Il faudra jusqu'à cinq ans avant que tout le réseau d'eau potable de la ville de Trois-Rivières reçoive l'eau fluorée de l'usine de filtration.

De l'eau fluorée d'ici... cinq ans à Trois-Rivières

Ce n'est pas demain la veille que tous les résidents de Trois-Rivières boiront de l'eau fluorée. Bien que la construction des installations relatives à la fluoration de l'eau de la distribution publique se feront dans un horizon de plus ou moins six mois, il faudra jusqu'à cinq ans avant que tout le réseau d'eau potable de la ville de Trois-Rivières reçoive l'eau fluorée de l'usine de filtration.
Rappelons que lors de l'assemblée du conseil municipal du 3 février dernier, les conseillers ont adopté sur division, à neuf voix contre sept, la levée du moratoire sur la fluoration de l'eau potable, un sujet qui a soulevé tout un débat sur la place publique et qui continue d'alimenter les démarches des groupes opposés à cette mesure.
Lors de cette soirée, on comprenait que la Ville allait désormais demander des plans et devis dans le but d'aller en appel d'offres afin de procéder à la construction des équipements nécessaires au retour de la fluoration à l'usine de filtration, des démarches qui demandaient un délai de six mois.
Or, on comprend aujourd'hui que s'il faudra environ six mois pour la construction de ces équipements, il faudra jusqu'à cinq ans avant que l'eau fluorée ne se retrouve dans les robinets de chaque résidence desservie par le réseau public.
«À Trois-Rivières, ville issue d'une fusion, on ne trouve pas un réseau unique et on ne peut pas traiter toute l'eau d'un seul coup sur l'ensemble du territoire. Impossible. On peut s'attendre à ce que la fluoration se fasse par étapes dans un horizon d'environ cinq ans. Ces étapes seront annoncées quand elles seront précisées», a expliqué le directeur des communications de la Ville de Trois-Rivières, François Roy.
Ces étapes dépendent de plusieurs facteurs, dont les travaux à l'usine de filtration prévus en 2014, la mise en réseau des puits existants, la réfection de réservoirs existants, la mise en service des deux nouveaux réservoirs situés sur le boulevard Des Chenaux et la rue Vachon, ainsi que de différentes autres interventions prévues au plan directeur de l'eau potable.
Un délai tout ce qu'il y a de plus normal et raisonnable, estime le maire Yves Lévesque.
«Et il ne faut pas oublier qu'il y aura des secteurs qui ne l'auront jamais, puisqu'ils sont desservis par des puits. Environ 80 % à 85 % des citoyens sont desservis par le réseau public», explique le maire, qui ne s'inquiète pas de voir les groupes d'opposition utiliser ce délai pour poursuivre leurs démarches afin de faire renverser cette décision.
«Ces gens ont eu l'occasion de se faire entendre en commission parlementaire. Québec a décidé de maintenir le statu quo. Le conseil s'est prononcé de façon majoritaire et ce, démocratiquement. La démocratie a parlé, ils ne peuvent pas aller contre ça», signale M. Lévesque.
De son côté, l'un des membres de la Coalition trifluvienne pour une eau très saine, Philippe Giroul, soutient que ce n'est pas tant le délai de distribution de l'eau fluorée qui importe à la coalition, mais bien le délai de construction des installations.
«Une fois que tout sera construit, c'est là que ça coûterait cher à la Ville de revenir en arrière, car la construction est en lien avec les subventions données par Québec», précise-t-il.
Toutefois, la coalition ne lâche toujours pas le morceau, elle qui attend une réponse du ministre Yves-François Blanchet à leur demande formulée à la première ministre, demande qui a été reléguée au ministère de l'Environnement.
Parallèlement, la coalition étudie ses options légales, tant au niveau du recours collectif que d'injonctions ou de plaintes formulées contre la Ville. Elle espère également organiser un forum où les citoyens pourraient directement venir poser leurs questions aux intervenants concernés. Une pétition intitulée «Élus municipaux de Trois-Rivières: procédez à une consultation populaire sur la fluoration de l'eau potable» a aussi recueilli à ce jour plus de 1210 signatures.
Par contre, la coalition dit avoir eu connaissance de manifestations qui tentaient de s'organiser par des personnes qui ne parlent pas en son nom.
«Nous avons refusé de s'associer à quelque manifestation que ce soit pour le moment. Nous estimons que c'est contre-productif. Ce n'est pas là que doivent se concentrer nos énergies», croit Philippe Giroul.