Les quatre candidats à la mairie de Trois-Rivières ont répondu à l’invitation des professeur(e)s de l’UQTR.

Course à la mairie de Trois-Rivières: les professeurs proposent une ville universitaire

TROIS-RIVIÈRES — Les professeur(e)s de l’Université du Québec à Trois-Rivières croient que les liens et les partenariats entre eux et la Ville de Trois-Rivières auraient avantage à se multiplier afin de vraiment faire de Trois-Rivières une véritable ville universitaire.

Dans le cadre de la campagne à la mairie, les professeur(e)s ont donc invité les quatre candidats afin de leur faire part de différentes idées qui permettraient de réaliser ce projet et pour entendre également leur vision de l’UQTR.

Gilles Bronchti, directeur du département d’anatomie et président élu du comité exécutif du Syndicat des professeurs et professeures de l’UQTR (SPPUQTR) indique que les professeurs voulaient «entendre leurs points de vue sur la création — puisque ça n’existe pas encore ici — d’une ville universitaire à Trois-Rivières.»

«Jusqu’à présent, la Ville s’est développée, l’Université s’est développée, mais séparément. Je pense que ça porte préjudice aux deux», dit-il. Trois-Rivières, constate-t-il, est perçue «comme une ville pauvre, une ville industrielle sur le déclin entre les pôles que sont Montréal et Québec. L’Université est vue comme une université de région», avec une connotation négative associée à ce terme, indique le professeur Bronchti. «Nous devons créer plus de partenariats», propose-t-il au nom des professeurs et «coconstruire ensemble cette ville universitaire.»

«Je ne veux pas d’engagements préélectoraux», a déclaré le président élu du SPPUQTR juste avant la rencontre avec les candidats. «Je veux des engagements postélectoraux», dit-il.

«Une ville universitaire, ça veut dire travailler ensemble, amener de nouvelles idées qui n’ont pas eu lieu jusqu’à présent», résume-t-il.

Afin d’étoffer leur idée d’une relation plus étroite avec la Ville, les professeurs ont récemment eu l’occasion d’y aller de leurs suggestions qui ont par la suite été synthétisées et présentées aux candidats.

L’UQTR, fait valoir le professeur Bronchti, compte de nombreux experts, des chercheurs sur des sujets de pointe comme l’énergie, l’art ou l’écologie, par exemple. «Ils font aussi de la recherche qui peut être utilisée, appliquée», plaide-t-il.

Plusieurs thématiques se dégagent des opinions émises par les professeurs, par exemple, créer des événements conjoints, repenser l’urbanisme pour accommoder les étudiants au niveau du logement et du transport en commun, avoir recours aux étudiants pour répondre à la pénurie de main-d’œuvre, accueillir des étudiants de l’UQTR dans des stages qui se déroulent sur le territoire de Trois-Rivières et faire en sorte que le milieu fasse part aux chercheurs de l’UQTR des questions pour lesquelles ils ont besoin de réponses. Et, pourquoi pas, créer des bourses d’études pour les étudiants de l’extérieur afin de les inciter à rester ici un an de plus ou plusieurs années de plus.

Du côté des candidats, tous se sont montrés d’accord pour accentuer les liens entre l’UQTR et la Ville. Pierre-Benoît Fortin croit notamment que la Ville devrait faire entente avec l’UQTR pour utiliser l’hydrogène, en collaboration avec l’Institut de recherche sur l’hydrogène.

Jean Lamarche, pour sa part, croit qu’il faut développer le carrefour du savoir, ce secteur où se trouvent l’UQTR, le Cégep, le Collège Laflèche et le CIUSSS-MCQ. «L’idée de la Ville innovante, je pense que Mario De Tilly d’IDÉ Trois-Rivières a vraiment acheté le concept», dit-il et «je pense même qu’il faut la pousser plus loin», dit-il.

Éric Lord voit lui aussi des bienfaits à une alliance avec l’Université. Ce dernier croit que la Ville et l’Université devraient partager une vision commune. Il croit également que la Ville peut apporter quelque chose à l’Université. «Le milieu dans lequel se trouve l’Université est un élément extrêmement déterminant du choix des jeunes pour venir étudier dans un milieu», fait-il valoir.

Jean-François Aubin rappelle qu’il existe déjà des collaborations. Par exemple, «la Ville appuie le développement du stade d’athlétisme, la Ville donne de l’argent à la Fondation. Il y a des choses qui sont là, mais pas suffisantes», estime-t-il. «Ça prend une concertation», ajoute-t-il. C’est le cas, par exemple, pour les stages. «Quand on va en Europe, on voit comment les villes sont un milieu de stage. On a des postes dans toutes sortes de domaines et pourtant, on n’a presque aucun stagiaire ou très peu à la Ville», constate-t-il.

«Je sais que nous aurons un maire qui veut une ville universitaire, a déclaré, au terme de cet échange d’environ une heure, le président élu du SPPUQTR.