Yves Lévesque.

La microgestion aura un coût, prévient Lévesque

TROIS-RIVIÈRES — Si les conseillers municipaux de Trois-Rivières souhaitent continuer à faire de la «microgestion», ils en ont le droit, mais devront aussi reconnaître que ça entraînera des coûts supplémentaires aux contribuables. C’est de cette façon que le maire de Trois-Rivières, Yves Lévesque, est revenu mardi soir sur ses propos concernant son agacement entourant ce qu’il estime être de la «microgestion» de la part de certains conseillers municipaux.

«C’est un choix politique, mais il y a des conséquences monétaires. On a fait de la réingénierie dans les dernières années, pas pour le fun mais pour être efficaces. Si on va dans cette direction, on va réengager du monde et il y aura un coût à ça. Ce sont des vases communicants. On alourdit le travail de nos fonctionnaires et on met la réingénierie à la poubelle», croit Yves Lévesque, qui martèle que Trois-Rivières, grâce à cette réingénierie, a atteint un niveau d’excellence quant aux coûts des services municipaux rendus à ses citoyens.

Le maire révèle que dans un récent comité de travail sur les ressources humaines, il a été soulevé que les fonctionnaires qui travaillent désormais plus de 50 et même 60 heures par semaine ne font plus exception. «Leur charge de travail a été augmentée en raison des nombreuses demandes», assure-t-il.

Des propos qui laissent certains conseillers perplexes, qualifiant la vision du maire d’alarmiste. «Quand on a décidé de faire des modifications sommes toutes mineures au budget, on nous a brandi le spectre de «"ça va coûter des millions". Et là aujourd’hui, parce qu’on poserait trop de questions et qu’on demanderait à ce que des notes soient prises, tout d’un coup il va falloir réinvestir en ressources humaines ? On n’y croit plus. On commence à comprendre la manière de faire d’Yves Lévesque. Et on comprend aussi que ce qu’il nous dit, c’est qu’il est mal à l’aise parce qu’il y a du changement à la Ville», lance la conseillère Mariannick Mercure.

Son collègue Claude Ferron comprend mal comment on peut justifier pareil argumentaire en raison des demandes formulées par les conseillers. «Ça fait six mois que je suis en poste, je commence à poser des questions. Je ne pense pas qu’avec les questions que je pose, je suis en train d’embourber le fonctionnariat. Peut-être qu’on a tellement étiré l’élastique avec la réingénierie qu’on est rendu au bout et qu’il faudra y avoir un retour du balancier à quelque part», ajoute-t-il.

François Bélisle, quant à lui, estime que le nouveau conseil travaille différemment, et que même les fonctionnaires semblent s’en réjouir. «Avant, il y avait du présentéisme, le phénomène de la plante verte. Maintenant, on s’implique. Moi je suis content de voir que les 14 élus sont là pour leurs citoyens et travaillent, chacun à leur façon. Je ne peux pas croire qu’un fonctionnaire est malheureux qu’un élu s’intéresse à la tâche qu’il fait», commente-t-il.

Tous les trois s’entendent d’ailleurs pour dire qu’ils ont une tout autre lecture de la réaction des fonctionnaires face à ce changement de culture, et qu’ils ont même déjà été remerciés par certains d’entre eux pour s’impliquer de cette façon dans les affaires de la Ville.

«Les fonctionnaires travaillent plus, mais les élus aussi. Ça ne peut être que pour le mieux. Même nous nous sommes épuisés. C’est un réajustement et on va trouver un point d’équilibre», martèle François Bélisle.