La Commission du développement durable et de l’environnement de la Ville de Trois-Rivières tenait mercredi une consultation publique sur les plastiques à usage unique. On reconnaît sur la photo le chimiste Marc Olivier qui a parlé des différents types de plastiques ainsi que de leurs impacts sur l’environnement.

Que faire avec les plastiques à usage unique?

Trois-Rivières — Une quarantaine de Trifluviens ont pris part mercredi soir à la première consultation publique sur les plastiques à usage unique. La Commission du développement durable et de l’environnement de la Ville de Trois-Rivières tenait cette rencontre afin de connaître l’opinion de la population sur cet enjeu environnemental.

Les participants à cette consultation ont été appelés à répondre à quelques questions sur l’usage des plastiques uniques. Par exemple, ils ont été invités à se prononcer sur ce qu’on devrait faire avec les sacs de plastique, la vaisselle à usage unique ainsi que le styromousse. Les participants ont aussi été incités à identifier les moyens qui peuvent être pris pour la gestion de ces matières, ainsi que les organismes qui devraient être responsables de l’application des mesures à prendre. De plus, les citoyens devaient donner leur point de vue sur les échéances de mise en place des moyens proposés.

Après avoir travaillé en petits groupes, les participants ont résumé l’essentiel des idées proposées. Plusieurs optaient pour le bannissement des plastiques à usage unique, alors que d’autres proposaient son retrait progressif. De plus, certaines personnes estiment qu’il serait souhaitable de sensibiliser la population à l’impact de ces plastiques sur l’environnement, alors que d’autres soulignaient l’importance de permettre aux citoyens de recycler dans les lieux publics, les événements et festivals de Trois-Rivières.

Un règlement municipal sur l’usage des plastiques uniques pourrait naître de ces consultations. Toutefois, le processus en est à ses débuts, note la conseillère municipale Mariannick Mercure, présidente de la Commission du développement durable et de l’environnement de la Ville de Trois-Rivières.

«On ne sait pas où on s’en va. Est-ce qu’on va sur de la réglementation, de l’éducation ou encore des incitatifs? On ne sait pas», soutient-elle. «C’est une consultation en amont comme ce que les gens nous ont demandé de faire.»

Le spectre de Vision zéro hante toujours les élus trifluviens. Ils ont appris qu’il fallait mieux consulter la population avant de proposer des projets de règlements qui peuvent avoir un impact sur la vie des citoyens. Toutefois, la question des plastiques à usage unique ne semble pas soulever les mêmes passions que Vision zéro.

«Si on va vers une réglementation, le chemin est déjà tracé, parce qu’il y a plusieurs villes qui ont déjà réglementé les plastiques à usage unique», précise Mariannick Mercure. «Si les gens veulent qu’on fasse du bannissement avec réglementation, il y a possibilité d’en faire une quand même rapidement. On va pouvoir s’inspirer de règlements d’autres villes.»

La Ville de Trois-Rivières pourrait donc bannir les contenants pour emporter au restaurant, les ustensiles en plastique ou encore les verres à café des restaurants. «Il y a beaucoup d’espaces pour intervenir. Mais nous ne pouvons entrer dans les produits emballés, car c’est régi par le commerce international», précise la conseillère Mariannick Mercure.

Favoriser le plastique recyclable

Avant de se prononcer dans des petits groupes de travail, les participants à cette soirée ont d’abord assisté à la conférence du chimiste Marc Olivier, chercheur au Centre de transfert technologique en écologie industrielle associé à l’Université de Sherbrooke. «On est tellement loin dans notre révolution du plastique qu’on a commis des abus», a mentionné le chimiste Marc Olivier, scientifique invité lors de cette soirée d’information.

Le chercheur mentionne de plus qu’il est important de concevoir des plastiques qui pourront être recyclés afin de prolonger la vie de la ressource. «Notre défi c’est de transformer les déchets en plastique pour en faire quelque chose de nouveau, d’utile. Il y a la matière première que l’on va chercher dans la terre, mais aussi la matière secondaire que l’on jette actuellement», explique le chercheur. «L’économie circulaire permet de valoriser les déchets et de créer des emplois localement.»

Marc Olivier a dressé une liste de plastiques à usage unique qui ne sont pas recyclables. On retrouve notamment sur cette liste les sacs, les tasses à emporter et leur couvercle, les bouteilles et leur bouchon, les ustensiles, les bâtonnets mélangeurs, les contenants à emporter, les cotons-tiges, les pailles, les applicateurs à tampons de même que les filtres de cigarettes.

Pierre Tardif de la Régie de gestion des matières résiduelles de la Mauricie (RGMRM) a également pris la parole pour aborder brièvement la question de la collecte des matières recyclables. Rappelons que les sacs de plastique ne sont plus récupérés dans la région et sont acheminés vers le dépotoir.