Danielle Bérubé aimerait que le réseau d'aqueduc soit prolongé sur la rue Hamel, où elle réside. Il semble cependant que ce ne soit pas dans les cartons de la Ville actuellement.

Des résidents de Saint-Louis-de-France manquent d'eau

Difficile d'imaginer, en 2014, devoir louer une chambre d'hôtel pour donner le bain à son enfant car les réserves d'eau à la maison sont à sec. C'est pourtant la réalité que vivent des citoyens du secteur Saint-Louis-de-France, dont l'alimentation en eau potable se fait depuis de nombreuses années par des puits de surface.
Angoissée et épuisée de cette situation, une dame de la rue Hamel, où se trouvent une quinzaine de résidences, lance un cri du coeur pour pouvoir avoir le prolongement du réseau d'aqueduc sur cette portion du territoire.
Danielle Bérubé a acheté sa maison il y a trois ans. Lors de l'achat, le vendeur lui avait mentionné que la maison était alimentée par un puits et que la gestion de l'eau était un peu différente à cause de cela. Quelques semaines après leur déménagement, la veille de Noël alors que la famille recevait pour le réveillon, ils ont eu la mauvaise surprise de constater que l'eau n'arrivait plus au robinet. Plus moyen d'utiliser la toilette, la douche, l'évier...
Depuis ce jour, la famille qui compte trois enfants dont un bambin de 5 ans doit composer avec une gestion extrêmement serrée de son eau, et ce, à tous les jours.
«Il y a des jours où on doit choisir entre donner le bain, faire à manger ou faire la lessive. Il nous est arrivé de devoir louer une chambre d'hôtel pour donner un bain à mon fils, car nous n'avions plus d'eau. À 100 $ du bain, ça revient cher! Nous devons calculer le temps de la douche pour chacun, calculer l'eau pour faire à manger pour être sûr de ne pas en manquer pour la vaisselle. On n'invite plus personne à la maison parce qu'on ne pourrait pas se permettre une seule chasse d'eau de plus. C'est angoisse par-dessus angoisse», confie-t-elle, visiblement au bout du rouleau.
Même son de cloche chez sa voisine, Denise Hamel, qui s'approvisionne avec une pointe dans la terre.
«La qualité de l'eau est bonne, mais c'est la quantité le problème. Je dois faire attention. Je ne peux pas partir un lavage et faire la vaisselle en même temps parce que je n'aurai plus d'eau. Il faut que je choisisse, et que j'attende ensuite que la pompe fasse son travail. La pompe, elle roule pratiquement jour et nuit à l'électricité», mentionne Mme Hamel.
Démarches
En mai 2013, Danielle Bérubé a rencontré le conseiller municipal de l'époque, Michel Bronsard, avec une pétition signée par la très grande majorité des citoyens de la rue Hamel. Les démarches se sont alors multipliées, dont la suggestion par le conseiller municipal de l'époque de tenir une nouvelle pétition en vue d'une réunion où les résidents seraient consultés. En janvier dernier, Mme Bérubé a rencontré le service des Travaux publics en compagnie du nouveau conseiller municipal, Michel Cormier.
«On m'a assuré qu'une étude serait commandée pour évaluer les coûts, mais que ça coûterait très cher à chacun des résidents de la rue. J'ai répondu que nous en étions conscients mais que nous étions aussi prêts à payer pour une meilleure qualité de vie et pour la valeur de nos maisons», assure-t-elle.
Or, vérification faite, aucune étude n'est actuellement en cours pour réaliser ce prolongement. En effet, le moratoire décrété en 2011 par la Ville de Trois-Rivières sur tout nouveau développement ou prolongement majeur d'infrastructures du côté est a été levé partiellement en 2013, mais s'applique toujours à la partie située au nord-ouest de l'emprise prévue de l'autoroute 40, c'est-à-dire presque tout le district de Saint-Louis de France, y compris la rue Hamel.
Ce moratoire avait été décrété en raison de la difficulté en approvisionnement d'eau du côté est de la rivière. Depuis, plusieurs investissements ont été réalisés pour amener de l'eau de l'ouest vers l'est, améliorant une partie du problème.
«Nous sommes au fait du problème sur la rue Hamel et dans les environs. Par contre, avant d'entreprendre le prolongement des services dans cette direction, il faudra lever le moratoire et procéder avec un plan d'ensemble: aqueduc, égout, trottoirs, éclairage. Et rien n'est prévu présentement», a confirmé le directeur des communications de la Ville, François Roy.
Informée de cette position, Mme Bérubé s'est dite sous le choc.
«Pourquoi alors m'avoir demandé, en 2013, de mener une nouvelle pétition, m'avoir laissé croire qu'une étude serait réalisée», se questionne la dame, qui estime avoir toujours agi de bonne foi et avoir mené des démarches positives pour ce projet qu'elle estime essentiel à la qualité de vie des gens du secteur.
Le conseiller municipal du secteur, Michel Cormier, affirme avoir lui aussi à coeur ce projet pour ses citoyens.
«Je sais que par le passé, il y avait déjà eu une étude. Mais je vais très rapidement me replonger dans le dossier et travailler là-dessus», a-t-il mentionné. M. Cormier se relève actuellement d'une chirurgie au genou et devra respecter quelques semaines de convalescence, mais entend se remettre au travail dès que sa santé le lui permettra.