La Ville de Trois-Rivières lancera un nouvel appel d'offres pour les travaux de construction du toit du futur amphithéâtre.

La Ville de Trois-Rivières largue ADF

Tout porte à croire que c'est devant les tribunaux que se réglera le litige qui oppose la Ville de Trois-Rivières et l'entreprise Groupe ADF, qui avait obtenu le contrat pour la construction du toit de l'amphithéâtre de Trois-Rivières sur Saint-Laurent.
La Ville a pris les grands moyens lundi pour que le chantier de l'amphithéâtre se termine à temps. Déjà en litige avec l'entreprise depuis la fin de l'été concernant les travaux de la structure du toit, le conseil municipal a choisi de lancer un nouvel appel d'offres afin de poursuivre les travaux délaissés par Groupe ADF, qui s'était retirée du chantier en attendant que le litige se règle.
Du coup, le conseil municipal a également rejeté la proposition faite par Groupe ADF d'aller en arbitrage afin d'en arriver à une entente dans tout ce litige. Groupe ADF avait pourtant fait savoir qu'elle accepterait de reprendre les travaux advenant le feu vert de la Ville pour l'arbitrage.
Or, selon les avocats de la Ville, l'entreprise de Terrebonne n'a jamais donné la garantie écrite qu'elle serait de retour sur le chantier si le litige se transportait devant un arbitre. Dans ces circonstances et compte tenu de l'ampleur de la réclamation, la Ville préfère aller de l'avant et s'en remettre à la Cour supérieure.
«L'idée, c'est que l'ensemble du litige soit réglé sur un même forum. La réclamation est de plus de 4 M$. On considère que c'est assez important pour le soumettre à un juge de la Cour supérieure et d'impliquer toutes les personnes qui pourraient être impliquées dans le litige», explique Me Marilyse Racicot du bureau Racicot Chandonnet, qui représente les intérêts de la Ville dans ce dossier.
Il y a quelques semaines, le conseil municipal acceptait de régler pour un montant de 822 000 $ une partie du litige qui l'opposait à l'entreprise de Terrebonne. Toutefois, elle rejetait en même temps des réclamations de l'entreprise qui totalisaient plus de 4 M$, pour la construction de tours temporaires, les frais de retards liés aux nouvelles directives de chantier ainsi que les frais de démobilisation du chantier en septembre dernier.
La Ville estime que de toutes ces demandes, aucune n'émane d'une demande de sa part. «Il n'y a pas de demande du client dans les extras. Pour la démobilisation c'était une décision unilatérale. Pour prendre cette décision, il aurait fallu qu'il y ait une directive de chantier, ce qui n'est pas le cas», ajoute Me Racicot.
Cette dernière fait également valoir qu'à tout moment, ADF a eu la possibilité de revenir sur le chantier pour corriger leur défaut de poursuivre les travaux. Dans les circonstances, la Ville choisit d'aller de l'avant avec les travaux en les confiant à une tierce entreprise par le biais d'un nouvel appel d'offres, qui sera lancé d'ici un mois pour la poursuite des travaux. On s'attend à ce que le chantier du toit puisse reprendre d'ici deux mois et demi, pour des travaux d'une durée de seize semaines.
«Les travaux seront effectués à partir des pièces construites par ADF, parce qu'elles nous appartiennent. Toutes les pièces ont été payées par la Ville», soutient le maire Yves Lévesque.
Quant aux autres entreprises qui pourraient être impliquées dans le litige, comme le consortium Dessau-Pluritec qui a donné les directives de chantier, la Ville soutient que pour le moment, elle se considère comme entrepreneur général et ne veut pas s'avancer à dire si le consortium pourrait être considéré comme responsable.
«Il y a trop de nuances à faire pour répondre à ça, c'est vraiment du cas par cas. Les seuls qui sont en défaut actuellement, c'est ADF», soutient Me Racicot.
Pour sa part, le maire de Trois-Rivières croit que la Ville a toutes les raisons de faire valoir ses droits dans ce dossier qui a cours depuis la fin de l'été. «Il n'est pas question qu'on donne 4,5 M$ à ADF comme ça, sur un claquement de doigts», lance celui qui fait remarquer que la totalité de leurs réclamations depuis le début, soit un peu plus de 5 M$ en extras, est pratiquement équivalent au total du contrat octroyé à l'entreprise, soit 7 M$.
Le Nouvelliste a tenté d'obtenir les commentaires de Groupe ADF dans ce nouveau développement, mais sans succès.