Le budget de sécurité a bondi de 109% en trois ans au FestiVoix.

Explosion des coûts de sécurité

TROIS-RIVIÈRES — Avec des coûts de sécurité qui ont explosé au cours des dernières années, le FestiVoix et le Festival Western de Saint-Tite demandent au gouvernement fédéral de créer un meilleur environnement d’affaires pour eux, en suivant le plan soumis par les associations Festivals et Événements Majeurs Canada (FAME) et le Regroupement des événements majeurs internationaux (RÉMI).

«Depuis trois ans, au FestiVoix, on a augmenté les budgets de sécurité de 109 %, et à Saint-Tite, de 62 % en cinq ans», a indiqué le directeur général du FestiVoix, Thomas Grégoire, qui parlait lundi au nom des deux événements.

Selon lui, c’est une réalité de beaucoup de festivals. «Les coûts de sécurité ne dépendent pas seulement de nous, c’est de l’environnement extérieur et une responsabilité importante. On doit s’adapter. À Trois-Rivières, on travaille avec la police et les pompiers pour assurer la sécurité de tout ce beau monde-là, et à Saint-Tite, c’est pareil. Ce sont des coûts importants», martèle-t-il.

Thomas Grégoire

Le plan du FAME et du RÉMI propose de garder les événements sécuritaires, de soutenir leur croissance et de miser sur la création. Il expose dans chacune de ces dimensions les défis auxquels ils sont confrontés et énumère des actions à prendre.

En ce qui concerne la sécurité et puisque la croissance des coûts représente désormais un poids financier important pour les festivals et événements, il est proposé de leur donner accès à un programme existant de financement des projets d’infrastructure de sécurité pour les collectivités à risque.

Ainsi, afin d’accroître la compétitivité internationale, de régler les problèmes d’iniquité dans l’industrie et de relancer la croissance, le groupe demande un programme spécifique aux festivals et événements dont la capacité de générer de l’activité touristique et économique est avérée ou prometteuse, comme il en existe un au Québec et en Colombie-Britannique, et comme il y avait au gouvernement fédéral pr le passé.

Réinvestir dans le volet Soutien à la programmation: Festivals artistiques et diffuseurs de saisons de spectacles professionnels du Fonds canadien de présentation des arts et hausser le budget du programme Développement des communautés par le biais des arts et du patrimoine (volet Festivals locaux): voilà deux demandes exprimées par le groupe.

«Les budgets de Patrimoine canadien sont les mêmes depuis dix ans, la demande a crû de 30 % au cours des cinq dernières années et les fonctionnaires eux-mêmes avouent être à court de ressources», a-t-on fait remarquer.

Selon M. Grégoire, le gouvernement fédéral a apporté un appui précieux au développement du secteur événementiel depuis de nombreuses années. «Un investissement supplémentaire du gouvernement canadien se traduirait par des retombées économiques et touristiques encore plus importantes, de même qu’un retour fiscal au moins équivalent et permettrait à nos événements de demeurer concurrentiel tant au niveau national que international, dans un contexte où les coûts d’exploitation, de création et de sécurité ont fortement augmenté depuis quelques années», poursuit-il.

En d’autres mots, celui-ci veut avoir «plus d’argent pour la promotion et la création pour qu’on puisse se distinguer alors que les artistes sont sollicités aussi par le continent européen et les États-Unis». «C’est important d’insister sur ce qui nous préoccupe. On n’est pas dans une démarche négative, bien au contraire», a-t-il tenu à préciser tout en parlant davantage d’une demande d’indexation.

Pour sa part, le directeur général de FAME, Martin Roy, explique que l’association a présenté, dans le cadre des consultations pré-budgétaires, un mémoire qui reprend les mêmes demandes que celles formulées au Plan.

«Petits et grands événements sont tous également concernés par la croissance, la sécurité et la reconnaissance de leur apport à la vitalité culturelle. Nous proposons un partenariat gagnant pour tous», a-t-il déclaré.

Au sein de FAME et du RÉMI, le groupe de festivals et événements de la Mauricie est en représentation auprès des ministres concernés, soit ceux du Tourisme, du Patrimoine canadien, de la Sécurité publique et du Développement économique.

En Mauricie, leur demande d’appui s’adresse au ministre François-Philippe Champagne et au député Robert Aubin.

Au total, au Canada, c’est pas moins de 45 festivals et événements qui demandent la mise en oeuvre du Plan pour un meilleur environnement d’affaires pour tous les festivals et événements.