La reprise des travaux sur la toiture de l'amphithéâtre n'est pas assurée à court terme, et ce, même si la Ville et la firme Groupe ADF ont réglé une partie du litige les opposant.

Litige avec ADF: la Ville règle... en partie

Le litige qui oppose la Ville de Trois-Rivières et ses mandataires à la firme Groupe ADF, chargée de la construction du toit de l'amphithéâtre de Trois-Rivières sur Saint-Laurent, a été en partie réglé, lundi soir lors du conseil municipal. Toutefois, le règlement survenu ne semble pas annoncer pour autant la reprise imminente des travaux sur la toiture, dans ce dossier qui semble toujours gagner en complexité.
D'une part, la Ville a reconnu une partie de la responsabilité des nouvelles directives de chantier données par le consortium Dessau-Pluritec à Groupe ADF. Elle règle ainsi pour un montant d'un peu plus de 822 000 $ (740 000 $ plus les taxes qui seront récupérables), deux réclamations de l'entreprise, soit pour la charpente métallique de la toiture principale ainsi que la charpente métallique secondaire.
Or, si le conseil municipal a adopté à l'unanimité cette entente, il rejette avec la même unanimité trois autres réclamations de l'entreprise, qui totalisent cette fois 3 938 000 $.
Ces réclamations comprennent des tours temporaires de montage pour un peu plus de 517 000 $, ainsi que les frais de retards liés aux nouvelles directives de chantier pour plus de 3,1 M$. Du même coup, Groupe ADF réclame les frais liés à sa démobilisation, lorsque l'entreprise a quitté le chantier en septembre dernier, devant l'impasse du litige l'opposant à la Ville. L'entreprise estime ces coûts à plus de 316 000 $.
«Les retards ne sont pas occasionnés par la Ville, ni par les directives de chantier», a martelé le maire Yves Lévesque, lundi soir. «Les directives, c'est du matériel», ajoute le directeur général, Pierre Desjardins. Ainsi, à la recommandation de ses avocats, la Ville accepte de faire un pas en avant, mais ne reconnaît pas tout ce qu'ADF lui reproche. «On montre notre bonne foi là-dedans et on espère qu'ADF fera aussi son bout de chemin», ajoute Yves Lévesque.
De son côté, l'entreprise comprend mal comment la Ville peut reconnaître être responsable d'un fait, mais pas des conséquences qui en découlent, soit les retards de chantier dans le cas présent.
Caution
La porte de sortie de la Ville dans ce litige résidait en la caution, soit l'intervention de l'assureur en cas de litige qui permettait à la Ville de forcer d'une façon ou d'une autre la reprise des travaux sur le chantier. Or, selon une lettre envoyée hier par la compagnie d'assurances et dont Le Nouvelliste a obtenu copie, l'assureur refuse d'intervenir à ce stade-ci du litige.
Le règlement partiel du litige devrait cependant, selon le maire et le directeur général, faire changer d'idée l'assureur puisque ce dernier exigeait que les factures en défaut de paiement soient réglées, idéalement dans une entente entre les deux parties, ce qui a été entériné lundi soir.
Par contre, pour la suite des choses, le maire n'a pas voulu s'avancer sur la stratégie choisie, mais assure que la Ville fera ce qu'il faut pour faire valoir ses droits. «Quand on va en appel de propositions, ça peut arriver et malheureusement, ça nous est arrivé. On est dans une société de droit alors les gens font valoir certains points de vue. Nous, on a accepté de régler une partie du litige. L'autre partie, on fait valoir notre point de vue. On suit les procédures légales», a-t-il déclaré.
La Ville mise toujours sur une réintégration de l'entreprise sur le chantier vers la fin du mois de mars. Or, cette option voudrait dire un règlement très rapide, d'ici deux ou trois semaines, puisque ADF aurait besoin de plusieurs semaines pour se remobiliser et espérer réintégrer le chantier à la date voulue. L'entreprise a déjà fait savoir qu'elle reviendrait sur le chantier advenant la volonté de la Ville d'aller en arbitrage dans ce dossier. Une option que la Ville ne favorise pas pour le moment, mais n'écarte pas non plus.
«On verra. Nous n'en sommes pas rendus là. Ce soir, on vient de confirmer les changements de directives de chantier qui ont été effectués à la demande des mandataires de la Ville. Il y a des avantages et des désavantages à chacune des décisions qu'on pourrait prendre. On ne va pas divulguer la procédure qu'on va prendre», ajoute Yves Lévesque.
Un dossier d'une telle ampleur, s'il devait être amené devant un juge, pourrait prendre plusieurs mois, voire quelques années, avant d'être entendu. Or, la Ville mise toujours sur une inauguration officielle de l'amphithéâtre pour le printemps 2015.