La rue Roger-Garceau va vraisemblablement changer de nom. L’enseignant aurait agressé plusieurs jeunes Atikamekw.

La rue Roger-Garceau en voie d’être rebaptisée

Trois-Rivières — Des Atikamekw de Manawan vont rencontrer un ou des représentants du comité de toponymie de Trois-Rivières, jeudi matin, à l’hôtel de ville, pour demander que soit rebaptisée la rue Roger-Garceau. Cet enseignant aurait agressé sexuellement plusieurs enfants autochtones.

«Des membres de ma communauté ont subi des agressions sexuelles de cette personne. Ils ont appris qu’il y a une rue au nom de ce monsieur à Trois-Rivières. Ces survivants se sont mobilisés pour pouvoir amener un changement. (...) C’est un individu qui a fait des actes horribles», affirme Sipi Flamand, vice-chef de Manawan.

Selon M. Flamand, les membres de sa communauté ont été étonnés et indignés qu’une rue porte ce nom. «Certains ont envoyé des lettres à la mairie. La Ville de Trois-Rivières est ouverte à faire ce changement de nom. Elle a invité les survivants et les membres élus pour pouvoir discuter d’un nouveau nom.»

Deux noms pourraient d’ailleurs être proposés, soit la rue Atikamekw ou la rue Awacak. «Awacak signifie un petit être de lumière en atikamekw et aussi enfant. Donc, ce serait en souvenir des enfants atikamekw», précise M. Flamand.

Roger Garceau, qui a été membre des Frères des écoles chrétiennes, est un Trifluvien qui s’est impliqué dans des causes humanitaires dans différents pays comme au Liban, en Thaïlande et au Congo. Il est mort en 2005 à l’âge de 78 ans. Il a enseigné à Manawan de 1976 à 1978. Il aurait agressé sexuellement une vingtaine d’enfants autochtones durant son séjour. D’ailleurs, des résidents de cette communauté atikamekw ont intenté un recours collectif contre le gouvernement fédéral. Ils l’accusent de ne pas avoir réagi concernant les abus présumés commis par Roger Garceau.

Si le comité de toponymie y va d’une recommandation concernant un nouveau nom pour cette rue située au nord de Trois-Rivières, le conseil municipal devra ensuite l’adopter. La dernière étape consiste à obtenir l’approbation de la Commission de toponymie du Québec.