Des professeurs de l’UQTR interpellent les candidats à la mairie.

L’UQTR s’invite dans la campagne à la mairie

TROIS-RIVIÈRES — La Ville de Trois-Rivières peut-elle en faire davantage pour favoriser la coopération avec l’Université du Québec à Trois-Rivières et tirer parti de l’un de ses principaux atouts de «ville universitaire»? C’est la question que posent plusieurs professeurs de l’UQTR, dans une lettre ouverte cosignée et publiée dans nos pages ce matin. Le regroupement de professeurs, dont plusieurs sont membres de l’exécutif syndical des professeurs, interpelle directement les candidats à la mairie sur cette question, un message qui n’a pas tardé à trouver écho auprès des principaux concernés.

«Main dans la main, l’UQTR et notre ville peuvent créer un environnement de travail unique et porteur d’espoir pour notre région et, par-delà, pour le Québec tout entier. (...) Trois-Rivières, ville universitaire: c’est notre principal atout pour aujourd’hui et pour demain. Mais quel est donc le plan de chacun des candidats à la mairie de Trois-Rivières pour tirer parti de cet avantage incomparable, pour favoriser cette coopération et concourir au développement de notre université», demande ce groupe de sept professeurs dans cette lettre.

Questionnés sur cet enjeu, les quatre candidats à la mairie n’ont pas tardé à réagir, lundi, chacun d’eux visiblement préparé à présenter des engagements concrets en ce qui concerne des partenariats à développer avec l’institution d’enseignement.

Eric Lord

Le candidat Éric Lord a d’ailleurs admis avoir été «scoopé» par le groupe de professeurs, lui qui comptait en faire un engagement majeur de sa campagne et présenter ses idées dans un point de presse à venir. Celui qui a eu l’occasion de discuter avec le recteur lors de la préparation de sa campagne électorale indique vouloir créer une «alliance sans précédent» avec l’UQTR s’il est élu, le 5 mai prochain.

«Pour notre bénéfice respectif, il faut développer cette alliance. Je veux prôner le partage d’une vision commune, car l’UQTR est un atout majeur pour une ville innovante. De notre côté, il faut aussi savoir créer un milieu de vie dynamique, car le milieu de vie est souvent déterminant dans le choix des futurs étudiants ou encore des futurs diplômés», mentionne Éric Lord.

Des partenariats avec la Ville sont donc, pour M. Lord, fortement envisageables dans le transfert de connaissances, l’utilisation des équipements et plateaux sportifs, le recrutement des étudiants et de la main-d’œuvre de même que le soutien à l’entrepreneuriat étudiant.

Par ailleurs, comme il s’est fait avec le centre d’entrepreneuriat du Cégep de Trois-Rivières, Éric Lord aimerait que certaines fonctions de l’UQTR, notamment des centres de recherches, soient délocalisées du campus pour favoriser un meilleur rayonnement et une plus grande présence de l’université dans la communauté.

Jean-François Aubin

Le candidat Jean-François Aubin s’est dit heureux de savoir que les professeurs, autant que l’administration avec qui il a pu s’entretenir, démontraient publiquement cette volonté de collaborer avec la Ville. «Je suis content de voir à quel point tous ces gens semblent soucieux de voir l’UQTR se tourner encore plus vers son milieu. C’est appréciable et de mon côté aussi, il y aura toujours de l’ouverture», évoque M. Aubin.

Selon M. Aubin, qui rappelle par ailleurs que la même recette peut également s’appliquer aux institutions collégiales que sont le Cégep et le Collège Laflèche, la collaboration accrue de l’UQTR et de la Ville doit passer par deux moyens concrets. D’abord, par la mise en place d’une table d’action permanente entre les institutions d’enseignement et la Ville. Puis, par le fait de déléguer un employé municipal au Service du partenariat de l’UQTR. «Au fur et à mesure que se présenteront les opportunités de partenariat, il faut savoir saisir ces opportunités et faire rapidement le lien. Il y a déjà un bon travail qui se fait, mais la présence d’un employé municipal dans l’équation accélérera le tout», croit M. Aubin.

Le candidat reconnaît par ailleurs que la richesse que représente l’UQTR en ce moment pour Trois-Rivières ne rejaillit pas suffisamment, et entend se consacrer à améliorer cette situation.

Jean Lamarche

Pour Jean Lamarche, la présence de l’UQTR dans ce qu’il qualifie de «Carrefour du savoir» devient un élément central d’un plan de développement durable, notamment en ce qui concerne la planification des modes de transport alternatif par la Ville. Dans ce quadrilatère composé de l’UQTR, du Cégep, du Collège Laflèche et du CIUSSS, la Ville doit s’employer à développer le réseau de transport alternatif dans un rayon de cinq kilomètres, est d’avis Jean Lamarche. Une vision qui comprend ainsi la construction d’une passerelle pour vélos sous le pont de chemin de fer de la rivière Saint-Maurice, ou encore l’amélioration des circuits d’autobus dans ce secteur.

M. Lamarche rappelle par ailleurs que l’Open Trois-Rivières, le district entrepreneurial innovant du centre-ville, favorise déjà l’implantation des pratiques innovantes développées à l’UQTR, et qu’avec la collaboration d’IDE Trois-Rivières, la Ville pourrait renforcer ce lien avec l’université, notamment avec le développement de biotechnologies et de biomatériaux. Il considère aussi important de créer des partenariats afin de partager les équipements sportifs et culturels. «Le 50e anniversaire de l’UQTR sera célébré avec un grand spectacle à l’Amphithéâtre Cogeco. C’en est un parfait exemple», mentionne-t-il.

Pierre-Benoît Fortin

Quant à lui, Pierre-Benoît Fortin aimerait voir s’implanter une table de concertation entre la Ville et l’UQTR, une table qui se réunirait annuellement pour envisager les différents partenariats à établir et les actions à poser.

«Avec l’Institut de recherche sur l’hydrogène, il y a de beaux projets à développer pour le transport en commun, ou encore pour l’utilisation de nouveaux types de carburants dans les véhicules de la Ville. Il y a un beau lien à faire avec les recherches de ce côté. Je crois également qu’avec l’Institut sur les PME et les divers départements, la Ville pourrait créer des partenariats afin de favoriser la rétention des étudiants et des stagiaires», croit M. Fortin, qui rappelle que cette table de concertation aurait tout intérêt à travailler en amont des dossiers, et non en mode «curatif».