Jean Lamarche souligne aujourd’hui sa première année à la mairie de Trois-Rivières.
Jean Lamarche souligne aujourd’hui sa première année à la mairie de Trois-Rivières.

Jean Lamarche: 366 jours à la mairie... et une pandémie

Trois-Rivières — Il y a un an, le visage politique changeait à la mairie de Trois-Rivières. Après 17 années de règne de l’ancien maire Yves Lévesque, Jean Lamarche était élu comme second maire de la nouvelle ville fusionnée de Trois-Rivières. Une année qui aura été marquée par des réalisations, des crises mais aussi par un chamboulement majeur du fonctionnement municipal, encore jamais vécu par aucun élu depuis possiblement la Seconde Guerre mondiale: la pandémie de coronavirus.

Car de ses premiers mois à la mairie Jean Lamarche croyait qu’il aurait tout traversé avec le suivi des inondations du printemps 2019 et l’implantation de la Zone d’intervention spéciale par Québec, ou encore le report de la fête de l’Halloween avec l’énorme tempête de vent qui a balayé la région le lendemain. «Je n’avais aucune idée...» lance-t-il en riant.

Définitivement, dans la carrière politique de Jean Lamarche, il y aura un «avant» 12 mars 2020 et un «après» 12 mars 2020. «Mon rôle a définitivement changé lorsque la pandémie est arrivée. Avant ça, pas loin de 40 % de mon travail était de la représentation. Aujourd’hui, il n’y en a pratiquement plus, mais je travaille toujours autant, sinon plus», fait-il remarquer.

Dès le lancement de sa campagne électorale, Jean Lamarche savait à quoi il devait s’attendre en termes de charge de travail. «Je savais ce que ça demandait car j’avais eu l’occasion aussi de travailler avec des sous-ministres et des gens du politique au ministère des Transports. Je savais aussi que je deviendrais une personnalité publique. Ma vie familiale a aussi changé, disons que la répartition des tâches n’est plus la même», conçoit le papa de deux enfants de 10 et 13 ans.

Malgré la charge de travail, Jean Lamarche estime avoir été capable d’insuffler une nouvelle vision, la sienne, qui a également teinté les manières de fonctionner à la Ville. «Au départ, les gens avaient de la misère à définir mon leadership. Mais moi, j’ai toujours voulu m’entourer des meilleurs et avancer en équipe. Si vous ne partagez pas la même idée que moi, prouvez-moi que votre idée est la meilleure et je serai à l’écoute. Du choc des idées jaillit la lumière, je l’ai toujours pensé. Et maintenant, ça se ressent de plus en plus, je sens les différentes directions arriver avec des initiatives, des propositions. C’est agréable de travailler comme ça», indique-t-il.

Parmi les bons coups, il souligne d’entrée de jeu le règlement de l’entente avec la Marina de l’île Saint-Quentin. «J’en avais fait une priorité dans mes 100 premiers jours et nous y sommes parvenus. C’était un élément central, essentiel au développement futur de l’île Saint-Quentin», considère celui qui souligne aussi le début du chantier pour amener l’eau et les égouts à cet endroit, même si les travaux ont dû être suspendus temporairement en raison de la COVID-19.

Jean Lamarche nomme également le partenariat exemplaire développé avec IDE Trois-Rivières pour le plan de développement économique qui allie à la fois qualité de vie et environnement, dans une vision de développement durable. Il souligne aussi le lancement du plan de développement du Bas-du-Cap, avec notamment l’adhésion dans la dernière année de 15 familles à un programme d’accès à la propriété dans ce secteur. «Au-delà du montant d’argent, c’est venu concrétiser le désir de la population qu’on pense un peu plus à l’est de la ville», croit-il.

Le règlement de plus de 98 % des demandes d’exclusion de la Zone d’intervention spéciale décrétée par le gouvernement à la suite des inondations du printemps 2019 est également pour lui une belle réussite, autant que l’adoption du Plan d’agriculture urbaine et des échanges maintenus avec la jeunesse pour parler environnement et développement durable.

À l’inverse, il aurait aimé pouvoir discuter avec les usagers de l’aréna Jean-Guy-Talbot avant que sa fermeture ne coule dans les médias, et regrette aussi certains aspects du dossier du choix de l’équipe professionnelle qui occuperait le colisée. «Je suis arrivé, pensant que les échanges avec les équipes professionnelles étaient un peu plus avancés. On avait besoin de gérer ce dossier-là comme il faut. Et bien qu’on mettait en opposition deux dossiers différents, le temps nous a permis de voir une troisième opportunité s’installer, celle de la cohabitation», note le maire, qui souligne que l’arrêt du chantier du colisée depuis la pandémie ne permet pas encore de dire à quel moment une équipe professionnelle pourra s’y installer. «Il y a encore des échanges qui se font entre les équipes et la direction des loisirs. Les liens sont maintenus, mais aucune décision n’est prise», résume-t-il.

Le général

Le 12 mars 2020 aura sonné un tournant dans sa courte carrière politique, alors que l’OMS déclarait l’état de pandémie mondiale, et que le premier cas trifluvien de coronavirus se révélait dans les locaux d’IDE Trois-Rivières.

«Mon rôle est devenu celui d’un général, c’est comme ça que je le vois. C’était mon rôle que d’avoir un œil sur tout pour s’assurer qu’on travaillait ensemble, en équipe, à transformer cette menace en une opportunité. J’ai aussi eu à jouer un autre rôle, celui de lien avec les autres paliers de gouvernements, afin de faire valoir les besoins de la Ville et de ses organisations dans tout ça», explique Jean Lamarche.

Les inondations printanières de même que la tempête du 1er novembre auront démontré au maire que l’Organisation municipale de sécurité civile était une équipe bien rodée, prête à faire face aux différentes crises qui pouvaient survenir. La pandémie n’aura fait que confirmer l’efficacité du comité, est d’avis Jean Lamarche.

«Ça a été complètement fou, ce l’est encore. Nous avons travaillé des 12 à 15 heures par jour pour s’assurer que les services municipaux continuent de se donner et que les citoyens soient en sécurité. Mais jamais je ne me suis donné le droit de flancher. Je me suis obligé à avoir le menton levé, et je continue», lance-t-il.