Le sondage sur le projet-pilote dans quatre quartiers de Trois-Rivières n’a pas obtenu le taux de réponse escompté.
Le sondage sur le projet-pilote dans quatre quartiers de Trois-Rivières n’a pas obtenu le taux de réponse escompté.

Projet-pilote sur l’abaissement de la vitesse: le sondage n’obtient pas le taux de réponse de 50 %

Trois-Rivières — Le sondage mené auprès de citoyens dans quatre districts de la Ville de Trois-Rivières afin d’y mener un projet pilote pour la réduction de vitesse à 40 km à l’heure n’a pas obtenu le taux de réponse escompté. Alors que la Ville ciblait un taux de réponse de 50% par district pour que les résultats soient pris en considération, Le Nouvelliste a appris qu’aucun des quatre sondages n’a pu atteindre ce taux. Une réflexion est actuellement menée pour savoir si l’exercice sera repris en entier, étant donné que la pandémie de COVID-19 aurait pu influencer ce taux de réponse.

Rappelons que des quartiers dans les districts Pointe-du-Lac, des Forges, des Carrefours et Saint-Louis-de-France avaient été ciblés pour implanter ce projet-pilote, visant la réduction de la vitesse dans les secteurs résidentiels seulement. Les citoyens touchés avaient reçu une lettre avec un coupon-réponse le 13 mars dernier, et avaient jusqu’au 27 mars pour retourner leur réponse dans une enveloppe préaffranchie afin d’indiquer si le projet-pilote les intéressait ou non. La Ville avait indiqué qu’elle considérerait les résultats si elle obtenait un taux de réponse au-delà de 50 %.

On le sait, la pandémie de coronavirus a elle aussi frappé le 13 mars, laissant croire à certains élus aujourd’hui que les citoyens avaient peut-être d’autres préoccupations que celle de répondre à ce sondage.

Selon nos informations, le taux de réponse se situait au-dessus des 40% dans tous les secteurs, mais n’a pas atteint le 50 %. Par contre, à travers les réponses obtenues se dégageait en grande majorité une opinion favorable au projet, à des taux frôlant les 80 % dans certains cas.

Le Comité sur la mobilité durable et la sécurité routière aurait fait une recommandation au conseil municipal récemment, à savoir qu’il faudrait relancer les citoyens n’ayant pas répondu au sondage pour obtenir leurs réponses. Une proposition qui a été renversée par une majorité du conseil municipal, alors que plusieurs estiment que les règles de validité du sondage étaient claires dès le départ et qu’on ne peut les modifier à ce moment-ci du processus.

Pour le président du comité, le conseiller municipal Pierre Montreuil, le comité retournera à sa planche à dessin et reviendra sous peu avec une autre proposition au conseil municipal pour la suite des choses.

«Dans de telles consultations, on nous dit qu’un taux de réponse de 40 % est déjà très bien. On sait aussi que des réponses arrivent encore. Mais le conseil a renversé la recommandation du comité. C’est la démocratie», indique Pierre Montreuil, qui demeure convaincu que le processus a été affecté par les circonstances entourant la pandémie et qui envisage une proposition plus large de reprendre le processus en entier.

«J’ai l’intuition que notre population est rendue là, et que la majorité silencieuse réalise comment la réduction de la vitesse en zone résidentielle est souhaitable. Ça s’inscrit aussi dans le développement plus large et à venir de quartiers conviviaux. Il va se passer de belles choses à Trois-Rivières dans les prochaines années et moi, je défendrai toujours la vision où nous devons protéger les usagers les plus vulnérables», considère M. Montreuil.

Réactions

Le conseiller municipal du district Saint-Louis-de-France, Michel Cormier, souhaite qu’on reprenne le processus. «Je suis certain que la COVID n’a pas aidé. Plusieurs personnes m’ont contacté quand ils ont reçu le sondage pour dire que ça n’avait pas de sens de faire le sondage à ce moment-là, qu’ils n’avaient pas la tête à ça. Si on reprenait tout, au moins on en aurait le coeur net», croit-il.

Son collègue du district Pointe-du-Lac, François Bélisle, s’était lui-même prononcé en faveur du projet-pilote dans le quartier Place Dubois, mais est d’avis qu’il faut respecter les règles dictées au départ.

«Je conçois très bien que les gens avaient autre chose en tête, peut-être. Mais le sondage est terminé depuis plus d’un mois, et on ne peut pas décider maintenant que les règles ne tiennent plus en décidant de relancer ceux qui n’ont pas répondu. Ça prêterait flanc à la critique et pourrait faire complètement déraper le projet. Maintenant, si le conseil municipal devait décider de reprendre le processus au complet, moi je voudrais que ce soit assorti d’une véritable campagne de communication, et non seulement de lettres envoyées aux citoyens. Je veux que le projet parte comme il faut, pas tout croche, et si ça doit prendre quelques mois de plus, ce sera le prix à payer», est d’avis M. Bélisle.

La conseillère municipale du district des Carrefours, Valérie Renaud-Martin, partage l’opinion de M. Bélisle sur l’importance d’une bonne campagne de communication, mais souhaite que si le processus doit être repris depuis le début, qu’il le soit hors pandémie, pour s’assurer que cette fois, les résultats soient significatifs.

«Pour moi, c’était important qu’on atteigne le 50 % parce que ça prenait une certaine représentativité. En ce moment, avec ceux qui se sont prononcés contre et ceux qui n’ont pas répondu, on peut dire que seulement 30% des gens nous ont clairement dit qu’ils étaient pour. Ça devient difficile d’aller défendre ça au nom de la majorité», croit-elle.

La conseillère municipale du district des Forges, Mariannick Mercure, a préféré ne pas commenter. «Il faut communiquer plus efficacement dans ce dossier, et ça ne passe pas par des informations coulées anonymement et possiblement de façon partielle», a-t-elle indiqué.

Le maire de Trois-Rivières, Jean Lamarche, n'a pas voulu se prononcer sur la question ni émettre publiquement son opinion quant à la suite des choses.