Henri Blais élève des poules en milieu urbain depuis le printemps dernier.

Élever des poules en ville!

TROIS-RIVIÈRES — Le fait qu’Henri Blais réside dans une copropriété du secteur Cap-de-la-Madeleine ne l’a pas arrêté quant à son désir d’élever des poules en milieu urbain, qui sont installées à côté de son cabanon, à l’arrière de son bloc à quatre condos.

Malgré l’installation qui est située très près de ses voisins et l’absence d’un règlement qui permet aux citoyens de Trois-Rivières d’élever des poules en ville, celles-ci font le bonheur du voisinage près de chez M. Blais, notamment des occupants de la résidence Sainte-Famille.

À en croire les dires d’Henri Blais et de quelques uns de ses voisins, les poules sont devenues, au courant de l’été, les vedettes du quartier.

Les deux poules de M. Blais ont même leurs noms: Claudette et Réjeanne. Cette dernière a d’ailleurs été nommée en l’honneur d’une résidente de 90 ans qui les visite chaque matin. «C’est presque de la zoothérapie», affirme le propriétaire, M. Blais. «Il y a beaucoup de gens qui viennent voir les poules, leur parle et les nourrit».

Visiblement, les résidents se passent le mot concernant les poules élevées près de chez eux. Henri Blais raconte souvent voir des occupants de la résidence Sainte-Famille s’approcher de son terrain afin d’observer les poules.

«On ne les entend jamais», soutient Pierre Fafard, un voisin d’Henri Blais qui l’a même aidé à construire l’enclos pour ses animaux. «Elles ne sont pas dérangeantes».

«On pensait que ça allait sentir, mais il les entretient très bien», note une autre voisine de M. Blais.

Entretenir des poules
Afin d’accueillir les deux poules achetées dans une coopérative de Saint-Casimir au printemps dernier, M. Blais a dû construire un enclos ainsi qu’un poulailler.

Chaque jour, il doit les nourrir, leur donner de l’eau et ramasser les excréments dans l’enclos afin d’éviter les odeurs. «Je ne veux pas incommoder les gens», explique M. Blais.

Le propriétaire prévoit garder ses poules à l’arrière de sa copropriété jusqu’au mois de novembre. Pendant l’hiver, son neveu, qui a un poulailler, les accueillera chez lui.

Pour l’instant, il n’y a pas de règlement concernant l’élevage de poules en ville à Trois-Rivières.

En réalité, les poules en ville sont tolérées, à moins qu’un citoyen ne fasse une plainte. «On ne fera pas une chasse aux sorcières», souligne Yvan Toutant, porte-parole de la Ville de Trois-Rivières. «Mais si un citoyen fait une plainte, comme le règlement municipal n’autorise pas les gens à avoir des poules, on n’a pas le choix d’intervenir».

M. Toutant soutient que les conseillers municipaux pourraient par contre aborder le sujet des poules en milieu urbain dans de prochaines rencontres. «Les élus vont éventuellement faire un travail sur la réglementation des animaux à Trois-Rivières», mentionne le porte-parole de la Ville. «Est-ce que cela fera partie des discussions? Peut-être».

«Si la Ville vient à faire un règlement, il faudrait qu’il soit assez sévère», note Henri Blais. «Si les gens en ont et ne les entretiennent pas, c’est là qu’il va y avoir des plaintes et qu’on risque de nous enlever l’occasion d’avoir des poules.»

En 2016, une pétition signée par 1180 personnes avait été déposée lors d’une séance du conseil de ville à Trois-Rivières afin que les citoyens aient le droit, officiellement, d’élever des poules en ville.

Le maire Yves Lévesque avait accepté la pétition en mentionnant toutefois qu’il n’avait pas l’intention d’adopter de règlement à ce sujet.

M. Lévesque avait évoqué comme raison la réglementation concernant les chiens et les chats qui coûte plus de deux millions de dollars par année aux résidents de Trois-Rivières.