L’animatrice et productrice Marie-France Bazzo sera la conférencière invitée dans le cadre du dîner-bénéfice de la Fondation Carpe Diem qui aura lieu le 14 février prochain à l’Hôtel Delta de Trois-Rivières.

Mieux comprendre la maladie

TROIS-RIVIÈRES — La Fondation Carpe Diem présentera son 20e dîner-bénéfice le 14 février prochain à midi et la conférencière invitée est la productrice et animatrice très connue Marie-France Bazzo.

Si son foisonnant parcours professionnel justifierait amplement un rôle d’invitée d’honneur, c’est son intérêt personnel envers la maladie d’Alzheimer qui rend sa présence plus pertinente encore. En découvrant que sa mère était atteinte de la maladie il y a quelques années, la journaliste a été amenée à s’intéresser de plus près à la maladie et tout ce qu’elle a de conséquences non seulement sur la personne atteinte mais sur les gens qui l’entourent.

Sa démarche s’est traduite par un fascinant documentaire audio qu’elle a réalisé et qu’on peut trouver sur le site de ICI Radio-Canada Première dans la section des Grandes séries.

Le titre, Fais ce qui est le mieux pour moi, est en soi très évocateur puisqu’il est le point de départ de toute la démarche de la documentariste. C’est la phrase que sa mère lui a adressée devant la nécessité pour la fille de s’impliquer pour l’aider à affronter la maladie d’Alzheimer.

Dans une recherche rigoureuse qui l’a amenée à rencontrer divers spécialistes mais aussi des personnes atteintes au même titre que des proches aidants, la journaliste explore la maladie, ses impacts, sa complexité. C’est dans ce contexte qu’elle a rencontré les gens de Carpe Diem.

«J’ai passé une journée à Carpe Diem, relate-t-elle. J’ai pu constater comment ils fonctionnent dans une approche vraiment intéressante. J’ai vu combien ils valorisent la stimulation, la liberté, la nécessité que les gens atteints continuent à se sentir utiles. J’ai vu beaucoup de sourires dans les visages et de la joie. En toute honnêteté, il faut aussi dire que ce n’était pas le cas de tout le monde, mais ça restait très réjouissant.»

«J’ai vu ce que ma mère manque puisqu’elle est à Montréal. Cela dit, elle est aussi très bien traitée dans une résidence privée. Ma conférence va donc parler de tout ce que j’ai appris, toujours dans la perspective très personnelle du cas de ma mère. Par ailleurs, j’ai tenu à aborder deux questions qui sont d’une brûlante actualité: l’élargissement de l’aide médicale à mourir de même que la situation des proches aidants.»

«Ce sont deux questions de société fondamentales et extrêmement intéressantes. On tient souvent pour acquis, par exemple, que les proches des personnes atteintes deviennent automatiquement des aidants naturels mais ce n’est pas le cas. Tous ne sont pas en mesure de le faire pour des questions de disponibilités ou même de personnalité. Par ailleurs, la notion de l’aide médicale à mourir exige une véritable réflexion en profondeur. Les valeurs catholiques dominantes qui ont marqué les générations antérieures vont être bousculées par les baby-boomers qui arrivent à l’âge où la prévalence de la maladie augmente. Je crois qu’ils vont apporter un nouveau point de vue sur la question.»

Évidemment, pour intervenir adéquatement dans le traitement de la maladie et l’accompagnement, il faut toutes sortes de ressources, dont de l’argent. C’est cet impératif qui justifie la présentation du dîner-bénéfice de Carpe Diem. L’événement aura lieu à l’hôtel Delta de Trois-Rivières et Nicole Poirier, directrice générale de l’organisme trifluvien indique qu’on pourra y accueillir jusqu’à 350 personnes. «Tout dépend de la vente des billets, mais on peut aller chercher autour de 25 000 $ grâce à cette activité et des dons viennent souvent s’ajouter à l’achat de billets. Comme on sera bientôt en campagne de financement pour la construction d’un agrandissement à la Maison Carpe Diem actuelle, ça prend encore plus d’importance.»

«Par ailleurs, malgré qu’on en parle davantage, il reste beaucoup de travail à faire côté sensibilisation. Il faut mieux faire comprendre la maladie et détruire certains préjugés tenaces. Par exemple, on parle de la maladie d’Alzheimer alors qu’il serait plus juste de parler des maladies d’Alzheimer parce qu’il y en a de nombreuses formes différentes. De notre côté, nous avançons, puisqu’aujourd’hui, le gouvernement nous appuie et s’il en est ainsi, c’est que dans la population en général, nous recevons un appui très important.»

À l’instar de Marie-France Bazzo, Nicole Poirier estime qu’une grande discussion collective doit se faire au sein de la population québécoise devant la possibilité d’élargir l’aide à mourir aux personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer. «Il faut plus d’une option. Il faut aussi discuter de l’aide à vivre.»

On peut se procurer des billets pour le dîner au coût de 100 $ en ligne (www.bit.ly/dinerbenefice2020), par téléphone (819-376-7063) ou courriel (info@carpediem.quebec).