Le maire de Trois-Rivières, Jean Lamarche, va animer une partie de la séance d’information sur la ZIS.

La ZIS, une tâche colossale pour Trois-Rivières: «la ministre n’est pas consciente de l’ouvrage»

Trois-Rivières — Avec quelque 1500 propriétés touchées par la zone d’intervention spéciale (ZIS), c’est finalement au Centre d’événements et de congrès interactifs que la Ville de Trois-Rivières tiendra une séance d’information le mardi 13 août, à 19 h, histoire d’avoir suffisamment d’espace.

Et afin de permettre à un maximum de citoyens concernés de participer à cette rencontre, la Ville rendra le stationnement étagé Badeaux gratuit exceptionnellement lors de cette soirée dès 18 h. Stationner sur rue au centre-ville est déjà sans frais les soirs de semaine à partir de 17 h.

À cette occasion, des experts et représentants de la Ville seront sur place pour informer les citoyens des modalités du décret du gouvernement provincial instituant la ZIS et pour répondre à leurs questions. La séance sera diffusée en direct sur la page Facebook de la Ville de Trois-Rivières.

Par ailleurs, la Ville rappelle aux propriétaires d’immeubles (bâtiments et terrains) situés dans la ZIS qu’ils doivent présenter leur argumentaire concernant le non-fondement de leur résidence dans la ZIS par courriel à l’adresse zis2019@v3r.net avant le 19 août, date limite fixée par le gouvernement provincial.

Trois-Rivières colligera l’ensemble des demandes reçues et les joindra à son mémoire qu’elle déposera au ministère des Affaires municipales et de l’Habitation. À ce jour, sur les quelque 1500 propriétés touchées sur le territoire trifluvien, plus de 400 demandes de révision ont déjà été recueillies par la Ville.

«On s’adresse aux résidents concernés. Ce n’est pas une rencontre d’information générale», précise le maire Jean Lamarche, qui animera une partie de la rencontre. «Le but est de donner un maximum d’informations possibles sur la démarche mais aussi, sur ce que nous, à la Ville de Trois-Rivières, on a fait depuis le début. Ça va être de donner un portrait global de la situation, plus les actions posées par la Ville, parce qu’il y en a déjà quelques-unes faites par notre Service d’aménagement», a-t-il indiqué au Nouvelliste.

Celui-ci admet «qu’on n’avait pas prévu mettre autant de ressources là-dessus». «On va le faire. C’est une commande qui est importante et les gens du Service en sont conscients. Et moi, ce que j’aime, c’est que tout le monde a pris ça vraiment à coeur. La seule chose, c’est une tâche qui est immense. Mais on va le faire», affirme le premier magistrat.

«Lorsque la ministre Laforest dit qu’on avait amplement le temps de le faire, c’est tout simplement qu’elle n’est pas consciente de l’ouvrage que ça représente. C’est une tâche colossale, dans une période de vacances», renchérit-il. «On n’a pas lésiné sur les moyens parce qu’on se rendait compte qu’au fil des jours, il y avait énormément d’inquiétude, d’anxiété. Un plan d’action a été mis de l’avant, des ressources dédiées, des voies de communication parce que les citoyens doivent être informés. C’est majeur le travail qui s’est fait», ajoute sa directrice de cabinet, Marianne Méthot.

Après l’annonce gouvernementale en juin, un premier mémoire avait été déposé par la Ville, «disant qu’il y avait plusieurs zones qui devaient être retirées». Par la suite, Québec est revenu avec une nouvelle carte, qui fut communiquée le 15 juillet, «à une semaine des vacances de la construction», fait-elle remarquer.

En plus d’envoyer une lettre personnalisée aux quelque 1500 citoyens concernés, la Ville a pris en charge chaque demande d’exclusion, soit près de 400 jusqu’à présent. «C’est du temps, mais je pense que c’est nécessaire. On ne peut pas prendre les gens, avec leur projet de vie, et leur dire: arrangez-vous. Nous autres, c’est important de prendre ça en main», affirme le maire Lamarche.

Ce dernier ne remet pas en question la nécessité de revoir les zones inondables et «c’est d’autant plus légitime de le faire dans le contexte climatique actuel». «La seule chose, tant qu’à le faire, on peux-tu le faire comme du monde», soulève-t-il.

Et que pense-t-il de la venue prochaine en région de la ministre des Affaires municipales et de l’Habitation? «On verra ce qu’elle a à nous dire. J’espère que si elle vient nous voir, ce n’est pas uniquement cosmétique, mais pour nous annoncer un délai ou quelque chose comme ça. On doit quand même penser au livrable du 19 août. Et les ajustements, il faut quand même les soumettre avant le décret», a conclu M. Lamarche.