Contrairement à ce que véhicule une lettre ouverte, le conseil municipal ne s’octroie pas une augmentation salariale de 16 %.

Des «faussetés» qui «dénigrent les élus»

Trois-Rivières — Le conseil municipal de Trois-Rivières a vivement réagi, mercredi, après que des propos laissant entendre qu’ils étaient sur le point de s’octroyer une augmentation salariale de 16 % lors d’une prochaine séance du conseil municipal eurent été véhiculés sur la place publique. Le conseil, qui a effectivement récemment procédé à une révision salariale, martèle que celle-ci se fera à coût nul pour la Ville et que certains conseillers municipaux ne bénéficieront pas d’une augmentation, mais même d’une diminution salariale.

C’est à la suite de la parution d’une lettre ouverte dans nos pages, signée par Guy Godin, que le conseiller municipal François Bélisle est tombé en bas de sa chaise. Une lettre ouverte qui, selon lui, véhiculait des faussetés et dénigrait carrément la fonction des élus municipaux. Cette lettre laissait notamment transparaître que chaque conseiller obtiendrait une augmentation salariale de 16 %, ce qui représenterait une dépense de 100 000 $ supplémentaires pour la Ville. M. Godin remettait également en question l’affirmation voulant que le tout se fasse à coût nul.

Pourtant, la démonstration en a été faite mathématiquement parlant, rappelle François Bélisle. La révision salariale consistait à répartir de façon équitable les primes versées aux membres du comité exécutif, aux membres siégeant sur la Société de transport de Trois-Rivières, la Régie de gestion des déchets de la Mauricie de même que la prime versée au maire suppléant ou à la mairesse suppléante. Ces primes, déjà budgétées à la Ville, n’entraînent donc aucun coût supplémentaire pour le contribuable, mentionne François Bélisle.

«Oui, nous avions le plan de regarder pour une augmentation salariale, comme l’ont d’ailleurs fait Nicolet, Bécancour et Shawinigan. Il était question de faire faire une étude. Mais rien n’a été fait, et le contexte actuel à l’hôtel de ville fait que nous sommes assez sages pour ne pas aller plus loin et attendre l’élection du nouveau maire ou de la nouvelle mairesse pour en rediscuter. Et s’il fallait qu’on n’aille jamais plus loin là-dedans, je vivrai très bien avec ça aussi», mentionne-t-il.

François Bélisle rappelle que lors des premiers votes du conseil municipal sur la question, il a clairement été mentionné que certains élus allaient baisser de salaire en raison de la perte des avantages des comités sur lesquels ils pouvaient siéger. Les conseillers Pierre-Luc Fortin, Daniel Cournoyer et Luc Tremblay sont au nombre de ceux qui baisseront de salaire. Récemment nommé vice-président de l’exécutif, François Bélisle aurait pu toucher un salaire de près de 70 000 $ à cette nouvelle fonction, ce qui ne sera maintenant plus le cas.

«C’est ce qu’on a voulu. L’idée, c’est que dorénavant, il n’y ait plus de cachette. Chacun gagne le même salaire que ses collègues, et personne ne se retrouve avantagé par des nominations à des comités qui pourraient être perçues comme des récompenses», croit François Bélisle, qui ne digère pas non plus que la lettre de M. Godin ait laissé sous-entendre qu’on ait tenté de faire le tout de façon cachée.

«Il y a eu des articles dans les journaux, des reportages à la télé, des avis publics même. On ne pouvait pas être plus transparent», soutient-il.

Malgré tout, François Bélisle ne croit pas qu’une mauvaise compréhension de cette décision du conseil persiste au sein de la population. «C’est une lettre ouverte de quelqu’un qui, visiblement, ne connaît pas la game. Mais à force de nous prêter des intentions comme ça, ça dénigre la fonction publique, ça dénigre les élus. On a le droit de critiquer les élus, mais qu’on le fasse pour les bonnes choses», ajoute M. Bélisle, qui se désole de voir qu’on alimente ainsi une méfiance du conseil municipal, qui selon lui n’a absolument pas sa raison d’être.