Les travaux vont bon train pour le remplacement de la conduite endommagée, dans le secteur Sainte-Marthe.
Les travaux vont bon train pour le remplacement de la conduite endommagée, dans le secteur Sainte-Marthe.

Flushgate: les travaux de remplacement de la conduite vont bon train

Paule Vermot-Desroches
Paule Vermot-Desroches
Le Nouvelliste
Trois-Rivières — Les travaux se poursuivent dans le secteur Sainte-Marthe, sur le site du bris de conduite de refoulement des égouts, alors que la Ville de Trois-Rivières continuait lundi de déverser la totalité de ses eaux usées dans la rivière Saint-Maurice et le fleuve Saint-Laurent pour une quinzième journée consécutive.

Lundi, les équipes en place ont finalement reçu les pièces nécessaires à la réparation du bris survenu dans la nuit du 7 au 8 septembre dernier. 

À lire: Second bris sur le réseau des eaux usées: le déversement se poursuit dans le Saint-Maurice


Rappelons que le bris avait finalement été détecté sur le joint de deux sections de conduite, ce qui nécessitait le remplacement complet de ces deux sections, ajoutant à la complexité des opérations.

Un premier bris était survenu il y a deux semaines à la hauteur de l’ancienne usine Aleris, qui avait cette fois touché une seule section de conduite

Vendredi, la Ville indiquait qu’elle n’était plus en mesure de donner un échéancier précis sur la fin des travaux sur ce nouveau bris, mais assurément que le déversement allait se poursuivre encore quelques jours. Du même souffle, le maire Jean Lamarche estimait à plus d’un million de dollars les coûts engendrés par cette succession de bris sur le réseau.

Les équipes de la Ville s’affaireront au moins jusqu’à mardi à remplacer les pièces de la conduite dans le secteur Sainte-Marthe. Par la suite, des opérations de bétonnage et de remblayage devront avoir lieu avant de penser à remettre la conduite en service. Durant ce temps, les équipes en profiteront aussi pour faire une inspection d’une bonne section de la conduite à l’aide de caméras pour s’assurer qu’aucun autre bris ne soit susceptible de survenir lors de la remise en service.

Possible mise en demeure

Pendant ce temps, la Fondation Rivières envisage de mettre en demeure le ministre de l'Environnement, Benoît Charette, selon TVA Trois-Rivières. En effet, à ce jour, la Fondation Rivières reproche au ministère de ne pas avoir mis en place les mesures nécessaires pour contrer les impacts à l'environnement.

Vendredi, la Fondation Rivières a interpellé le gouvernement du Québec afin qu’il intervienne dans ce qu’ils ont appelé le «Flushgate» de Trois-Rivières, en référence au déversement de près de huit milliards de litres d’eaux usées dans le fleuve par la Ville de Montréal en 2015. Au terme de l’opération à Trois-Rivières, plus d’un milliard de litres d’eaux usées auront été déversées.

La Fondation déplore notamment qu’on n’ait pas recours, comme ce fut le cas à Montréal en 2015, à des barrières flottantes pour capter les solides.

«Les égouts de Trois-Rivières ne sont pas plus propres qu’ailleurs. Alors que Montréal en 2015 et Longueuil en 2018 avaient installé de telles barrières et dépêché des équipes pour ramasser les déchets, le ministère de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques (MELCC) aurait accepté que la Ville n’installe pas de barrières flottantes en s’appuyant sur des images prises par drône, du haut des airs», note la Fondation Rivières.

«La population veut avoir l’assurance, avec raison, que tous les efforts raisonnables ont été réalisés afin de minimiser l’impact des déversements», a déclaré Alain Saladzius, président de la Fondation Rivières, en ajoutant que «le gouvernement n’a pas encore mis en place, depuis le flushgate de Montréal en 2015, des conditions qui permettent d’identifier les meilleures pratiques».

À la Ville, on a indiqué avoir reçu l’aval du ministère de l’Environnement pour procéder de cette manière. De par leur passage à l’usine de pompage, la majorité des déchets se trouvant dans les eaux usées sont déjà en partie broyés lors de leur arrivée dans la rivière ou le fleuve. Par ailleurs, la Ville a convenu de survoler l’ensemble du site du déversement à l’aide d’un drône durant l’opération, et ainsi identifier si des matières solides devaient se retrouver dans l’eau.

La Ville s’est également engagée à nettoyer les berges des déchets qui pourraient s’être accumulés durant la totalité du déversement.