Le Centre intégré en pâtes et papier du campus de l'UQTR ne sera finalement pas vendu pour taxes impayées

La Ville veut toujours vendre le CIPP pour non-paiement de taxes

Le Conseil des ministres et le Conseil du Trésor n'ont toujours pas informé l'UQTR et le Cégep de Trois-Rivières de leurs intentions dans le dossier de l'édifice du Centre intégré en pâtes et papiers (CIPP), a confirmé lundi le cotuteur du CIPP pour le Cégep, Marc Leblanc. «On a hâte que le dossier se règle», dit-il.
Or, malgré une entente intervenue entre les deux institution et Québec, avant les Fêtes, la Ville a toujours l'intention de procéder à la vente de l'édifice de 80 millions $ pour non-paiement de 6,4 millions $ de taxes dans moins d'une dizaine de jours.
«L'accord qu'on avait accepté tient toujours», précise le porte-parole de la Ville, Yvan Toutant, mais le 23 janvier, si on n'a pas de paiement, on va vendre», assure-t-il.
Lors d'autres pourparlers tenus à ce sujet, dans le passé, «on avait souvent ce style de réponse-là. Ce n'est pas la première fois qu'on accepte une entente avec eux et que finalement, Québec ne bouge pas. On se retrouve devant rien et il faut attendre. On a tellement fait ça, on a tellement voulu être bon joueur qu'on se retrouve à 6,4 millions $ (en taxes non payées)», fait valoir M. Toutant.
Une entente était en effet survenue avec le gouvernement libéral juste avant les dernières élections provinciales. Elle est tombée caduque par la suite.
«On dit c'est assez. On est de bonne foi, il n'y a pas de problème, on accepte, mais si le 23, cette fois-ci, ce n'est pas payé, on va vendre», affirme-t-il catégoriquement.
L'entente survenue entre les parties avant les Fêtes stipule que la Ville touchera en un seul versement la totalité des taxes et intérêts reliés à l'immeuble de la rue Gilles-Boulet, sur le campus de l'UQTR.
L'immeuble serait du même coup reconnu comme maison d'enseignement universitaire, ce qui permettra à la Ville de toucher des en-lieux de taxes et bonifications chaque année. En échange, la Ville promettait de verser la somme de 1,3 million $ à la Fondation de l'UQTR avant le 31 décembre 2013.
Tout le monde s'attendait à ce que le Conseil des ministres et le Conseil du Trésor arrivent avec le montant avant Noël.
Le bureau de la députée péquiste Noëlla Champagne a fait de démarches en haut lieu pour essayer d'obtenir des informations, lundi, mais n'avait pu obtenir de réponses encore en fin de journée.
Du côté de la députée libérale Danielle St-Amand, on nous dit qu'il ne faut pas se surprendre de ce délai de la part du gouvernement.
«Ce n'est pas trop surprenant en fait dans le sens où normalement, dans la période des Fêtes, il ne se passe à peu près rien au gouvernement, mais c'est sûr que ça ne répond pas aux besoins urgents qu'il y a dans ce dossier-là», fait valoir l'attachée politique de Mme St-Amand, Marianne Méthot, répondant à nos questions en l'absence de la députée qui est à l'étranger jusqu'à jeudi.
«Je serais étonnée que ça se rende à cette limite-là, mais ce n'est quand même pas surprenant que ce soit encore à ce stade-là au début janvier», estime Mme Méthot.
Personne n'a approché le bureau de Mme St-Amand pour faire pression, dit-elle. «J'ai l'impression que ça suit son cours, mais qu'il y a des délais un peu normaux de la période de Noël», calcule-t-elle. «Le niveau d'urgence n'est pas le même pour tout le monde. Je pense que c'est plus ça dans ce dossier-là», conclut-elle.