Luc Tremblay a récemment porté plainte à la Commission municipale contre Mariannick Mercure.
Luc Tremblay a récemment porté plainte à la Commission municipale contre Mariannick Mercure.

«Elle a une attitude déplorable»: Luc Tremblay porte plainte contre Mariannick Mercure à la Commission municipale

Paule Vermot-Desroches
Paule Vermot-Desroches
Le Nouvelliste
TROIS-RIVIÈRES — Le torchon brûle définitivement au conseil municipal de Trois-Rivières, alors que le conseiller de Châteaudun Luc Tremblay vient officiellement de porter plainte au comité de déontologie de la Commission municipale contre la conseillère du district des Forges, Mariannick Mercure, a appris Le Nouvelliste. Luc Tremblay reproche à sa collègue d’avoir enfreint le code d’éthique des élus de la Ville de Trois-Rivières en publiant sur Facebook des informations discutées à huis clos, informations qui sont selon lui de nature confidentielle en vertu du code d’éthique.

La plainte a officiellement été déposée le 3 septembre dernier, après que Mariannick Mercure eut divulgué sur sa page publique de conseillère municipale une information qui aurait dû demeurer confidentielle. Cette information portait sur un vote indicatif qui avait été tenu lors d’une plénière à huis clos précédant la séance publique où les élus auraient à se prononcer sur la redistribution ou non du salaire du président de la STTR entre tous les élus.

Publiquement, les élus s’étaient prononcés à l’unanimité contre cette redistribution, un salaire qui serait plutôt reversé à la STTR pour payer son nouveau président. Or, Mme Mercure a dévoilé que lors de ce vote indicatif, la conseillère Valérie Renaud-Martin s’est prononcée en faveur de la redistribution du salaire entre les élus, même si elle s’est plus tard ralliée à la majorité en séance publique. La résolution a été adoptée à l’unanimité.

La conseillère du district des Forges, Mariannick Mercure.

Or, jeudi, elle a de nouveau publié d’autres informations jugées confidentielles sur sa page, ce qui a fait bondir Luc Tremblay. Les informations portaient sur le fait que lors d’un premier vote indicatif secret, 13 des 15 membres du conseil municipal se seraient dit en faveur de la réparation de la piste cyclable du boulevard des Forges. Or, lors du vote mardi soir, neuf des quatorze conseillers n’étaient plus en faveur de ce chantier. Sur sa page Facebook, Mariannick Mercure soutient toujours que ce vote s’inscrit dans un esprit de vengeance face aux politiques de transparence qu’elle souhaitait faire adopter ce soir-là. 

«Il y a des limites et elle les dépasse constamment. Présentement, elle n’a aucun respect envers les autres élus. Elle dévoile constamment des informations confidentielles. Elle ne respecte ni le conseil ni le code d’éthique sur lequel elle a elle-même travaillé très fort. Elle a une attitude déplorable», mentionne Luc Tremblay.

Le débat sur la transparence, mardi après-midi, a été mené à huis clos, ce qui avait fait bondir la conseillère Mercure, qui avait quitté la réunion de travail. «La raison pour laquelle on a demandé un huis clos était parce que notre greffière, Me Yolaine Tremblay, voulait nous exposer quelques aspects légaux en lien avec ces résolutions. Quand on expose des avis légaux en séance de travail, ça se fait toujours à huis clos», mentionne Luc Tremblay.

Luc Tremblay reproche à sa collègue la publication sur Facebook d’extraits comme celui-ci.

Il avance par ailleurs que bien que 13 des 15 conseillers s’étaient prononcés en faveur du chantier de la piste cyclable lors d’un vote indicatif, la plupart ont révisé leur position après avoir pu lire la charte des travaux, qui parlait bien d’un «corridor scolaire», et non par esprit de vengeance.

«Dès qu’on n’est pas de son avis, c’est la crise. Mais ça ne fonctionne pas comme ça», dénonce Luc Tremblay.

Luc Tremblay reproche à sa collègue la publication sur Facebook d’extraits comme celui-ci.

Mardi soir, en séance publique, d’autres conseillers municipaux ont déploré l’attitude de Mariannick Mercure, dont le conseiller de Saint-Louis-de-France Michel Cormier. «Je pense qu’elle a de la misère à travailler avec le monde, ou alors elle travaille en catimini», avait-il lancé.

La plainte, explique M. Tremblay, doit être étudiée à l’intérieur d’un mois pour voir si elle est recevable ou non. Il devrait normalement recevoir des nouvelles d’ici les deux prochaines semaines.

Mariannick Mercure

Appelée à commenter la plainte déposée par son collègue, Mme Mercure a d’abord indiqué n’avoir rien reçu lui indiquant qu’elle faisait bel et bien l’objet d’une plainte. Par contre, elle ne se formalise pas de cette démarche.

«Je n’ai pas de problème avec ça. Luc Tremblay n’est plus capable de m’entendre et il multiplie les appels pour me demander de me taire. Mais ça ne marche pas, il ne me fera pas taire. Présentement, je dénonce des situations que j’estime inacceptables, des décisions qui se prennent à huis clos et qui favorisent les intérêts personnels des élus plutôt que le bien commun. S’ils pensent pouvoir me faire taire, bonne chance, parce que je serai dans leurs pattes jusqu’aux élections de 2021», déclare sans détour la conseillère, qui avait déjà fait savoir qu’elle ne comptait pas solliciter un nouveau mandat.

Mariannick Mercure se dit prête à aller se défendre devant la Commission municipale si la plainte devait être retenue. «Le huis clos dont il parle est informel. J’ai demandé des avis légaux là-dessus. La plénière, officiellement, n’existe pas puisqu’elle n’a pas été créée par résolution. Cet argument ne sera pas recevable», considère-t-elle.

Puisqu’un processus officiel a été entamé devant la Commission municipale, le maire Jean Lamarche n’a pas souhaité commenter la situation.

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Extraits du Code d’éthique sur lesquels s’appuie la plainte de Luc Tremblay

  • Chapitre IV, article 7.4 (a): Les membres du conseil doivent faire preuve de civilité, de politesse, d’écoute, de considération et de tolérance envers les autres membres du Conseil, les employés de la Ville, ses citoyens et ses contribuables.
  • Chapitre VI, article 31: Tout membre du Conseil doit respecter la confidentialité des informations non disponibles au public dont il a eu connaissance dans l’exercice ou à l’occasion de ses fonctions. Il lui est donc interdit de les utiliser, de les communiquer ou de tenter de les utiliser ou de les communiquer, tant pendant son mandat qu’après celui-ci.