Si l’on en croit le Plan triennal d’immobilisations, qui est par ailleurs toujours en chantier avec le nouveau conseil municipal, le projet de fontaine/jeux d’eau sur l’esplanade de l’amphithéâtre sera abandonné.

Les jeux d’eau abandonnés?

TROIS-RIVIÈRES — Le projet de construction de jeux d’eau sur l’esplanade près de l’Amphithéâtre Cogeco sera-t-il abandonné? La question se pose plus que jamais depuis que le projet, qui apparaît au Plan triennal d’immobilisations actuellement en chantier avec le nouveau conseil municipal trifluvien, a été indiqué comme «projet abandonné» sur le document.

Selon le document que Le Nouvelliste a pu consulter, le projet qui apparaissait au Plan triennal d’immobilisations (PTI) 2018-2020, apparaît bel et bien dans la liste des projets discutés au PTI, mais a été surligné en mauve, une couleur qui, selon la légende soumise aux élus, signifie «projet abandonné».

Lorsque questionné là-dessus, lundi, le maire Yves Lévesque a d’abord dit qu’il ne ferait pas de commentaires. Plus tard dans la journée, il a rappelé Le Nouvelliste pour préciser que le projet était toujours inscrit au PTI comme faisant partie des projets qui devront être discutés. Le conseil doit en effet se réunir de nouveau au cours des prochains jours pour travailler sur l’ensemble du PTI, ce qui n’a pu être complété lors d’une première réunion, jeudi dernier.

Diverses personnes proches du dossier et contactées par Le Nouvelliste ont toutefois indiqué que selon leur compréhension des choses et comment le tout avait été présenté, le projet semblait bel et bien abandonné. 

On se souviendra que le projet avait fait couler beaucoup d’encre dans la dernière année, alors qu’il avait été adopté sur division par l’ancien conseil municipal. L’ancien conseiller de Marie-de-l’Incarnation et candidat défait à la mairie Jean-François Aubin s’y était farouchement opposé, rappelant que le projet devait au départ être une fontaine, ce qui remettait en question sa pertinence, ses coûts et son emplacement. Initialement prévu à 1,8 M$, le projet avait finalement été ramené à 1,5 M$, ne convainquant toujours pas trois conseillers qui s’étaient prononcés contre. Outre M. Aubin, Pierre-Luc Fortin et François Bélisle avaient opposé leur vote à ce projet. Les deux hommes ont été réélus le 5 novembre dernier et se retrouvent autour de la table pour discuter du PTI.

Joint lundi pour commenter le dossier, Pierre-Luc Fortin a indiqué qu’il était satisfait que le projet ne semble plus faire partie des plans. «À l’époque je le disais, et je le pense encore, ce n’est pas la bonne dépense à la bonne place. Si, comme on disait, c’était pour encourager la vocation familiale, je pense qu’avec 1,8 M$, on aurait pu faire mieux ailleurs», indique-t-il.

Le conseiller du district des Estacades n’était pas en mesure de dire si le projet aurait été adopté ou non par le nouveau conseil, étant donné que le projet ne sera vraisemblablement pas soumis au nouveau conseil. «Je ne peux pas présumer que mes collègues se seraient prononcés contre en majorité. Par contre, à mon avis, je crois que dans ce dossier, on n’a jamais atteint le niveau nécessaire d’acceptabilité sociale», ajoute-t-il.

De son côté, François Bélisle a préféré parler au conditionnel, puisque le PTI n’a pas encore été adopté et que du travail demeure à faire. «Si c’est effectivement le scénario qui se dessine, je vais dire que ce sera le gros bon sens qui aura parlé. Si c’est vrai, c’est qu’on aura répondu aux préoccupations de la population. Ce n’est pas un projet laid, pas dénué de sens, mais est-ce une dépense nécessaire dans un contexte où on se sert la ceinture», se demande-t-il.