Le projet de colisée au District 55.

Le milieu sportif penche pour un colisée au District 55

Il n'y a pas que le milieu politique qui hésite sur l'emplacement du futur colisée à Trois-Rivières. Le milieu sportif, particulièrement les «gens de glace», balance également entre les deux projets à l'étude.
<p>Le Centre d'excellence régional académique et sportif projeté par l'Université du Québec à Trois-Rivières.</p>
Si certaines personnes défendent une position bien campée, particulièrement dans les rangs des Patriotes de l'UQTR, d'autres redoutent qu'une institution d'enseignement publique construise et gère un équipement sportif d'une telle ampleur.
C'est le cas de Jacques Laporte, ancien entraîneur-chef du club de hockey universitaire, pour qui le projet du Groupe Robin est beaucoup plus rassembleur, mobilisateur, et «s'inscrit dans un ensemble de développement global plus rentable» qui profiterait à l'ensemble de la communauté et non prioritairement aux étudiants de l'université.
Sans dénigrer le Centre d'excellence régional académique et sportif (CERAS) de l'UQTR, et même s'il souligne ses objectifs louables, M. Laporte estime que la lourdeur administrative d'une institution publique cadre mal avec le potentiel de développement économique et commercial engendré par un tel équipement.
Avec un colisée de 5000 places, «on doit pouvoir bouger vite» pour assurer son rayonnement. Et ce, estime M. Laporte, seul le privé est en mesure de le faire. Celui qui a fréquenté les colisées et les arénas universitaires d'un océan à l'autre n'a jamais vue un colisée de 5000 places s'installer sur un terrain à saveur pédagogique.
«Est-ce la mission d'une université de gérer un colisée de 5000 places? Je serais le plus heureux du monde que les Patriotes disposent d'une glace de 2000 places, mais 5000 ce n'est pas réaliste.»
Qui plus est, M. Laporte craint que la mobilité récurrente du personnel cadre au sein d'une université et les différentes philosophies qui les animent nuisent au développement à long terme du futur colisée. Il se questionne quant à la volonté de la présente administration d'inscrire son projet dans le temps.
«L'université est 10-15 ans en retard», souligne celui qui fut entraîneur-chef des Patriotes pendant plus de 14 ans et qui coordonne actuellement l'école de hockey Jacques Laporte. En somme, conclut-il, «je gagerais 10 $ que le conseil municipal choisira le projet du District 55.»
Même son de cloche de la part d'Alain Beauchamp, président de la Ligue de hockey senior de la Mauricie (LHSM). Ajouter quatre glaces au lot déjà disponible à Trois-Rivières, «ça va aider directement les sportifs de la région». Régulièrement, la LHSM doit refuser les demandes de formation de nouvelles équipes où le déménagement à Trois-Rivières d'équipes venues de l'extérieur faute de temps de glace disponible.
«Le nombre de glaces est un plus pour la région, renchérit M. Beauchamp. On manque de glaces à Trois-Rivières.» Pour cette raison, sa préférence va donc vers le projet du Groupe Robin (District 55) «haut la main». En plus, souligne M. Beauchamp, les terrains sont situés à un point de rencontre simple, avec beaucoup de stationnements. «C'est plus accessible et ça rejoint toutes les autoroutes pour que les gens de l'extérieur puissent y avoir accès plus facilement.»
À l'opposé, d'autres se désolent de la venue éventuelle de nouvelles glaces dans le paysage trifluvien. C'est le cas d'André Ricard, président de Hockey Mauricie. D'emblée, celui-ci considère les deux projets sur la table comme «du pareil au même». Il se dit préoccupé qu'un nouveau colisée s'élève du côté ouest de la rivière Saint-Maurice. Il craint que les structures existantes dans les secteurs Cap-de-la-Madeleine, Sainte-Marthe-du-Cap et Saint-Louis-de-France soient dépouillées de tout intérêt avec la venue d'un vaste complexe comme celui projeté.
«Que va-t-il arriver, par exemple, avec l'aréna Jean-Guy-Talbot? Va-t-on le démolir?» Bien qu'il ne cache pas sa déception de voir le projet du Complexe sportif Alphonse-Desjardins mis au rancart, M. Ricard opterait du bout des lèvres pour le projet de l'UQTR «parce qu'il comporte moins de glace», donc minimiserait les impacts négatifs sur les arénas déjà existants.
Enfin, Hockey Mauricie remet en question la stature du projet. «A-t-on vraiment besoin d'un aréna de 5000 places à Trois-Rivières? s'interroge-t-il. J'en doute. À moins qu'on prévoit le retour d'une équipe de la Ligue de hockey junior majeur du Québec à Trois-Rivières...», laisse-t-il planer, songeur.
Rappelons que le conseil municipal de Trois-Rivières doit décider, à la lumière des montages financiers étudiés par le comité des finances de la Ville, du site où sera construit le futur colisée. La balance penchera entre le terrain de l'Université du Québec à Trois-Rivières et celui du District 55 situé au pied du pont Laviolette. Si les deux projets comportent une glace pouvant accueillir plus de 5000 personnes, le projet proposé par le Groupe Robin inclurait trois glaces supplémentaires de moindre taille, ainsi qu'un centre de foires et un hôtel.