Mario Fontaine, conseiller syndical pour le SCFP.

Les chauffeurs de la STTR exaspérés d’être pris à partie

TROIS-RIVIÈRES — Les chauffeurs d’autobus de la Société de Transport de Trois-Rivières (STTR) sont exaspérés d’être victimes du mécontentement populaire soulevé par les nouveaux circuits développés, et plaident pour un réinvestissement de la part de la Ville de Trois-Rivières dans le transport en commun. C’est du moins le message qui a été véhiculé par leur syndicat, vendredi, souhaitant du même coup que les usagers comprennent que les chauffeurs n’ont rien à voir avec ce qui se passe présentement.

«Les chauffeurs se font actuellement abuser verbalement, et ce, de manière quotidienne. Ça devient très difficile sur le plan humain. Qu’on se comprenne bien, nos chauffeurs font le travail et sont bien rémunérés pour le faire grâce à des conditions de travail qui ont été négociées. Sauf que présentement, nos chauffeurs veulent bien donner le service, mais ils ne sont pas responsables des nouveaux trajets et ne peuvent clairement pas les changer», insiste le conseiller syndical du Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP), Mario Fontaine.

Selon lui, la situation qui prévaut actuellement est un «triste legs» de l’ancienne administration municipale, qui n’a jamais souhaité investir davantage dans le réseau de transport en commun selon lui. «C’est un triste legs de l’ancienne administration municipale. Par le passé, on a choisi d’investir dans du béton au lieu d’investir dans les services aux citoyens. L’ancienne administration a laissé la maison en désordre et malheureusement, les salariés de la STTR en souffrent», ajoute Mario Fontaine, qui fait remarquer qu’avec un budget de 5M$ annuellement, la Ville de Trois-Rivières investit trois fois moins dans son réseau de transport que celui de Sherbrooke, qui bénéficie de 15M$.

M. Fontaine signale que dans le processus de refonte des trajets de la STTR, le syndicat n’a pas été consulté, sinon qu’au moment où le plan avait été élaboré, on l’a présenté au syndicat pour savoir s’il l’approuvait. Or, reconnaît-il, difficile de faire une véritable refonte efficace si les fonds nécessaires ne suivent pas. «On nous a dit qu’on allait faire un plan de transport à coût nul, mais ce n’est pas possible de repenser le réseau à coût nul. Dans les circonstances, force est de constater qu’on a fait le maximum qu’on pouvait faire avec les moyens qu’on avait», signale M. Fontaine.

Lors de la mise en place du nouveau réseau de transport, le syndicat soutient que les chauffeurs ont été sommés par la direction de ne pas parler aux médias ou sur la place publique, sous peine de sanctions. «Aujourd’hui, je me fais un peu leur porte-parole car plusieurs estiment qu’ils pourraient certainement y avoir des changements. Un comité a été mis en place d’ailleurs, auquel le syndicat a été invité, afin de trouver rapidement des solutions», a-t-il mentionné.

«Les chauffeurs ont leur travail à coeur et veulent donner un bon service. Mais il faut arrêter de taper sur la tête de la STTR si le réseau de transport n’est pas à la hauteur, car c’est avant tout une question de financement», ajoute Mario Fontaine.

maire

Appelé à commenter cette sortie publique, le maire de Trois-Rivières Jean Lamarche s’est avant tout dit solidaire des chauffeurs d’autobus et sympathique à leur cause, eux qui sont aux premières lignes pour subir le mécontentement de certains usagers. Le maire Lamarche ne se dit pas fermé à aucun scénario, mais estime que ce sera à la STTR de faire la démonstration d’un besoin supplémentaire au niveau du financement.

«De dire que c’est un triste legs, je n’en suis pas là. Il y a des choix qui ont été pris à l’époque. Maintenant, la STTR en est à faire des ajustements, elle est dans un processus de consultations également, et on entend les demandes des gens, notamment en ce qui concerne le terminus au centre Les Rivières, les transferts ou encore l’axe nord-sud dans le secteur Cap-de-la-Madeleine», mentionne le maire Lamarche.

Ainsi, explique le maire, si les réajustements nécessitent un réinvestissement de la part de la Ville, la STTR devra présenter ses demandes. «On ne fabrique pas de l’argent. On fait des choix. L’argent qu’on choisit d’investir là ne l’est pas ailleurs. Si les ajustements nécessitent qu’on réinvestisse, la STTR pourra nous en faire la démonstration, et ce sera au conseil municipal de trancher dans le cadre de l’élaboration du budget», conclut-il.