La Ville de Trois-Rivières sonde les citoyens de quatre quartiers pour des projets pilotes concernant la limite de vitesse.

Projet pilote sur la limite de vitesse: la Ville sonde quatre quartiers

TROIS-RIVIÈRES — Quatre quartiers de Trois-Rivières pourraient bientôt voir leur limite de vitesse passer à 40 km à l’heure dans le cadre d’un projet pilote sur la sécurité routière. Dans la foulée des consultations publiques tenues l’an dernier en lien avec le projet «Vision zéro», la Ville mène actuellement un sondage auprès des citoyens de ces quartiers pour savoir s’ils seraient intéressés à ce que le projet pilote soit implanté dans leur secteur. Un sondage qui soulève toutefois certaines critiques de la part de citoyens qui souhaiteraient une vision plus globale de l’approche de sécurité routière.

«Ce qui est ressorti des consultations publiques de Vision zéro, c’est que les gens n’étaient pas en faveur de l’implantation mur à mur de l’abaissement de la limite de vitesse à 40 km à l’heure», rappelle le maire de Trois-Rivières, Jean Lamarche.

Les quartiers qui ont été ciblés sont situés dans les districts des Carrefours, des Forges, Saint-Louis-de-France et Pointe-du-Lac. Les citoyens de ces quartiers ont reçu une lettre datée du 13 mars et qui leur demande de se prononcer sur leur intérêt à ce que ce projet pilote s’implante dans le quartier. Selon la directrice des communications de la Ville, Cynthia Simard, ces quatre quartiers ont été ciblés après compilation de plusieurs plaintes et commentaires reçus des citoyens de ces secteurs.

Mme Simard rappelle que les dix grands axes présentés par la Ville à la suite de ces consultations comprenaient des projets pilotes dans des secteurs identifiés comme pouvant être problématiques.

«Ce qu’on vient vérifier avec ce sondage, c’est de savoir si les gens sont intéressés ou non à ce que ça s’implante. On va considérer seulement les secteurs qui auront répondu avec un taux élevé», explique la directrice des communications.

La Ville indique qu’elle devra avoir reçu au moins 50 % des coupons-réponse pour d’abord considérer le secteur. Par la suite, la proportion des réponses positives et des réponses négatives viendra confirmer si le projet pilote sera implanté ou non. Les citoyens concernés ont jusqu’au 27 mars pour retourner leur coupon-réponse qui était envoyé avec une enveloppe de retour préaffranchie.

Démarche questionnable

Pour Stéphane Guay, qui habite le quartier Boisé du château ciblé dans le district des Carrefours, la démarche de la Ville est non seulement surprenante, mais questionnable. M. Guay, qui est l’un des citoyens à l’origine de la fondation du groupe «Trifluviens contre Vision zéro» estime que l’abaissement de la limite de vitesse est loin d’être une solution efficace à implanter dans un secteur si elle est l’unique solution, et que d’autres approches existent pour améliorer la sécurité.

«Je suis pour la sécurité, mais contre une solution qui n’est pas adéquate. Tout le monde s’entend pour dire que la seule implantation de panneaux à 40 km à l’heure est une mesure inutile. Je ne comprends donc pas pourquoi la Ville persiste à vouloir aller vers ça», explique-t-il, ajoutant que des résidents de son quartier sont déjà en action depuis plusieurs mois pour voir à implanter le concept de «rues conviviales» dans ce quartier, comme il se fait déjà dans d’autres municipalités dont Sainte-Julie.

«On se structure, car nous sommes les mieux placés pour connaître les problèmes dans notre quartier. Oui, il y a deux ou trois rues qui sont problématiques et elles sont bien identifiées. On travaille donc à implanter une solution plus globale, et ça passe par des contrats citoyens, par de la sensibilisation auprès des voisins en faisant du porte-à-porte, par l’amélioration de la visibilité l’hiver, même par des aménagements qui peuvent permettre de faire ralentir les véhicules», croit Stéphane Guay, qui invite tous les citoyens de son secteur à se prononcer contre l’implantation du projet pilote.