Même si la rencontre s’est déroulée dans le calme, plusieurs citoyens en avaient gros sur le cœur à la seconde séance d’information sur le nouveau réseau de la STTR.

Encore de la grogne sur les nouveaux trajets de la STTR

TROIS-RIVIÈRES — Le mécontentement était encore palpable à la seconde rencontre d’information organisée par la Société de transport de Trois-Rivières (STTR) sur les modifications à son réseau.

Le déplacement du terminus du Centre les Rivières à l’UQTR est le reproche qui a le plus souvent été adressé au directeur général de la STTR, Guy de Montigny. De nombreux citoyens déplorent d’avoir désormais à marcher plus de 150 mètres pour se rendre de l’arrêt d’autobus, qu’il soit sur le boulevard des Forges, sur le boulevard Rigaud ou sur la 6e rue, à l’une des entrées du centre commercial, en particulier en hiver.

«Moi, je n’irai plus au Centre les Rivières, ni aux Galeries du Cap (où l’arrêt d’autobus est situé à près de 200 mètres de l’entrée la plus proche, NDLR), a lancé une citoyenne. Je vais aller au seul endroit où je peux me rendre pour magasiner sans me casser la gueule, le Carrefour Trois-Rivières-Ouest.»

Le président de la STTR, qui est également conseiller du district de Châteaudun, Luc Tremblay, estime pour sa part que la distance qu’auront à marcher les personnes qui se rendent au Centre les Rivières n’est pas plus grande qu’à d’autres endroits similaires dans la ville.

«Ce n’est pas pire que quand on sort au centre-ville pour aller sur la rue des Forges, a-t-il souligné. C’est pareil pour se rendre aux Galeries du Cap. On reste dans des normes qui sont acceptables. Mais on ne peut pas aller porter les gens à la porte de partout où ils veulent aller. On peut les amener près, mais le moins possible on essaie d’être invasifs sur les terrains des commerçants.»

Comme dimanche soir, à la rencontre qui avait lieu au siège social de la STTR, plusieurs citoyens ont accusé la société de transport de favoriser les étudiants au détriment des personnes âgées. Un étudiant du Cégep de Trois-Rivières a pour sa part critiqué le fait que la ligne d’autobus qui lui permettra de se rendre du nord du secteur Cap-de-la-Madeleine au Cégep n’est pas adaptée aux horaires de l’établissement d’enseignement. «Les cours commencent à 8 h. Avec l’ancienne ligne, il y avait moyen d’arriver à 7 h 55, ce qui était déjà serré, mais la nouvelle nous fait arriver à 8 h 02. Je vais être obligé de prendre l’autobus précédent, qui part beaucoup plus tôt», a-t-il reproché.

Certains ont également demandé si cette décision venait d’une mauvaise entente entre le Centre les Rivières et la STTR, ce que M. de Montigny a démenti.

«C’est une décision de la STTR. Il y a 90 % des gens qui restaient dans les autobus une fois arrivés au terminus. Seulement 10 % en descendaient», a-t-il justifié.

Des citoyens étaient aussi fâchés de voir que la ligne qu’ils empruntent se rendra dans de nouveaux secteurs résidentiels alors que l’arrêt situé près de chez eux sera éloigné, par exemple, dans le district de Sainte-Marthe. «Les gens qui vivent dans ces nouveaux quartiers, ils ne prennent pas l’autobus: ils ont tous des voitures», a critiqué une dame.

La soirée a été moins chaotique que la veille, alors que quelque 200 personnes avaient débarqué au siège social de la STTR. Un peu plus de 80 personnes se sont présentées au Centre Jean-Noël Trudel, dans le secteur Cap-de-la-Madeleine, dans une salle assez grande pour les recevoir tous, cette fois-ci. Les représentants de la STTR avaient également prévu un micro et davantage de chauffeurs d’autobus pour répondre aux questions plus spécifiques des gens. Malheureusement, malgré la discipline des citoyens venus assister à la présentation de M. de Montigny, les discussions avec les chauffeurs ont généré suffisamment de brouhaha pour qu’il soit ardu de bien comprendre les intervenants, ce qui a frustré plusieurs personnes. De nombreuses chaises se sont libérées avant la fin de la rencontre, vers 20 h.

Manque de consultation?

Le manque de consultation est également un reproche qui a été adressé à plusieurs reprises à M. de Montigny et son équipe. Des citoyens auraient souhaité la tenue de séances publiques où la STTR aurait pu tenir compte de leur avis, au lieu de se contenter de sondages faits sur Internet et de groupes de discussions. «Je n’ai pas internet chez nous. Mais tout le monde reçoit le publi-sac, alors s’ils avaient mis une annonce dedans, je serais venue», a déploré une citoyenne.

Pour sa part, M. de Montigny considère que les préoccupations exprimées par les citoyens font justement partie de ce qui a influencé les changements apportés au réseau de transport. «On a fait cet exercice-là avec une foule de matières, comme les requêtes que nous avons depuis belle lurette, avec des groupes de discussion dans le cadre d’un exercice de la Ville sur sa politique de mobilité durable, des sondages web, des portes ouvertes en septembre 2017, s’est-il défendu. On essaie de combler le plus grand nombre de besoins et d’attentes possibles, mais on est limité dans un périmètre financier et budgétaire.»

«L’exercice qu’on propose est actuel, basé sur des données fiables et avec les commentaires reçus», a-t-il ajouté.

Le directeur général a cependant indiqué à plusieurs reprises que les avis exprimés par les citoyens lors des trois séances d’information seront consignés. Il n’écarte d’ailleurs pas entièrement la possibilité que des changements soient apportés au nouveau réseau.

«Il va y avoir une période d’observation et on verra au printemps prochain s’il n’y a pas des aménagements (à faire), a-t-il spécifié. Mais pour l’instant, il faut faire vivre le changement et, surtout, accompagner les gens dans ce changement. Et là-dessus, on va mettre beaucoup d’efforts.»