Un an après la dernière élection municipale, le candidat Éric Lord porte un regard serein sur cette expérience qui a assurément marqué sa vie.
Un an après la dernière élection municipale, le candidat Éric Lord porte un regard serein sur cette expérience qui a assurément marqué sa vie.

Éric Lord: une campagne dont il est fier

François Houde
François Houde
Le Nouvelliste
Trois-Rivières — Trois cent soixante-quatre jours après un scrutin municipal qui l’a laissé troisième sur quatre candidats avec 10,7 % des voix, Éric Lord pose sur cet épisode de sa vie un regard serein.

«Ç’a été une expérience de vie extrême, je dirais. J’y ai beaucoup appris, et ce, à plusieurs niveaux. J’en retire énormément d’apprentissages sur la politique, sur les citoyens, sur la Ville de Trois-Rivières et également sur moi-même. Ç’a été une expérience très forte que je suis content d’avoir vécue.»

Le nouveau venu d’alors dans l’arène politique n’est pas candide et admet que le processus n’a pas eu que du positif. «J‘ai trouvé la campagne extrêmement exigeante et très énergivore. Ça exige à la fois un investissement énorme au niveau mental, émotif et même physique à un point que je ne pouvais pas imaginer.»

Le tout, il faut bien l’admettre, pour un résultat décevant. «J’avoue que la défaite n’a pas été facile à vivre. Au moment de la sortie des résultats et pour toute la semaine qui a suivi, ç’a été très douloureux et dur à assumer. Par la suite, le recul m’a donné une perspective nouvelle pour regarder la campagne que j’ai menée et je peux dire que j’en suis fier comme je le suis des propositions que j’ai mises de l’avant. D’ailleurs, j’ai senti que les gens ont eu du respect pour les idées que j’ai présentées et pour ce que j’ai fait et ça m’a fait beaucoup de bien.»

Au chapitre des apprentissages, le directeur général de Culture Mauricie dit que l’expérience lui a notamment appris à connaître l’électorat et le processus électoral. «J’ai pu comprendre pourquoi mes idées n’ont pas percé davantage. En fait, j’ai constaté que dans une campagne électorale, la place des idées n’est sans doute pas aussi élevée qu’on voudrait le croire. Les perceptions ont une très grande place; donner l’impression des choses a souvent plus d’impact que les idées qui sont derrière.»

«Ce n’est pas du cynisme, poursuit-il. C’est simplement que j’ai acquis une meilleure compréhension de la façon dont les choses fonctionnent en politique. Avec le recul, j’ai pu déceler certains éléments que je n’avais pas saisi en cours de route et qui ont sans doute eu du poids sur le vote.»

Cela dit, il n’exprime aujourd’hui aucun regret quant à la façon dont il a mené les choses. «Je me suis donné comme ligne de conduite d’utiliser cette plateforme essentiellement pour faire valoir mes idées et ma vision. Je n’ai pas cherché à être électoraliste ni racoleur même si dans le contexte d’une campagne électorale, la tentation est forcément là. J’ai présenté ma vision de ma ville, je suis demeuré fidèle à mes principes et aujourd’hui, j’en suis fier.»

Lui qui œuvre dans cet univers depuis plusieurs années, il considère que la culture, même si elle aurait pu être davantage présente, a eu une place significative au cours de la campagne, et ce, dans les discours de chacun des trois principaux candidats, ce qui le réjouit.

S’il avait des conseils à offrir à quelqu’un qui serait tenté de se lancer dans une aventure comme celle qu’il a vécue, il retient deux éléments qui lui apparaissent essentiels. «Disons que ce serait des considérations de nature humaine. Je lui conseillerais de rester intègre et fidèle à ses principes parce que c’est la seule façon de sortir de l’aventure la tête haute quel que soit le résultat.»

«Je lui dirais aussi qu’il faut prendre en considération que ce n’est pas un verdict qui s’adresse directement à nous comme personne. Malgré que c’est Éric Lord qui s’est présenté à la mairie, c’est un ensemble de facteurs qui a été jugé. Le public s’est prononcé sur le personnage public et ce qu’il a présenté. Ça ne vient pas remettre en cause nos qualités humaines et professionnelles. Il y a une distanciation à faire entre l’individu et le personnage public sinon, la défaite pourrait être destructrice.»

S’il peut aujourd’hui porter un regard lucide et plutôt bienveillant sur l’expérience, c’est peut-être qu’il a su se donner un bon temps de récupération au terme de l’exercice. «Je suis retourné au boulot pour compléter le bilan de l’année à Culture Mauricie en juin puis je ne suis revenu au travail qu’au mois d’août suivant. Je suis content d’avoir eu le temps nécessaire pour décanter tout ça et bien m’en remettre. Je le dois d’ailleurs à l’équipe formidable que nous avons à Culture Mauricie.»

Toujours intéressé par les affaires publiques, il estime que la Ville est présentement en bonne posture. «En général, je trouve que la Ville fait bien les choses. Je suis conscient à quel point il doit être difficile de manœuvrer dans le contexte de crise que nous connaissons actuellement.»

«Je le vois à Culture Mauricie: on essaie d’aider le milieu en élaborant toutes sortes d’hypothèses de sortie de crise mais le problème, c’est qu’on n’a aucun paramètre fixe pour guider notre réflexion. On constate la situation mais quand et comment les choses vont pouvoir reprendre, on ne le sait pas.»

Cela dit, il se garde bien de prendre position publiquement sur les affaires municipales. «Je n’ai pas le goût de m’impliquer dans le débat public présentement. Il est important pour moi de rester très clairement campé dans mon rôle de directeur général à Culture Mauricie pour éviter qu’il puisse y avoir la moindre confusion. Je ne m’intéresse à la chose municipale qu’en tant que simple citoyen.»

Cela exclut-il toute autre tentative électorale? «C’est très difficile de donner une réponse comme ça, dans l’absolu. Je ne peux pas dire oui ou non mais ce qui est certain, c’est que sachant tout ce que ça exige, ça me demanderait une grande réflexion.»