Pénurie de main-d’oeuvre: plus cher pour ramasser les ordures à Trois-Rivières

Paule Vermot-Desroches
Paule Vermot-Desroches
Le Nouvelliste
TROIS-RIVIÈRES — La pénurie de main-d’oeuvre frappe une nouvelle fois au coeur du budget de la Ville de Trois-Rivières, qui devra plonger un peu plus la main dans sa poche au cours des prochaines années pour la collecte des déchets et des encombrants. Le conseil municipal de Trois-Rivières a octroyé, en séance spéciale mardi matin, huit contrats pour plus de 24,7 M$ afin d’assurer la collecte des déchets et des encombrants et ce, jusqu’en avril 2028. 

Selon Dominic Thibeault, chef de division environnement à la Direction des travaux publics, il s’agit grosso modo d’une augmentation d’un peu moins d’un million de dollars par année sur le budget de la Ville, soit de 15 % à 17 % plus cher que par le passé. L’augmentation des coûts du carburant mais plus particulièrement la pénurie de main-d’oeuvre seraient à l’origine de cette augmentation.

«On s’attendait à ce que les prix montent, c’est ce qu’on observe à l’échelle du Québec. La situation de la main-d’oeuvre n’est pas étrangère à ça. Les entrepreneurs de collectes ont quand même beaucoup de difficulté à recruter des chauffeurs, des mécaniciens. C’est une situation qui augmente les prix», explique M. Thibeault.

En effet, les entrepreneurs qui soumissionnent peinent actuellement à recruter de la main-d’oeuvre et n’ont d’autre choix que de revoir les conditions offertes aux employés pour les maintenir en poste. 

«Ce n’était pas anticipé dans le budget puisque les contrats de 2021 ne sont pas encore budgettés, mais c’était appréhendé. On savait qu’on s’enlignait vers une augmentation de cette ampleur», signale le maire Jean Lamarche.

Par ailleurs, la Ville a opté pour un maintien du niveau de service actuel, alors qu’elle aurait pu réaliser une économie substantielle en choisissant, par exemple, d’assurer la collecte des déchets aux deux semaines, et ce, même l’été. «Tous les contrats ont été fait avec l’option 39 collectes par année. Certains entrepreneurs nous disaient que si on tombait à 26 collectes, soit à toutes les deux semaines durant toute l’année, on économiserait beaucoup. Ces scénarios B ont été rejetés. L’économie était là mais en terme de niveau de services on jugeait que ce n’était pas adéquat», considère Dominic Thibeault.

Sept ans

Du coup, la Ville choisit d’assurer l’octroi de contrats de la collecte des déchets sur sept ans. Les contrats octroyés mardi pour la collecte des déchets s’échelonnent en effet d’avril 2021 à avril 2028, ce qui vient sécuriser les investissements des entrepreneurs en plus de permettre aux fonctionnaires de mieux prévoir la planification budgétaire. 

«Le fait qu’on octroie des contrats d’avance, c’est dans le but de permettre aux entrepreneurs de mieux se planifier et de savoir d’avance à quoi ils vont s’attendre en terme de reddition de services. Ce que ça permet aux entrepreneurs, c’est d’immobiliser des camions, donc de pouvoir acheter des camions pour pouvoir réaliser le contrat avec le contrat en garantie. Ça permet à l’entrepreneur de s’optimiser et chaque fois qu’il s’optimise, c’est le citoyen qui paie un petit peu moins cher» signale Dominic Thibeault, précisant que c’est la première fois que la Ville octroie des contrats pour la collecte des déchets sur une aussi longue période, mais que cette pratique est déjà en vigueur à la Régie de gestion des matières résiduelles de la Mauricie pour la collecte sélective.

«De pouvoir travailler sur sept ans et d’avoir quelque chose de statutaire, c’est déjà bien, pour nous c’est là qu’on va pouvoir le prévoir. Ça tient compte de la réalité du marché, et le fait de négocier comme on a fait là nous permet de limiter à cette augmentation-là», ajoute le maire Jean Lamarche.

Les contrats pour la collecte des encombrants, eux, entreront en vigueur dès le mois d’avril 2020 pour la même période.

La Ville avait également envisagé l’option de faire la collecte des déchets en régie, et avait demandé des soumissions pour des camions lui permettant de le faire. Or, ce scénario n’a pas été retenu et les soumissions ont toutes été rejetées, mardi matin.

Pour la collecte des déchets, quatre des cinq contrats ont été octroyés à l’entreprise GFL Environnemental, alors que le cinquième contrat est octroyé à Tersol. En ce qui concerne les encombrants, trois contrats seront partagés entre les compagnies Multi-travaux F.B. et Multi-Boulot.