Le maire de Trois-Rivières, Jean Lamarche.
Le maire de Trois-Rivières, Jean Lamarche.

«Du choc des idées jaillit la lumière»

Paule Vermot-Desroches
Paule Vermot-Desroches
Le Nouvelliste
Trois-Rivières — La sortie du conseiller Dany Carpentier a certainement causé des réactions autour de la table du conseil municipal de Trois-Rivières. Si certains sont d’accord avec la sortie du conseiller municipal, d’autres estiment que les choses ne vont pas si mal et qu’il est sain et normal qu’en démocratie, on n’atteigne pas forcément l’unanimité ou l’harmonie parfaite.

Le maire Jean Lamarche accueille les commentaires de Dany Carpentier en rappelant qu’il importe d’assumer que «du choc des idées jaillit la lumière». «Je l’ai mentionné en campagne électorale, que l’harmonie au conseil serait possiblement la question de l’urne, et je savais en arrivant que ce serait difficile. Mais on a changé plusieurs processus depuis mon arrivée. J’ai revu les temps de parole en séance de travail, j’ai pris soin de faire en sorte que chacun soit mis en valeur dans les activités touchant la Ville. Il y a un travail qui se fait constamment sur le processus de gouvernance et ça, je crois que j’en assume bien le leadership», signale M. Lamarche, qui estime être dans un mode écoute et adopter une approche positive et une bonne ouverture.

«Maintenant, je sais que j’ai une approche différente et qu’on peut se sentir secoué par cette approche. Mais on ne peut pas régler en un coup de baguette magique la question de l’harmonie au conseil, et on a aussi une Ville à faire fonctionner. Moi je ne suis pas dans la recherche de l’unanimité, mais bien du consensus», ajoute le maire.

Mariannick Mercure abonde dans le même sens, disant qu’elle estime pour sa part que le maire Lamarche exerce un leadership positif. «Même si on n’arrive pas à s’entendre sur tout, c’est correct. Ça fait partie de la démocratie. Mais pour ma part, j’estime que la dynamique est bonne», constate-t-elle, en répliquant toutefois à Dany Carpentier au sujet de ses sorties sur la place publique. Elle mentionne avoir parlé à plusieurs reprises à ses collègues, depuis deux ans, de son malaise face au financement récurrent du GP3R. «Mon éthique à moi, elle me commande d’arrêter de m’auto-censurer et de miser plutôt sur la transparence en exprimant publiquement un point de vue que je martèle à mes collègues en privé depuis deux ans», ajoute-t-elle.

Ginette Bellemare, qui a assumé l’intérim à la mairie avant l’élection de Jean Lamarche, indique pour sa part partager les inquiétudes de Dany Carpentier, et même les avoir manifestées au maire Lamarche. «On a un navire qui a avancé jusqu’au milieu de la mer, mais là il ne bouge plus. Je m’aperçois bien que ça ne fonctionne pas actuellement, mais mes inquiétudes n’étaient pas partagées par le maire. Oui, il y a eu une période d’adaptation, mais nous sommes rendus ailleurs, et il faut qu’on travaille tous ensemble», croit-elle.

Certains conseillers, dont Claude Ferron, François Bélisle et Luc Tremblay, estiment que la tension autour de la table vient notamment du fait qu’on amène pratiquement séance tenante des projets qui demandent des engagements financiers importants de la Ville sans que le conseil ait toute l’information, comme ce fut le cas pour les Aigles par exemple. «Je trouve que le maire est hermétique, il doit nous partager sa vision, nous dire vers où il veut aller et qu’on en discute ensemble. Il est parlable, ça, je ne peux pas le nier, mais il faut faire les choses de la bonne façon», croit Claude Ferron.

«Le rôle d’un conseil est aussi d’être le reflet de la communauté. On ne fait pas partie d’un groupe ou de l’autre. Moi je défends les intérêts de Pointe-du-Lac, et c’est ce qui guide mes décisions», ajoute François Bélisle qui dit que pour le moment, ce que les citoyens lui réclament, c’est de «limiter les hausses de taxes».

Michel Cormier et Daniel Cournoyer sont pour leur part d’avis que l’ambiance de travail n’est pas rose autour de la table et que c’est effectivement difficile de travailler ensemble, mais que le conseil doit laisser le maire être le capitaine du bateau. «Jean Lamarche veut rallier, mais c’est tellement compliqué parce que certaines personnes font passer leurs valeurs personnelles avant les valeurs de la population. Moi j’ai été élu par et pour les citoyens, et c’est leur point de vue que je dois défendre, pas le mien. Le capitaine, c’est le maire, et nous devons lui faire confiance et lui donner les coudées franches car il est le seul qui a été élu par l’ensemble de la population, pas uniquement par un district», constate Daniel Cournoyer.

Son collègue Pierre Montreuil est d’avis, quant à lui, que le maire est encore en période d’apprentissage, mais qu’il y a un effort de concertation surtout en cette période budgétaire. En ce sens, il est d’avis qu’il faut laisser la chance au coureur.

Pierre-Luc Fortin s’étonne quant à lui que son collègue Carpentier s’offusque de la façon de faire actuelle. «On doit prendre des décisions, chercher l’information et avoir des discussions. Et oui, dans le processus, ça se peut que ça se retrouve sur la place publique. Et oui, ça se peut qu’on n’en arrive pas à l’unanimité. Mais l’important, c’est qu’une fois que la décision est prise, on l’assume et on se rallie. Mais on ne peut pas faire ça avant d’avoir traversé le processus », croit-il.