Les travaux qui s’éternisent à la piscine de l’UQTR faussent les données sur les taux de fréquentation habituels. Avant sa fermeture, celle-ci n’était pas utilisée au maximum de sa capacité.

Pas de nouvelle piscine intérieure à Trois-Rivières

TROIS-RIVIÈRES — La Ville de Trois-Rivières ne prévoit pas construire une nouvelle piscine intérieure malgré la situation qui prévaut sur le territoire actuellement. Saisie d’une pétition signée par plus de 3400 citoyens et lancée par la citoyenne Isabelle Perron-Blanchette, la Commission sur la culture, les loisirs et la vie communautaire s’est penchée sur ce dossier, le 26 juillet. Les six fonctionnaires, quatre élus et deux citoyens qui composent ce comité ont dit non à la proposition.

Le sujet ne sera même pas amené au conseil municipal pour être débattu, précise Guillaume Cholette-Janson, responsable des relations avec les médias à la Ville de Trois-Rivières.

C’est que le comité se base sur des données d’achalandage fournies par l’UQTR selon lesquelles, avant sa fermeture, cette piscine n’était pas au maximum de sa capacité.

Le président de la Commission et conseiller du district de Pointe-du-Lac, François Bélisle, explique que la Ville «essaie d’éviter les hausses de taxes. On n’est plus dans les surplus», explique-t-il.

«Si à un moment donné les gens reviennent, on en reparlera au conseil», nuance-t-il. «Pour l’instant, c’est difficile pour nous de dire go avec les statistiques qui nous disent que lorsque toutes les piscines fonctionnent, il n’y a pas de problème de plages horaires.»

«La Ville essaie d’être de moins en moins propriétaire. L’argent ne pousse pas dans les arbres», plaide-t-il en rappelant tous les autres travaux coûteux à faire dans la Ville au cours des prochaines années.

M. Bélisle assure qu’une présentation avait été faite, il y a quelques mois, par l’UQTR, le Cégep de Trois-Rivières et le Centre de formation professionnelle Bel-Avenir (piscine du DLS) afin de faire le point sur l’achalandage des piscines intérieures sur le territoire. «Le traitement a été fait avec de bonnes statistiques», assure-t-il. Le conseiller estime qu’actuellement, toutefois, «un gros morceau est manquant, soit l’UQTR et ce morceau-là ne devait pas être manquant aussi longtemps.»

Sur le site de l’UQTR, on peut maintenant lire que la fin des travaux de réfection de la piscine pourrait être repoussée jusqu’à l’hiver 2020. L’établissement refuse de commenter la situation parce que «des démarches judiciaires ont été amorcées».

Le conseiller Bélisle est encore plus déçu. Il s’était fait parler du printemps 2020. «Il va peut-être falloir que l’UQTR finisse ses foutues rénovations», fulmine-t-il. «Après, s’ils ont des poursuites, ils concluront. Je ne peux pas croire qu’ils vont laisser leurs propres étudiants et la population en otages», fait-il valoir.

En attendant, la Ville se fie sur ses partenaires ayant divers plateaux sportifs. «Je trouve dommage que ce soit la Ville qui ramasse les pots», déplore le conseiller. M. Bélisle croit qu’il faudrait une intervention des députés dans le dossier de l’UQTR comme ça s’est déjà fait dans d’autres dossiers en lien avec l’Université.

Les travaux à la piscine du CAPS, rappelons-le, sont interrompus depuis plusieurs mois et il n’est pas possible de savoir dans combien de mois, voire d’années peut-être, elle pourra rouvrir. La piscine avait d’abord été fermée l’été denier pour des travaux de rénovation. Des imprévus sont survenus au cours de ces travaux obligeant l’UQTR à les suspendre. Lors d’une entrevue accordée au Nouvelliste en mars dernier, le recteur, Daniel McMahon, avait expliqué que «le béton situé des deux côtés longs de la piscine s’effrite et doit donc être remplacé. L’Université a dû entreprendre des démarches juridiques qui empêchent la poursuite des réparations. On ignore toujours quand le tribunal entendra cette cause.

Il s’agit, rappelons-le, de la seule piscine de 50 mètres dans la région. Selon le site web de l’UQTR, 30 000 personnes la fréquentent chaque année.

Avant sa fermeture temporaire, la piscine du CAPS répondait aux besoins de la population. Si l’on construisait une nouvelle piscine, explique le conseiller Bélisle, lors de la réouverture de celle de l’UQTR, on serait en surplus.

La Ville, ajoute-t-il, ne dirait pas non, toutefois, à un projet particulier assorti de subventions, comme un centre de triathlon ou un centre d’excellent de Natation Canada, par exemple. «On regarderait ça sérieusement», assure-t-il.