Les Trifluviens sont appelés à élire le nouveau maire de Trois-Rivières ce dimanche.

La parole aux électeurs

Trois-Rivières — Les jeux sont faits... ou presque. Dans moins de 48 heures, Trois-Rivières saura qui sera son prochain maire, le deuxième maire à occuper cette fonction depuis la fusion de la grande ville de Trois-Rivières, en 2002. Dimanche, les 108 157 électeurs trifluviens sont appelés aux urnes pour faire le choix entre Jean-François Aubin, Pierre-Benoît Fortin, Jean Lamarche ou Éric Lord.

Si la course à la mairie a été précipitée par la démission d’Yves Lévesque en décembre pour des raisons de santé, les candidats dans la course n’auront pas pour autant lésiné sur les efforts afin de gagner la confiance des électeurs. Ils ont multiplié les engagements, les débats (dix en tout) de même que les rencontres avec les citoyens pour mieux se faire connaître et proposer leurs idées. Et si chacun dit aujourd’hui en tirer une expérience positive, tous ont lancé le même message aux électeurs, à deux jours du scrutin: allez voter!

Jean Lamarche

Jean Lamarche estime avoir atteint tous les objectifs qu’il s’était fixés en début de campagne, le premier étant de relever le défi de la notoriété. «C’était notre grand défi de début de campagne, et avec les résultats qu’on voit en cette fin de campagne, on peut dire que c’est mission accomplie», relate le principal intéressé.

Les efforts n’ont pas été ménagés pour se faire connaître, mais l’influence des réseaux sociaux aura aussi joué un grand rôle dans sa campagne électorale, croit-il. D’ailleurs, les statistiques enregistrées au cours des derniers jours sur ses différentes plates-formes lui démontrent que de plus en plus de gens s’intéressent à sa candidature.

«Beaucoup de groupes d’intérêts, qui n’étaient pas nécessairement impliqués directement en politique municipale, se sont joints à nous. On l’a vu, chez les gens de la génération X et Y, c’est là que ça a levé le plus. J’estime qu’on a donc porté un message très rassembleur», constate M. Lamarche.

En même temps qu’il tenait son point de presse bilan, M. Lamarche en a profité pour présenter le détail de son cadre financier (voir autre texte), lui qui estime avoir fait des propositions réalistes et concrètes durant cette campagne.

Jean-François Aubin

Jean-François Aubin se félicite lui aussi de la campagne qui a été menée, une campagne au cours de laquelle il dit avoir compris l’importance pour les gens d’élire un maire qui a l’expérience du municipal. «C’était un de mes messages, mais je constate que ça préoccupe aussi beaucoup les gens. Ils me le disent, ils veulent un maire qui va être capable d’opérer rapidement puisqu’on arrive en cours de mandat et que le train est déjà en marche», explique celui qui rappelle être le seul à avoir une expérience du monde politique municipal.

Outre ses divers engagements, M. Aubin estime qu’il n’est plus possible en 2019 de ne pas faire de l’enjeu de l’environnement et du développement durable une priorité, et s’inquiète de voir que tous les candidats n’ont pas parlé de façon égale de cet enjeu. «Je crois qu’Éric Lord et moi-même, nous avons pris des engagements concrets. Mais en 2019, il y a une urgence d’agir, et on ne peut plus se lancer juste dans des grands discours sans proposer de mesures concrètes. Les citoyens en ont marre de la bullshit de discours politiques, où les bottines ne suivent pas les babines», considère Jean-François Aubin.

Le candidat qui dit vouloir s’engager pour tous les secteurs de la ville estime également qu’après l’élection, il importera de continuer de s’intéresser à des questions qui n’ont pas forcément été soulevées durant la campagne électorale, comme l’itinérance par exemple.

Éric Lord

Éric Lord, pour sa part, est catégorique: il est le seul candidat qui arrivera à l’hôtel de ville sans aucun parti pris, et qui peut donc aspirer à incarner l’harmonie. «Comme je ne suis pas rattaché ni aux groupes d’opposition ni aux partisans de l’ancien maire, je suis le seul candidat qui peut amener une cohésion à l’hôtel de ville. Avec mon bagage de 30 ans d’expérience en gestion, je suis le mieux placé pour gérer de manière responsable les finances publiques de Trois-Rivières», considère-t-il.

Éric Lord rappelle qu’il a été le seul candidat à vraiment s’intéresser au projet du colisée, en interpellant le Canadien de Montréal pour occuper les lieux avec une franchise de la East Coast League, de même qu’en proposant d’en faire le lieu de résidence des Patriotes. «Si on ne se préoccupe pas de manière urgente de ce qui va occuper ce colisée, ça va rapidement se ressentir sur le compte de taxes des Trifluviens», croit-il. Le candidat estime aussi qu’il a tenu le discours le plus cohérent et surtout les engagements les plus concrets en ce qui concerne la question de l’environnement, une question qu’il estime pouvoir faire pencher la balance dans cette élection en devenant la «question de l’urne».

Pierre-Benoît Fortin

Le candidat Pierre-Benoît Fortin admet pour sa part avoir connu un début de campagne plus laborieux, lui qui a annoncé ses couleurs à peine quelques heures avant la fermeture des mises en candidature. Toutefois, il considère que la campagne a pris un autre rythme pour lui après le débat diffusé au 106,9 Mauricie.

«Le vent est en train de virer de bord en notre faveur, on le sent. Les gens m’arrêtent sur la rue pour me saluer, me serrer la main. On m’appelle déjà Monsieur le maire», indique-t-il.

M. Fortin estime que de toutes les mesures qu’il a proposées, celle de l’implantation du transport en commun gratuit a eu le plus d’impacts positifs dans la population. Il note en outre que les gens ont apprécié qu’il propose de rendre gratuites les premières 45 minutes de parcomètres au centre-ville, en plus de permettre le versement du compte de taxes municipales en douze versements.