Le maire de Trois-Rivières, Jean Lamarche. 
Le maire de Trois-Rivières, Jean Lamarche. 

Quatorze rues deviendront «conviviales» à Trois-Rivières

TROIS-RIVIÈRES – Au printemps 2021, Trois-Rivières aura quatorze rues «conviviales» sur son territoire. Ces rues auront des aménagements pour les rendre plus sécuritaires et favoriser le partage de leur utilisation. Et les élus de Trois-Rivières ont tiré des leçons de l’opposition populaire au projet «Vision zéro» si bien que les choix des rues et des projets à y réaliser émaneront de la population.

«On développe vraiment des projets où la participation citoyenne est requise», lançait le maire de Trois-Rivières, Jean Lamarche, lors de l’annonce de la réalisation de quatorze rues «conviviales».


« Ces projets s’adressent à des citoyens qui veulent améliorer leur qualité de vie. »
Le maire Jean Lamarche

Les résidents de Trois-Rivières sont donc invités durant tout le mois d’août à proposer des idées de projets pour que leurs rues deviennent plus conviviales. «Une rue conviviale est ni plus ni moins une signature», mentionne le maire.

«On le voit tout de suite lorsqu’on arrive dans une rue conviviale. Ça nous force à ralentir», ajoute pour sa part Mariannick Mercure, conseillère municipale du district des Forges.

Mariannick Mercure, conseillère municipale du district des Forges.

Une rue «conviviale», qui se doit d’être une rue résidentielle, peut prévoir l’aménagement de bacs à fleurs afin de ralentir la vitesse des automobilistes, mais aussi de rendre plus joli le secteur. Une diminution de la vitesse peut aussi être incluse dans les projets qui seront soumis par les citoyens. Des balises claires sont définies sur le site Internet de la Ville de Trois-Rivières.

Chaque projet bénéficiera d’une enveloppe d’environ 10 000 $ pour sa réalisation. C’est donc dire qu’un budget de 140 000 $ est prévu pour l’ensemble des quatorze projets.

À la suite de la vive opposition d’une partie de la population au projet global de sécurité routière «Vision zéro» qui prévoyait notamment l’abaissement des limites de vitesse à 40 km/h sur les rues résidentielles et collectrices, les élus de Trois-Rivières affirment vouloir inclure la population davantage.

«Il faut qu’il y ait un grand taux de participation pour qu’il y ait une acceptation. C’est la force de la rue conviviale», précise la conseillère municipale du district des Carrefours, Valérie Renaud-Martin.

La conseillère municipale du district des Carrefours, Valérie Renaud-Martin.

«C’est une façon de voir la sécurité routière», ajoute le maire.

Vers un plus grand partage de la rue

Le coordonnateur à la gestion des programmes et aux projets de redéveloppement à la Ville de Trois-Rivières, Marc-André Godin, explique de son côté qu’une «rue conviviale est synonyme de partage, de respect et de sécurité». Elle est donc mieux adaptée à la réalité d’aujourd’hui. 

«On a aménagé nos rues pour l’automobile et les automobilistes. Mais on assiste à un besoin grandissant face à l’occupation et l’utilisation de la rue», soutient-il. «La rue d’hier, ce n'est plus la rue de demain.»

Tous les renseignements concernant le dépôt de projets sont accessibles sur le site Internet de la Ville

«À Trois-Rivières, on va faire les choses en fonction des besoins et des préoccupations des Trifluviens», ajoute Marc-André Godin. 

40 km/h: l'avenir des projets-pilotes?

Ces quatorze rues «conviviales» ne signifient pas pour autant la mort des quatre projets-pilotes d’abaisser la limite de vitesse à 40 km/h, soutient le maire Jean Lamarche. Les quartiers qui avaient été ciblés par ces projets-pilotes étaient situés dans les districts des Carrefours, des Forges, Saint-Louis-de-France et Pointe-du-Lac.

En mars dernier, la Ville avait envoyé des formulaires de sondage aux résidents concernés afin de connaître leur opinion sur ces projets-pilotes. Or, moins de 50 % de la population a répondu au sondage, ce qui est sous la barre souhaitée par la Ville pour rendre l’exercice représentatif.

«On a eu le contexte de la COVID-19 et avec le nombre de réponses, on ne pouvait pas dire avec conviction la position de la population. On pourrait questionner la méthodologie du sondage», affirme à ce sujet le maire.

«Mais les rues conviviales, c’est totalement autre chose.»

Jean Lamarche laisse entrevoir que la Ville pourrait revenir à la charge avec ces projets-pilotes.