François Bélisle passe son tour pour la course à la mairie.

Mairie de Trois-Rivières: François Bélisle ne sera pas de la course

TROIS-RIVIÈRES — Le conseiller municipal du secteur Pointe-du-Lac, François Bélisle, ne sera pas de la course à la mairie pour l’élection partielle du 5 mai prochain. Après quelques semaines de réflexion, le conseiller municipal constate que la responsabilité de maire de Trois-Rivières n’était pas, aux attentes de la population, compatible avec son envie d’être présent et investi auprès de sa famille et de ses deux jeunes enfants. Un constat qui lui fait dire aujourd’hui qu’une grande réflexion collective devra se faire dans les prochaines années à ce sujet.

«Je ne vois pas la course à la mairie comme un concours de popularité. La vraie job, elle commence quand tu es élu. Tu te dois de répondre aux attentes de la population envers la fonction de maire et présentement, Yves Lévesque a laissé une empreinte très forte dans l’esprit des gens comme étant un maire hyper présent, sept jours par semaine et 24 heures par jour. Comme conseiller, j’ai trouvé un juste équilibre  avec ma vie familiale et la population me suit là-dedans. Mais comme maire? J’ai un autre engagement qui est envers mes enfants. Ils sont petits, ils ont besoin de moi et moi j’ai besoin d’être présent dans leurs vies. Je crois qu’il y aurait eu moyen de concilier, mais les attentes de la population sont encore très élevées, et dans un tel contexte, je vais choisir mes enfants. Je ne pourrais pas, dans quelques années, me regarder dans le miroir en sachant que j’ai manqué la plus belle portion de mon rôle de père», confie celui qui est papa d’une fille de huit ans et d’un garçon de quatre ans.

François Bélisle confirme s’être souvent fait demander, au cours des dernières semaines, s’il comptait être autant présent que l’ancien maire advenant une élection à la mairie, ce qui a lourdement fait pencher sa réflexion. 

«Il va falloir que la population revoie ses attentes envers les élus, il va falloir que les choses changent, parce que les gens clament qu’ils veulent élire des gens comme eux. Mais ces gens-là, et plus particulièrement les hommes d’aujourd’hui, ils ont envie de s’investir auprès des enfants, d’être là pour aller les chercher à l’école, de s’investir dans le partage des tâches à la maison et d’avoir du temps de qualité en famille», remarque-t-il.

Par ailleurs, François Bélisle craint que le trop récent départ d’Yves Lévesque amène un évident clivage lors de la course à la mairie où les candidats se positionneront encore comme étant «pro» ou «anti-Lévesque», alors que lui espère que le débat s’élève plus haut que cette simple question. «On veut entendre parler d’un plan de match pour les prochaines années, mais je crains que le débat ne finisse par tournoyer sur deux camps», croit celui qui admire ceux qui ont également la sagesse de reconnaître que ce n’est pas le bon moment d’embarquer dans la course. 

«Ça prend du courage et un brin d’audace. Ça prend aussi du caractère et de la sagesse pour passer son tour. C’est facile d’embarquer dans le train sous les encouragements de quelques personnes, et que ces personnes t’oublient au lendemain de l’élection», croit celui qui est confiant de continuer à faire progresser ses idées à la Ville à titre de vice-président de l’exécutif et de président des commissions Culture, loisirs et vie communautaire ainsi que des Ressources humaines. 

François Bélisle n’entend pas rester neutre dans la course à la mairie, mais ne donne pour le moment son appui à aucun candidat, un choix qu’il se réserve pour plus tard. «J’ai hâte de voir les discours des candidats. Je crois qu’à Trois-Rivières, on a négligé d’avoir un rayonnement politique dans la région et au Québec. Nous sommes la capitale régionale et il est temps qu’on travaille de concert avec Shawinigan, La Tuque et Bécancour que j’inclus dans l’équation. Il faut assumer notre leadership. Alors non je ne resterai pas neutre, c’est trop important ce qui est travaillé à la Ville. Je vais voir les gens exposer les programmes et je prendrai position. Mais le candidat qui parlera de responsabilité fiscale et du respect de la capacité de payer des contribuables aura certainement une écoute attentive de ma part», résume celui qui dit également respecter ses collègues qui préféreront rester neutres dans le débat, tout comme ceux qui ont déjà choisi d’appuyer un candidat.

À ce jour, deux candidats ont confirmé leur candidature, soit Jean-François Aubin et Éric Lord.