André Milot, Micheline Saint-Onge, Roger Drouin, Suzanne Charette et André Bluteau aimeraient bien connaître le contenu du projet domiciliaire prévu sur le Club de golf des Vieilles-Forges avant qu’il ne soit entériné par le conseil municipal, mardi.

Des questions sans réponses

TROIS-RIVIÈRES — Le projet de développement domiciliaire qui se dessine sur les terrains du Club de golf les Vieilles Forges, à Trois-Rivières, inquiète de plus en plus une poignée de résidents du secteur. Alors qu’une pétition ayant recueilli 251 signatures l’été dernier dans le secteur, demandant au conseil de prendre en considération plusieurs demandes des citoyens, ces derniers déplorent qu’une résolution s’apprête à être votée au conseil municipal mardi soir, et ce, sans que les citoyens puissent en connaître le contenu.

On se souviendra que des séances de consultation avaient été tenues l’été dernier par la conseillère municipale du secteur, Mariannick Mercure, à ce sujet. À la fin du mois d’août, cette dernière déposait un avis de motion visant l’encadrement du développement de tous les terrains de golf sur l’ensemble du territoire de Trois-Rivières.

Toutefois, selon les citoyens, une résolution de concordance afin d’entériner une entente avec les promoteurs de ce projet résidentiel s’apprête à être votée mardi prochain au conseil municipal, ce qui, selon leur compréhension des choses, empêchera la possibilité d’une tenue de consultation publique sur le sujet. «Il y a eu des consultations cet été, mais en sortant de là, on a compris que c’était davantage des séances d’information. On n’a jamais eu l’impression d’être vraiment consultés sur le projet», relate l’un des résidents de la rue des Sentinelles, Pierre Clouâtre, qui affirme ne pas avoir eu aucune autre communication avec sa conseillère municipale depuis la tenue de la dernière séance d’information, le 17 juillet.

La possibilité d’un vote par résolution inquiète désormais ce groupe de citoyens, dont une partie a initié la démarche de pétition ayant recueilli l’appui de 90 % des citoyens du quartier. Ils s’inquiètent surtout de ne pas savoir ce que l’entente avec les promoteurs du projet comportera, entente qui devrait être soumise au vote du conseil durant la séance régulière, avant qu’ils aient eu le temps de s’exprimer au conseil municipal sur la question durant la période de questions.

Le projet de développement initial sur ce terrain, élaboré en 2008, comptait 80 portes, un projet qui n’a jamais vu le jour. Ce nouveau projet, aux dernières nouvelles transmises aux citoyens, parlait plutôt de 445 portes, un nombre qui pourrait avoir été revu à la baisse, ce que les citoyens ne peuvent confirmer étant donné qu’ils ne connaissent pas le contenu de l’entente.

Du coup, ces derniers s’inquiètent non seulement du flot de circulation qu’apportera ce développement sur leur rue durant les travaux et ne savent pas la configuration prévue d’une éventuelle voie de contournement. Ils déplorent aussi que la configuration du boulevard des Forges à cette hauteur, où l’on compte une seule voie dans chaque direction, n’a pas été pensée pour accueillir autant de circulation supplémentaire dans ce secteur qui s’est déjà passablement développé depuis les dernières années.

Corridor aérien

André Bluteau, un autre résident de la rue des Sentinelles, fait par ailleurs remarquer que le projet domiciliaire visé s’érigera directement en dessous du corridor de descente des avions gros porteurs qui se dirigent vers l’aéroport de Trois-Rivières, notamment pour des entretiens auprès de la compagnie AAR.

«Avec les projets d’expansion de cette entreprise et de l’aéroport trifluvien, on peut s’attendre à ce qu’il y ait de plus en plus de trafic dans ce corridor de descente. La vraie question à se poser est: iriez-vous vous faire construire juste en dessous d’un corridor de descente de gros porteurs? C’est totalement illogique de développer à cet endroit», croit M. Bluteau.

La conseillère municipale du district, Mariannick Mercure, a préféré ne pas trop s’avancer dans ce dossier étant donné que l’ordre du jour officiel de la séance de mardi n’était pas encore préparé, et qu’elle ne pouvait éthiquement pas parler du contenu d’une résolution sans que celle-ci ait d’abord été soumise au conseil.

«Mais je peux vous dire qu’on a travaillé fort, et que les actionnaires du projet ont bien collaboré. Je pense que la proposition qui sera présentée répondra essentiellement aux demandes des citoyens. Tout ce que je peux dire, c’est que je suis très satisfaite de ce qu’on s’apprête à présenter», mentionne-t-elle.

Pour leur part, les citoyens entendent se présenter nombreux à la séance de mardi soir pour prendre connaissance du contenu de la résolution. «Si ça ne convient pas, nous n’hésiterons pas à nous adresser à la Commission municipale», soutient Suzanne Charette.