Les immeubles sous la loupe du VG

TROIS-RIVIÈRES — Des lacunes significatives observées dans la gestion des immeubles publics, de même que des améliorations à apporter aux procédures liées à la sécurité civile et aux mesures d’urgence, voilà les principales constatations qui ressortent du plus récent rapport du vérificateur général de la Ville de Trois-Rivières, Jacques Bergeron. Le document, déposé mardi soir au conseil municipal, sera d’ailleurs détaillé aux médias ce mercredi à l’occasion d’une conférence de presse.

Au cours de deux audits d’optimisation des ressources qu’il a pu compléter depuis son entrée en poste en septembre 2018, Jacques Bergeron s’est notamment intéressé à la gestion des immeubles, un exercice qui lui a permis de relever d’importantes lacunes dans l’entretien de plusieurs bâtiments, dont certains sont désormais considérés comme étant en très mauvais état.

«La Ville ne dispose pas d’une vision globale à court, à moyen et à long terme de son parc immobilier. Cette lacune a comme conséquence qu’elle gère ses immeubles au cas par cas sans réelle vue d’ensemble de son parc immobilier», peut-on lire dans le rapport.

Le vérificateur général fait remarquer que la Ville s’est fixé un objectif de ne pas dépasser l’indice de vétusté physique (IVP) de ses immeubles de 14 %. Or, selon ses vérifications, 70 des 407 immeubles de la Ville dépassent l’IVP cible de 14 %. De ce nombre, on note l’aréna Jean-Guy-Talbot (IVP de 58 %), le Pavillon des bovins du parc de l’Exposition (IVP de 54 %), le Pavillon Richelieu de l’Île Saint-Quentin (IVP de 50 %) et l’aérogare de l’aéroport de Trois-Rivières (IVP de 48 %). D’autres arénas dépassent également cet IVP, soit le Colisée de Trois-Rivières (32 %), l’aréna Claude-Mongrain (28 %) et l’aréna Jérôme-Cotnoir (17 %).

«Le montant à investir pour maintenir le parc immobilier dans un état de santé, soit une cible d’IVP de 14 %, et amorti sur une période de cinq ans, est estimé à 3 390 000 $. Quant au déficit d’entretien cumulé, qui correspond à la somme de tous les coûts des travaux qui auraient dû être faits, le système nous indique une somme de 40 351 000$ sur cinq ans par rapport à une valeur totale de remplacement de 286 071 827 $, soit un IVP de 16 % au 31 décembre 2018», ajoute le rapport.

La Ville signale, de son côté, être parfaitement consciente de l’état des immeubles dont elle a la charge, et ne pas avoir eu de grandes surprises dans ce rapport annuel. Toutefois, un programme de gestion des immeubles a été mis en place au cours des dernières années, permettant un meilleur suivi des immobilisations et classant les interventions à faire par ordre de priorité. En moyenne, pas moins de 4 M$ sont désormais prévus annuellement pour la mise à niveau des immeubles de la Ville, indique-t-on.

Parc Laviolette

Le dossier du bail à être renégocié avec le ministère des Transports pour les terrains du parc Laviolette n’a toujours pas été réglé, note le vérificateur général, rappelant que le bail entre les deux entités est échu depuis 2007. Puisque la Ville occupe ces terrains, y a aménagé un pavillon, une piste cyclable, un sentier piétonnier et une aire de jeu, Jacques Bergeron est d’avis que la situation devrait être régularisée le plus rapidement possible. La Ville a toutefois précisé qu’elle avait récemment proposé des scénarios permettant de régulariser la situation, et était en attente d’une réponse du ministère des Transports.

Mesures d’urgence

Bien que de nombreux efforts aient été déployés au cours des dernières années pour développer des outils afin d’agir en situation de crise, le vérificateur général note que des travaux demeurent encore à être réalisés. Par ailleurs, des générateurs de risques ont aussi été identifiés en ce qui concerne la présence d’entreprises menant des activités pouvant impliquer la présence de produits dangereux sans pour autant que la Ville en possède toutes les descriptions, une compétence qui relève du gouvernement fédéral.

Le vérificateur général est d’avis qu’en cas de fuite de matières dangereuses, une réponse efficace repose sur la connaissance de ces produits, de leurs effets sur la population et des moyens de mitigation à utiliser. La Ville précise toutefois que, bien que ce volet relève du fédéral, le Service des incendies, par le biais de ses préventionnistes, possède déjà une connaissance approfondie de l’ensemble des produits déployés dans les entreprises sur le territoire, et peut assurer une intervention efficace.

Ligne de dénonciation

Jacques Bergeron a par ailleurs profité de la publication de son rapport pour recommander la mise en place d’une ligne de dénonciation pour la Ville et les organismes sous son contrôle, un outil géré par une entité indépendante et déjà déployé dans plusieurs villes dont Québec, Lévis, Montréal, Longueuil et Laval. La Ville a indiqué prendre acte de cette recommandation et avoir l’intention de l’étudier.

Notons que le vérificateur général est toujours en train de réaliser un troisième audit, cette fois sur l’aide financière et non financière accordée par la Ville à des organismes. Il s’est engagé à déposer le rapport sur cette mission d’audit possiblement au début de décembre 2019.