Le député fédéral de Trois-Rivières, Robert Aubin, croit que le développement de l’aérogare, du port de Trois-Rivières et du projet de TGF aurait de nombreux effets positifs dans la région.

Développement de projets de transports à Trois-Rivières: un moment charnière

Trois-Rivières — Alors que l’aide gouvernementale se fait toujours attendre pour la réalisation des projets de train à grande fréquence (TGF), d’investissements au port et de la nouvelle aérogare, Trois-Rivières se retrouve à un moment charnière pour le développement de ses pôles de transport. C’est du moins ce que croit Robert Aubin, député fédéral de Trois-Rivières.

Le Nouvelliste s’est penché sur la question de l’impact qu’aurait un train à grande fréquence dans la région, advenant la concrétisation du projet. Le retour d’un TGF aurait-il des impacts sur le tourisme? Pourrait-il régler, en partie, la problématique de rareté de main-d’œuvre? Le coût de la vie augmenterait-il de façon importante en région advenant sa construction? Le dossier sur le train à grande fréquence tente de répondre aux questionnements qui entourent le sujet.

Ce dernier explique que le développement de ces trois projets pourrait permettre à Trois-Rivières de devenir une plateforme centrale du Québec en termes de transport, notamment en raison de sa situation géographique. «À Trois-Rivières, on a effectivement les quatre axes de transport possibles et déjà développés», commente M. Aubin.

Des projets en attente

C’est que les trois importants projets en matière de transport à Trois-Rivières sont en attente de différentes aides et mesures gouvernementales. Le train à grande fréquence, qui fait couler beaucoup d’encre dans la région, a fait l’objet d’une annonce en juin dernier. Le gouvernement fédéral a en effet annoncé un investissement de 71,1 millions de dollars pour la mise sur pied d’une équipe de projet qui examinera plus en profondeur le trajet proposé par VIA Rail entre Québec et Toronto. Ceux qui, comme M. Aubin, souhaitaient une annonce officielle ont été tout de même déçus de cette sortie. «Il y a quand même une intention et un pas de franchi supplémentaire, puisqu’on passe d’études théoriques qui se font depuis des années à la création d’un bureau de projet, mais il faut bien comprendre qu’un bureau de projet, ça demeure des études», dit-il.

Puis, une étude menée par la firme EY relatant que le tronçon Montréal-Québec ne serait pas rentable a été dévoilée en juillet dernier. Le ministre de l’Infrastructure et des Collectivités François-Philippe Champagne s’est toutefois fait rassurant concernant le trajet du TGF.

Du côté du port de Trois-Rivières, ce sont les modifications des lettres patentes qui sont nécessaires pour aller au bout des projets prévus dans les prochaines années, qui incluent la construction de développements commerciaux et résidentiels. Le ministre des Transports, Marc Garneau, dit vouloir étudier la question lors de la révision de la loi sur les ports.

Le projet d’une nouvelle aérogare, lui, nécessite à la fois une participation financière du gouvernement fédéral ainsi qu’une désignation de l’aéroport de Trois-Rivières. Cette désignation est nécessaire pour accueillir des vols internationaux, du moins pour que le tout soit bénéfique. «Au Canada, quand vous êtes un aéroport désigné, ça veut dire que viennent de facto, avec la désignation, tous les services de sécurité normaux à un aéroport», explique M. Aubin. «Pour l’instant, une compagnie qui serait intéressée à faire des voyages dans le sud, par exemple, à partir de Trois-Rivières, au moment du retour, les gens seraient obligés de débarquer à Montréal ou à Québec pour passer les douanes, rembarquer dans les avions, puis revenir à Trois-Rivières.»

«Que des éléments positifs»

Rétention de la classe étudiante, impact sur le domaine récréotouristique, façon d’attirer de la main-d’oeuvre qualifiée dans la région...Les effets de la concrétisation de tels projets de transports sont nombreux, selon le député fédéral.

Robert Aubin affirme que le développement des trois projets engendrerait une création d’emploi importante en région. «Ça représente le développement d’emplois bien rémunérés pour des gens de la région. Je connais peu d’emplois qui sont au salaire minimum dans ces organisations-là, alors on parle d’emplois bien rémunérés capables de faire vivre une famille.»

Un élément central des projets de transport à Trois-Rivières serait la facilité de voyager vers les grands centres partout au pays, soit par avion ou en TGF dans le corridor Québec-Toronto. «Ça change la donne complètement. En termes de mobilité interurbaine, ça change tout», lance M. Aubin. «Quand vous êtes à proximité de Montréal ou de Québec en 50-55 minutes de train et que vous êtes à quelques heures de Toronto, vous voyez bien que vous avez accès à tous les centres névralgiques qui permettent à toute la communauté d’affaires de rayonner sur l’ensemble du Canada à partir de Trois-Rivières», dit celui qui a rencontré les dirigeants d’entreprises aériennes qui souhaitent se développer davantage et qui pourraient être intéressées par le marché de Trois-Rivières, à condition d’offrir des installations adaptées.

Ce dernier ne voit finalement aucun impact négatif que pourrait entraîner le développement de l’aérogare, du port de Trois-Rivières et la construction d’un TGF. «On n’a que des éléments positifs à développer ces quatre axes de transport que sont le maritime, le ferroviaire, l’aérien et le routier», conclut-il.