Île Saint-Quentin: toujours en poste malgré de nouveaux manquements

L'employée cadre à l'origine des irrégularités comptables relevées à la Corporation du parc de l'Île Saint-Quentin est toujours à l'emploi de la corporation et ce, même si on lui reproche de nouveaux manquements après avoir signé avec son employeur une entente de la dernière chance.
Selon des documents dont Le Nouvelliste a obtenu copie, on apprend en effet qu'après avoir signé cette entente en mars 2013, qui la soumettait à des mesures strictes et pour lesquelles tout manquement grave entraînerait son congédiement, elle a modifié ses feuilles de temps sans autorisation de son supérieur.
L'employée en question avait été identifiée comme étant la responsable des irrégularités importantes qui avaient mené à une enquête administrative par un cadre supérieur de la Ville de Trois-Rivières. Ces irrégularités comptables, observées par la vérificatrice générale et révélées en février 2013, s'élevaient à plus de 342 000 $ dus à Revenu Québec, résultats de manipulation de chiffres au cours des dix années précédentes.
Toutefois, l'enquête administrative avait aussi révélé que ces manipulations n'étaient pas liées à des manoeuvres frauduleuses ou à du vol. L'employée n'avait donc fait l'objet d'aucune accusation criminelle, et c'est pourquoi Le Nouvelliste ne dévoilera pas son identité.
Il avait été convenu en mars 2013 que l'employée n'occuperait plus les fonctions pour lesquelles des irrégularités avaient été commises. La corporation et l'employée ont signé une «entente de la dernière chance», dont Le Nouvelliste a pu prendre connaissance. On peut y lire que «la source de ces irrégularités importantes sont en lien avec des méthodes de travail déficientes et d'une incompétence de la salariée concernant l'analyse des écritures».
On peut aussi y lire que l'employée avait démontré du remord et du regret, qu'elle était consciente de l'impact de ses gestes et qu'elle avait démontré une volonté réelle d'apporter les correctifs. Étant donné qu'elle n'avait ni dossier administratif, ni dossier disciplinaire, on avait convenu de signer cette entente avec elle.
On y lit également que «la présente entente se veut la chance ultime et tout manquement grave par (l'employée) entraînera son congédiement qui ne pourra être contesté».
Or, quelques mois plus tard, soit le 10 décembre 2013, le directeur général de l'époque, Yvan-Noël Guindon, signait une lettre destinée à l'employée qui relatait qu'elle avait effectué des changements à sa feuille de temps et ce, sans obtenir l'approbation de son supérieur. L'explication fournie alors par l'employée avait été qu'elle avait constaté, après l'émission des paies, qu'il y avait des erreurs d'évaluation de temps qui ont été commises et ceci, sans malice.
«Nous considérons que la faute qui vous est reprochée est grave et pour cette raison, nous vous remettons une lettre de réprimande qui sera déposée à votre dossier d'employé. S'il y avait récidive de ce genre de conduite, nous n'aurions d'autre alternative que de recourir à des mesures disciplinaires plus importantes», peut-on lire dans cette lettre.
L'actuel président du conseil d'administration de la corporation, le conseiller municipal André Noël, n'a pris le contrôle de l'organisme qu'au 1er janvier 2014. Il avait toutefois eu connaissance des événements, mais a appris l'existence de la lettre du 10 décembre par Le Nouvelliste. Cependant, M. Noël estime que la lettre et l'entente de la dernière chance sont en concordance.
«L'entente stipule que des manquements graves liés au même domaine que celui pour lequel ont été commises des irrégularités pourraient entraîner le congédiement. Quand on parle de feuilles de temps, ce n'est pas la même chose. Par contre, des mesures disciplinaires ont été appliquées, tel que convenu dans l'entente, et l'employée a eu une réprimande à son dossier», précise André Noël.
Ce dernier estime que l'entente de la dernière chance n'a donc pas été bafouée et que l'administration a appliqué à la lettre les mesures disciplinaires prévues dans ce genre de situation. Conscient que cet événement ait pu causer de la grogne chez les autres employés de l'Île, M. Noël répond que chacun est soumis aux mêmes règles en lien avec le Code du travail, et que l'administration n'a d'autres choix que d'agir avec prudence et équité.
Dans le cadre de la restructuration en cours à l'Île Saint-Quentin, des heures ont été supprimées pour tous les employés cadres, et l'employée en question n'a pas fait exception à la règle.