Prince présentera à son tour une conférence, à 17 h, traitant de la Terre sainte. À compter de 21 h, la chanteuse Paule Landry présentera un spectacle fait de chansons françaises et québécoises.

Toutes les informations sur la programmation complète du festival de l’Assomption sont disponibles à l’adresse suivante: www.sanctuaire-ndc.ca/evenements/festival-de-lassomption/.