Pierre-Benoît Fortin

Pierre-Benoît Fortin: la ténacité dans l’adversité [VIDÉO]

TROIS-RIVIÈRES — On peut reprocher bien des choses à Pierre-Benoît Fortin, mais certainement pas de manquer de ténacité. Le quatrième candidat à s’être déclaré dans la course à la mairie de Trois-Rivières, quelques heures avant la fermeture des mises en candidature, a été d’à peu près toutes les élections municipales depuis les quatorze dernières années, avec des tentatives au niveau provincial également.

D’abord candidat pour le poste de conseiller municipal dans Sainte-Marthe en 2005 et 2009, puis candidat à la mairie en 2013, il aura fait sa marque lors d’un débat télévisé musclé où il s’en était constamment pris au maire de l’époque Yves Lévesque, laissant les grands titres conclurent que le grand gagnant de la soirée avait été l’indiscipline.

Peu impressionné de cette défaite, Pierre-Benoît Fortin avait retenté sa chance en 2015 dans l’élection partielle de Châteaudun à la suite du décès du conseiller de l’époque, Jean Perron. Puis, le Parti conservateur du Québec en faisait son candidat en 2018, avant qu’il ne tente de nouveau sa chance dans cette course à la mairie.

«J’ai à coeur la population. Je m’attache beaucoup à la ville. On ne jette pas la serviette de même. On continue et c’est tout», répond le candidat lorsqu’on le questionne sur ses motivations de toujours revenir à la charge, malgré des résultats souvent anémiques.

Dans toutes ses campagnes électorales, Pierre-Benoît Fortin est toujours demeuré fidèle à lui-même: franc-parler, pas de gants blancs et surtout pas de détours. Il a son agenda politique, les sujets qu’il souhaite amener sur la place publique. Si, au cours de l’entrevue, on l’emmène sur un terrain qu’il n’aura pas développé dans son programme électoral, il ne passera pas par quatre chemins, il admettra candidement ne rien avoir prévu pour ça.

N’attendez donc pas d’engagement de sa part au sujet du développement du port de Trois-Rivières ou de la rétention des jeunes. Par contre, l’implantation du transport en commun gratuit, l’élimination de milliers de fosses septiques et la pyrrhotite, il en fera ses priorités, lui qui semble porter également une affection particulière pour l’Orchestre symphonique de Trois-Rivières lorsqu’on aborde le thème de la culture.

C’est par le transport en commun gratuit que pourra se régler une très grande partie de la crise de la main-d’oeuvre, car on pourra remettre au travail une partie de la population qui n’a pas les moyens de se déplacer pour aller travailler, est d’avis M. Fortin. «Je suis allé voir les gros employeurs et les moyens employeurs et eux m’ont dit que c’était une bonne affaire pour eux autres. Aussi, l’horaire du transport en commun n’est pas adapté aux besoins de ces travailleurs. On a un manque d’employés au niveau de la restauration et ce sont des employés à faible revenu la plupart du temps», constate le candidat qui entend financer le manque à gagner de cette importante mesure avec les surplus dégagés par la Ville.

En outre, bien que les représentations entourant la venue du train à grande fréquence (TGF) à Trois-Rivières se poursuivent un peu partout dans la région, M. Fortin est plutôt d’avis que c’est avec un train à grande vitesse (TGV) que l’on réussira réellement à se démarquer pour le développement économique. «C’est un projet que j’ai soumis il y a 20 ans. Il faut remettre sur la table une idée de train à haute vitesse, pour diminuer le temps de transport entre les villes. J’ai parlé avec des sénateurs et ils sont d’accord avec ça. On est en situation électorale fédérale, alors il va falloir prioriser l’aéroport et aussi le train à haute vitesse. Si on augmente la visibilité à l’aéroport et qu’on a le train à haute vitesse, ça apportera beaucoup», croit celui qui rêve de voir venir s’installer des édifices gouvernementaux à Trois-Rivières grâce à cet équipement.

Quant à l’aéroport, M. Fortin dit avoir entamé des démarches il y a quelques semaines pour établir la possibilité d’amener des vols supplémentaires ici. S’il a essuyé des refus de certaines compagnies de type low cost, il se dit confiant de pouvoir amener ici des compagnies qui permettront des vols vers des destinations d’affaires, comme Toronto par exemple. Les projets d’agrandissement de l’aérogare devront se concrétiser, mais le candidat entend étudier à fond la question des coûts liés à cette construction. «Ils parlent d’un bâtiment de 12M$. Il faudra voir. Ils parlent d’un toit vert. Mais il faudra regarder ce qu’on peut se permettre. Si on peut avoir un bâtiment qui va coûter 8M$ et qui sera fonctionnel, on va se payer un bâtiment qu’on peut se payer, et non 12M$», mentionne Pierre-Benoît Fortin.

La question environnementale, selon lui, passe d’abord par l’élimination de plusieurs milliers de fosses septiques dans le secteur est de la Ville, spécialement à Saint-Louis-de-France et Sainte-Marthe, où la Ville devra investir dans les infrastructures. M. Fortin veut également travailler avec l’Institut de recherche sur l’hydrogène afin de revoir le système énergétique des véhicules de la Ville et ainsi diminuer l’empreinte écologique.

Mais peu d’investissements seraient à prévoir dans les secteurs ouest de la ville s’il accédait à la mairie. «Les gens du bas du Cap voudraient qu’on investisse dans le bas du Cap parce que là, ça s’en va en décrépitude. Les gens de Trois-Rivières-Ouest et Pointe-du-Lac, ils aiment mieux venir ici, au centre-ville de Trois-Rivières. Les gens de Cap-de-la-Madeleine, ils sont particuliers. Il y a un fort sentiment d’appartenance au Cap, alors il faudrait améliorer les parcs et développer des centres culturels dans ce coin-là. On peut le faire, on peut se le permettre», soutient-il.

Le candidat est aussi d’avis que l’asphaltage des rues, tout comme l’entretien des trottoirs, devra se planifier un peu mieux, lui qui souhaite travailler «de façon préventive plutôt que curative». «Il faudrait établir un budget d’asphaltage sur 20 ans, établir les priorités et se garder un 10% pour le curatif», avance-t-il, en s’intéressant également à l’entretien des trottoirs. «Je suis allé au centre-ville cet hiver et il y avait de la glace partout, ça n’avait pas de bon sens. On ne peut pas laisser une ville de même et attendre que ça fonde. Il faut faire le travail. Ça n’a pas de bon sens comment cette ville-là n’est pas entretenue, moi je n’en reviens pas», clame-t-il.

S’il devait accéder à la mairie, Pierre-Benoît Fortin souhaiterait rencontrer l’ensemble des conseillers, un par un, pour établir avec chacun leurs priorités et voir de quelle façon le travail d’équipe pourrait se faire. Mais pas question pour lui de donner son aval à des projets qui n’auraient pas auparavant été budgétés de façon sérieuse, indique le candidat, citant en exemple le dossier de Vision zéro.