Les soeurs Sylvie et Marie-Josee Tardif ont ralenti la cadence depuis les dernières élections.

Le petit 40 heures des soeurs Tardif

La page a beau être tournée, il y a toujours des relents de passion politique. Depuis la défaite électorale du 3 novembre dernier, les soeurs Sylvie et Marie-Josée Tardif ont repris un rythme de vie un peu plus normal dans l'organisme qu'elles ont fondé ensemble, Comsep. «Un petit 40 heures par semaine», comme elles se plairont à dire.
Mais il ne suffit que d'un mot, d'une question pour faire renaître en elles toute la ferveur vécue durant la dernière campagne électorale... et pour constater que la plaie laissée par la défaite de l'une à la mairie et de l'autre dans le district des Plateaux a beau se refermer, elle est encore un peu douloureuse.
Car si elles n'ont rien négligé du travail électoral sur le terrain durant la campagne, les deux dernières semaines ont été décisives, et pas forcément en leur faveur.
«J'ai travaillé pour la campagne de Sylvie, mais je n'ai pas négligé la mienne. J'ai fait tout mon porte à porte. On faisait du pointage, et ça me donnait gagnante à deux contre un. Mais j'ai senti le tapis me glisser sous les pieds dans les deux dernières semaines», se souvient Marie-Josée Tardif, évoquant les nombreuses histoires liées à Comsep véhiculées par ses adversaires, autant que le travail réalisé par des citoyens mécontents de ses actions dans un dossier particulier touchant son secteur.
«Ça va beaucoup mieux, on a repris pied. On travaille maintenant 40 heures au lieu de 70 et on se surprend nous-même à être rentrées à la maison avant 18 h le soir. Les gens ne savent pas à quel point le travail en politique municipale, c'est prenant», résume Marie-Josée Tardif.
Mais difficile de se défaire des vieux automatismes, lors d'un épisode de tempête de neige ou d'un retard le jour de la cueillette des déchets. Depuis deux mois, peu importe ce qui se produit dans les districts, la boîte vocale reste vide.
Car si ce travail est prenant, il est également passionnant. «C'est une lourde responsabilité, mais pourquoi les gens se représentent? Parce que c'est tellement grisant d'aider le monde», résume Marie-Josée.
Maintenant libres de se consacrer entièrement à leur bébé fondé il y a plus de 20 ans, les soeurs Tardif entendent bien consacrer leurs énergies et les prochaines années à développer tous les projets de l'organisme communautaire. «Même les bonjours sont un peu plus long le matin quand on arrive. On a plus de temps à consacrer à notre monde», constate Sylvie Tardif.
Ainsi, elles comptent mener encore plus loin le projet d'emploi de solidarité, qui vient en aide aux personnes ayant un handicap social à réintégrer le marché du travail, un concept déjà exporté en Chaudière-Appalaches et qui pourrait se retrouver partout en province.
Le projet d'école-citoyenne développé dans plusieurs écoles pour permettre une meilleure implication des parents et une meilleure réussite scolaire des jeunes continue aussi de grandir, sans compter les énergies mises sur les projets alternatifs comme le Bucafin, la corporation Spect'art ainsi que les entreprises de Comsep comme Buffets Bouf'elles et le Communo'gym.
Mais un retour en politique serait-il possible un jour? Pour les deux, la page est tournée... pour l'instant. «Mais ce n'est pas mon genre de dire: Fontaine je ne boirai jamais de ton eau», précise Marie-Josée.
Mais pour les deux soeurs, la résolution 2014 est simple: prendre soin de soi. Une résolution qui a débuté dans le sud au début janvier. «Il y a une chanson de Valérie Carpentier que j'aime bien et qui dit: j'ai rendez-vous avec moi. Ça fait longtemps, mille ans peut-être. C'est un peu ça...», sourit Sylvie Tardif.